Me Fodé Kaba Chérif s’en prend aux officiers qui ont interrogé Claude Pivi : « ce procès-verbal est nul et de nul effet »

« Des citoyens sont appelés au téléphone pour leur dire de se présenter sans aucune convocation. Et vous venez, on vous prive de votre liberté. On vous soumet à un interrogatoire et un procès-verbal est dressé après. Vous voyez un peu, nous sommes dans un procès criminel. Un citoyen qui a été convoqué par la gendarmerie, qui n’était pas assisté d’un avocat. En matière criminelle, s’il y a eu un procès-verbal, vous et moi savons tous que ce procès-verbal est nul et de nul effet. Et doit être purement et simplement écarté… », a indiqué l’avocat du Colonel Claude Pivi.

Le procès du 28 septembre 2009 se poursuit pour la 24ème journée devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’Appel de Conakry. Ce lundi 28 novembre 2022, le Colonel Claude Pivi, alias Copla, était derrière la barre pour la 3ème journée de son audition. Cette fois, l’ancien ministre chargé de la sécurité présidentielle répondait aux questions des avocats de la défense dont celles de son conseil, Elhadj Fodé Kaba Chérif.

Au cours de l’interrogatoire, l’avocat du Commandant Aboubacar Toumba Diakité, alias Toumba, a relevé que le Colonel Pivi s’est inscrit dans la négation de son procès-verbal interrogatoire. Interrogé par la presse dont un journaliste de Guineematin.com, Maître Fodé Kaba Chérif a souligné qu’en matière criminelle, le contenu d’un Procès-verbal établi en l’absence d’un avocat est nul et de nul effet.

Maître Fodé Kaba Cherif, avocat du Colonel Claude Pivi, alias Coplan

« L’opinion qui est différente du tribunal est en train de comprendre petit-à-petit ce que Toumba a raconté, puisque ce dernier qui n’était qu’un simple médecin, sans troupe ni rien, est-ce que celui-ci pouvait peser sur la désignation du Président en 2008. La réponse est bien évidemment non. Toumba ne pouvait pas peser. Et tout, ce qu’il a raconté, ce ne sont que des contre-vérités », a dit l’avocat du Colonel Claude Pivi, dit Coplan, avant de préciser que les procès-verbaux établis sans la présence d’un avocat sont nuls et doivent être écartés.

« Les procès-verbaux, tout ce qui est constatation faite par les officiers de police ne viennent qu’à titre de simple renseignement. Une fois encore, le législateur l’a prévu. C’est pourquoi et vous allez le voir, par ce qu’on sait tous, le plus souvent dans quelles conditions ces procès-verbaux sont dressés. Vous savez, des fois, des citoyens sont appelés au téléphone pour leur dire de se présenter sans aucune convocation. Et vous venez, on vous prive de votre liberté. On vous soumet à un interrogatoire et un procès-verbal est dressé après. Vous voyez un peu, nous sommes dans un procès criminel. Un citoyen qui a été convoqué par la gendarmerie, qui n’était pas assisté d’un avocat. En matière criminelle, s’il y a eu un procès-verbal, vous et moi savons tous que ce procès-verbal est nul et de nul effet. Et doit être purement et simplement écarté. Pour ce faire, tout ce que notre client est maintenant en train de dire dans la salle, c’est ce qui doit être pris en compte. Ce n’est pas ce qui a été dit ou qui aurait été dit devant les officiers de police judiciaire  ont dit agi contre les prescriptions légales. C’est cela la vérité », a précisé l’avocat du Colonel Claude Pivi.

À en croire maître Fodé Kaba Chérif, en matière criminelle, ce sont les preuves qui doivent servir au tribunal.

« Vous conviendrez avec moi que nous sommes en matière criminelle. Et, le procès criminel, c’est sur la base d’éléments probants. C’est-à-dire des preuves qui doivent être présentées et discutées contradictoirement. C’est à l’issue de cela et seulement ça que le tribunal pourra se prononcer et rendre une décision saine et qui est exempt de tout soupçon », a insisté l’avocat.

Par rapport aux propos soutenus contre Toumba à la barre par Claude Pivi, selon lesquels le premier commandait le régiment commandos, maître Fodé Kaba Chérif révèle l’existence d’une pièce à conviction.

« Tout à l’heure, pour la deuxième fois, il y a une pièce qui vient d’être présentée dans la salle et que nous avons à notre disposition et sur laquelle vous pouvez voir que c’est estampillé Aboubacar Diakité Toumba, Commandant du régiment. Il a signé ce document. Ce document contenait les identités de ses frères et certains Caporaux qui ont été affectés au Régiment. Et sur la base de ce document, vous verrez que c’est Toumba qui gérait le Régiment. Il y avait un désordre total et c’est ce qu’avait voulu corriger notre client. Vous avez vu cette vidéo qui circule actuellement et dans laquelle vidéo vous avez pu voir notre client rappeler à l’ordre tous ces militaires indélicats, tous ces militaires désobéissants à se mettre au pas et à accepter d’obéir la hiérarchie militaire et de se confirmer aux principes militaires et sortir de la jungle », a-t-il conclu.

A noter que ce procès qui a démarré le 28 septembre dernier a enregistré la déposition de 7 des 12 prévenus inscrits au rôle. Le 8ème accusé, le Colonel Claude Pivi, est derrière le barreau depuis 3 jours et reviendra pour l’audience de demain, mardi 29 novembre 2022.

Avant le Colonel Claude Pivi « Coplan », le Colonel Moussa Thiégboro Camara, le Capitaine Marcel Guilavogui, le Commandant Aboubacar Sidiki Diakité, alias Touma, le Capitaine Cécé Raphaël Haba, le Colonel Abdoulaye Chérif Diaby, le Colonel Ibrahima Camara dit Kalonzo, le Margis-Chef Mamadou Aliou Keïta, ont déposé devant le tribunal.

Ces accusés sont poursuivis pour des cas de « meurtres, assassinats, viols, pillages, incendies volontaires, vol à mains armées, coups et blessures » entre autres.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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