Corruption présumée au ministère de la Santé : Rémy Lamah se défend (encore) devant la CRIEF

Le procès du médecin général Rémy Lamah s’est poursuivi ce lundi, 5 décembre 2022, devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Le dernier ministre de la Santé du président Alpha Condé est poursuivi avec la SOGUIMAP SARL pour des faits présumés de corruption dans la passation, l’exécution et le contrôle des marchés publics, et complicité. Les prévenus ont tenté une nouvelle fois de convaincre la chambre du jugement de la CRIEF qu’ils ne sont pas coupables des faits qui leur sont reprochés, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Tous les deux non détenus, le médecin général Rémy Lamah, ancien ministre de la Santé, et Mme Rash Poline Kolié, gérante de la société SOGUIMAP SARL, ont comparu ce lundi encore, 5 décembre 2022, devant le juge Francis Kova Zoumanigui et ses assistants, Mohamed Samoura et Mamadou Tahirou Baldé. L’audience a commencé par la communication des copies originales des contrats établis d’une part entre la société ZMC (la plaignante dans cette affaire) et l’État guinéen à travers le ministère de la Santé, et d’autre part entre l’État guinéen et la société SOGUIMAP SARL.

S’en est suivi un feu roulant de questions des avocats de la partie civile en direction du général Rémy Lamah. Il est reproché à l’ancien ministre de la Santé d’avoir résilié illégalement le contrat établi entre la société ZMC et l’État guinéen pour l’attribuer à la société SOGUIMAP SARL sur la base de la corruption. Des accusations que le prévenu continue de rejeter, assurant n’avoir commis aucune infraction dans cette affaire.

« Voici ce qu’il y a dedans : d’abord, le contrat (ZMC) était arrivé à terme. Ensuite, dans l’exécution du contrat avec la ZMC, il y avait beaucoup de retard dans la fourniture des produits sanitaires dans les différents services sanitaires du pays. Il y avait du faux et usage de faux. Enfin, les produits que la société ZMC fournissait n’étaient pas de bonne qualité pour la santé publique. Voilà ce qui m’a amené, étant le représentant de l’État, signataire du contrat, à demander à mettre fin à ce contrat en vue de lancer un nouvel appel d’offres.

J’ai écrit au ministre de l’Économie et des finances d’alors. Après tout, on a procédé au lancement d’un nouvel appel d’offres à l’issue duquel la société SOGUIMAP SARL a été retenue. Et ce nouveau contrat que la société SOGUIMAP SARL a eu avec l’État guinéen à travers le département de la santé a été de commun accord à toutes les parties concernées », a-t-il expliqué. Il ajoute que le document brandi par la société plaignante pour dire que son contrat était renouvelable est un faux.

« Lorsqu’il y a eu des problèmes, le président de la République a instruit le premier ministre Kassory de gérer le problème. Ce dernier devait arbitrer dans cette affaire pour règlement à l’amiable, mais c’est la société ZMC SA qui n’a voulu respecter les conclusions que nous avons tirées des réunions faites à cet effet. Les gérants de la société disent que leur contrat était renouvelable, ce qui n’est pas vrai. La durée du contrat avec ZMC SA était de 36 mois seulement non renouvelable, il ne fait mention d’un quelconque renouvellement. Ils substitué la page 5 du contrat pour mettre une nouvelle page. Et vous verrez que cette page n’est même pas paraphée », a expliqué Rémy Lamah.

Répondant également aux questions de la partie civile, la représentante de la SOGUIMAP a assuré n’avoir nullement usé de la corruption pour obtenir son contrat. « Quand l’appel d’offres a été lancé, j’ai soumissionné mais je n’étais pas en Guinée, j’étais en Allemagne. J’ai envoyé quelqu’un pour venir acheter le cahier de charges. C’est à l’issue de ça que j’ai obtenu le marché pour la fourniture des produits sanitaires dans le pays. Je connais le Général Rémy Lamah, mais en tant que ministre, pas au-delà. Je ne l’ai pas corrompu. Ni moi, ni un membre de ma famille ou de mon personnel, n’avons eu une quelconque relation avec lui, sinon que des relations de travail. Donc, personne de nous ne l’a corrompu en ma connaissance », a laissé entendre Mme Rash Poline Kolié.

Après 9 heures de débats, la chambre de jugement de la CRIEF a renvoyé l’affaire au 8 décembre prochain pour la communication de certaines pièces et la comparution des témoins cités par les différentes parties.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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