« J’ai contracté le Sida depuis 2007 ; mais, je vis avec mon mari sans problème », dit une patiente

« J’ai connu mon état sérologique pendant que j’étais malade. Je souffrais de la tuberculeuse et j’étais en état de famille. Ce qui m’a choqué, c’est du fait qu’on a voulu me cacher mon statut. Les premiers médecins qui m’ont suivi n’ont pas été gentils avec moi. Il y avait même un Libanais dedans. C’est à la dernière minute qu’ils m’ont orienté au centre Dream. Depuis 2007, je vis avec le VIH/Sida. Je suis le traitement sans problème. Je suis mère de deux filles ».

Le 1er décembre de chaque année, l’humanité célèbre la journée internationale de lutte contre le VIH/Sida. En Guinée, c’est l’occasion pour les autorités, les partenaires et toutes les personnes impliquées de mettre l’occasion à profit pour sensibiliser et renforcer la lutte contre la pandémie du siècle.

Ce jeudi 1er décembre 2022, une équipe de Guineematin.com, a rencontré une séropositive qui vit avec le VIH/Sida depuis 15 ans. Nous allons la nommer B.H pour des raisons évidentes.

Alors que les personnes porteuses du VIH/Sida faisaient l’objet de stigmatisation, voire de rejet par la société jusqu’à récemment, H.B a pris son courage des deux mains pour aller dans les centres de traitement spécialisés. Du coup, elle a bénéficié d’une prise en charge et un accompagnement conséquent du centre Dream. Depuis, elle porte le bon message en vers toutes les personnes qui hésitent d’aborder le sujet et surtout celles qui ignorent leur statut sérologique ou qui le cachent aux autres.

Comme tout début, B.H a eu un peu de difficultés à ses débuts. Mais, depuis, elle s’est adaptée à son nouveau statut et mène une vie paisible avec son époux et ses deux enfants.

« J’ai connu mon état sérologique pendant que j’étais malade. Je souffrais de la tuberculeuse et j’étais en état de famille. Ce qui m’a choqué, c’est du fait qu’on a voulu me cacher mon statut. Les premiers médecins qui m’ont suivi n’ont pas été gentils avec moi. Il y avait même un Libanais dedans. C’est à la dernière minute qu’ils m’ont orienté au centre Dream. Depuis 2007, je vis avec le VIH/Sida. Je suis le traitement sans problème. Je suis mère de deux filles », a-t-elle expliqué.

« J’ai fini par me remettre à Dieu et accepter de suivre le traitement. Puisque c’est seul le traitement qui allait me sauver. Au centre Dream, après le prélèvement et la confirmation de mon statut par les examens, ils m’ont pris en charge gratuitement. Comme j’étais en état de famille, après l’accouchement, ils ont pris en charge ma fille qui a aujourd’hui 15 ans. Chaque semaine, ils donnaient 5 boites de lait en poudre pour elle. C’est ce qu’elle a utilisé jusqu’à grandir. Et j’ai informé mon mari de mon statut. Il est parti à Ignace Deen, Donka et à Lambanyi pour se dépister. Et partout, le test était négatif. Nos relations ne sont pas protégées et nous vivons bien en couple », a-t-elle dit.

Jusqu’à preuve du contraire, B.H, soutient n’avoir pas attrapé la maladie par relation sexuelle. Elle suspecte avoir été blessée par un instrument tranchant non stérilisé ou d’avoir choppé le virus à travers une transfusion sanguine.

« Moi je suis quelqu’une qui n’aimait pas me promener. C’est mon mari qui aimait sortir pour rentrer parfois tardivement. Mais moi, je n’ai pas de partenaires. Donc je suis sûre que je n’ai pas eu le VIH/Sida du fait des relations sexuelles. Et jusqu’ici, j’ignore comment j’ai eu cette maladie. J’ai trop réfléchi mais franchement, je n’arrive pas connaître comment j’ai eu cette maladie ou comment j’ai été contaminée. Je me dis peut être que c’est avec les objets tranchants, dans les cérémonies avec des couteaux en épluchant des légumes, dans les centres de traitement à travers la transfusion sanguine, je n’en sais vraiment rien », a-t-elle expliqué.

Enfin, B.H lance un appel pressant aux populations, aux partenaires et au gouvernement. « Les gens ne doivent pas avoir peur de se faire dépister. Chaque trois mois, il faut avoir le courage de revoir son statut sérologique et accepter de respecter les voies et moyens de protection. Si quelqu’un est dépisté positif du VIH/Sida, il ne doit ni avoir peur ni cacher son statut à son partenaire. Il faut dans ces conditions aller suivre le traitement et demander à son partenaire d’aller se faire dépister aussi. Aux partenaires et au gouvernement, nous demandons un soutien plus important. Une fois je suis allée à N’Zérékoré, j’ai comment les gens sont traitées là-bas, c’est très différent par rapport  Dream. Il faut sensibiliser les patients, les aider, certains sont dans le besoin alimentaire. Dans ces endroits, ce n’est pas pour rien que les gens se cachent et par finir, ils meurent. S’ils sont bien suivis, conseillés et assistés matériellement, ils pourront plus facilement supporter la maladie et faire le traitement sans problème », a plaidé cette patiente.

Selon les chiffres publiés par le gouvernement 113 000 personnes sont atteintes du VIH/Sida en Guinée. Malgré ce nombre qui semble élevé, les professionnels de santé et autres acteurs impliqués dans la lutte parlent d’une stabilité de la maladie, voire même une tendance baissière du VIH qui se dessine dans plusieurs localités du pays.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 9 845

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