Menaces contre des victimes du 28 septembre 2009 : Ami Diop relate sa mésaventure

Depuis le 28 septembre dernier, le Tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry a ouvert le procès des massacres du 28 septembre 2009 dans le stade du même nom. Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, c’est le Colonel Claude Pivi, alias Coplan, le 8ème prévenu dans ce dossier des 12 accusés qui reviendra lundi prochain pour sa troisième journée d’audition. 

Mais, hier, mercredi 23 novembre 2022, le parquet a surpris l’assistance par une alerte sur des menaces proférées contre ses membres, mais également contre certaines victimes. Une situation qui a poussé le président du tribunal, Ibrahima Sory 2 Tounkara, à s’engager de tout mettre en œuvre pour protéger les victimes et toutes les autres parties au procès.

Interrogée par un journaliste de Guineematin.com, madame Ami Diop, l’une des victimes des crimes du 28 septembre, également victime de menace, a tiré la sonnette d’alarme et demandé aux autorités d’être protégée.

« J’habite à la commune de Kaloum. La semaine dernière, un jeune s’est permis de me menacer après mon passage à la télévision. Un jeune est venu chez moi pour me menacer. J’ai enregistré ces propos et j’ai appelé le procureur pour le lui dire. Il m’a dit de porter plainte auprès du commissariat le plus proche. Je l’ai fait, en compagnie de mon avocat. Le jeune en question m’a mis en garde. Il m’a dit qu’il y a des gens au bar café de la gare qui auraient dit que s’ils me voient comparaître, ils vont saccager chez moi et gare à mes enfants. Il est venu jusqu’à chez moi à 22 heures. J’ai tout enregistré. Et, je le connais de vue », a-t-elle dit.

Depuis, elle ajoute avoir peur partout et même autour d’elle. « Je n’ose plus marcher seule. J’ai peur d’être agressée. Je demande aux autorités judiciaires, le ministre Charles Wright en tête, de nous protéger. Nous avons peur pour notre vie », a dit Ami Diop qui espère à l’efficacité des forces de sécurité pour faire évoluer les enquêtes et retrouver cet individu qui a proféré des menaces contre elle.

« J’ai appris que les enquêtes se poursuivent. Et nous attendons vraiment que cet individu soit retrouvé et mis hors d’état de nuire », a plaidé cette victime.

Parlant de la loi adoptée en septembre dernier par le Conseil national de la transition et portant protection des témoins, victimes et autres, dame Ami Diop, dit ne pas être au courant de son adoption encore moins de sa promulgation et de sa mise en application.

Malgré ces menaces, Ami Diop, tout comme des dizaines d’autres victimes, continue de venir suivre le déroulement de ce procès depuis son ouverture. Elle espère être rétablie dans ses droits et la punition des auteurs des agressions qu’elle a subies, pour que plus jamais de pareilles situations ne se reproduise en Guinée.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

-Publicité-spot_img
-Publicité-spot_img

AVIS & COMMUNIQUÉS

PUBLIREPORTAGE

OFFRE D'EMPLOIS