Dadis était-il aux alentours du stade le jour du massacre ? Les réactions croisées de Me Paul Yomba et Me Pépé Lamah !

Le procès du massacre du 28 septembre s’est poursuivi ce lundi, 23 janvier 2023, devant le tribunal criminel de Dixinn (délocalisé à la Cour d’Appel de Conakry). Après la phase interrogatoire, place aux répliques. Le capitaine Moussa Dadis Camara, président de la transition guinéenne entre 2008 et 2009, continue d’affronter les avocats de la partie civile et ceux de la défense. Et, en cette 39ème audience, la question sur sa présence à l’hôtel Marocana le jour du massacre est revenue dans les débats. Mais, l’ancien président du CNDD a nié les accusations portées à son encontre.

C’est Me Amadou Oury Diallo, un des avocats de la partie civile, qui a évoqué le nom de Charly Lumu qui serait un ancien agent des services de renseignement de Moussa Dadis Camara à Marocana. Charly Lumu, dans un audio qui circule sur la toile, avait expliqué que l’ex président de la transition était aux alentours du stade le jour du massacre. Et, à la pause de l’audience ce lundi, des avocats du commandant Aboubacar Sidiki Diakité dit ‘’Toumba’’ et du capitaine Moussa Dadis Camara ont réagi sur cette 13ème comparution du capitaine Dadis Camara.

Me Paul Yomba Kourouma, avocat

« Dadis est en amont et en aval de l’affaire. C’est lui qui est le concepteur. Il a conçu la vilaine fable contre le peuple de Guinée, il a préparé, il a réalisé. Pas qu’il a fait réaliser, il a réalisé. Parce qu’à Marocana, il était le coordonnateur des opérations. C’est lui qui a fait venir les unités au fur et à mesure qu’il le voudrait pour atteindre l’objectif qu’il voulait. Sa tête a déjà été livrée, il a juré sur sa tête. Toumba l’a cogné, non ? », a déclaré Me Paul Yomba Kourouma, avocat de d’Aboubacar Toumba Diakité.

De son côté, Me Pépé Antoine Lama, avocat du Capitaine Moussa Dadis Camara, dénonce des « affabulations » contre son client et exhorte au « maximum de sérieux ».

Me Pépé Antoine Lama, avocat

« Je pense que nous sommes dans un procès criminel. Tous les acteurs de la justice impliqués dans ce dossier doivent s’y prendre avec le maximum de sérieux. Nous sommes en train de gérer une affaire pour laquelle on parle 150 morts, des milliers de blessés et de nombreuses personnes disparues. Alors dans une telle épreuve, je pense qu’il faut déployer le maximum de sérieux. Vous ne pouvez pas vous permettre de venir à la barre d’un tribunal procéder à des allégations, des affirmations qui ne se reposent sur aucun support probant. En fin de compte, nous nous posons la question si réellement certains viennent dans ce dossier pour faire du théâtre pour distraire l’opinion. Nous voudrions que des déclarations qui seront tenues dans cette salle ou en dehors de cette salle soient au moins tenues par un début de preuves. Malheureusement, depuis quelques jours, nous nous baignons dans des affabulations, des affirmations gratuites qui n’ont aucun support.

Tout à l’heure, on était en train de se livrer aux mêmes exercices. Avant aujourd’hui, on disait que Maître Lancinet Sylla viendra l’agoniser et le baobab national viendrait n’est-ce pas achever. Mais, nous avons vu ce à quoi cette menace nous a conduits. Ce n’est que la montagne qui avait accouché d’une souris. Le baobab, confronté à la sérénité, à la pertinence et à la sincérité du Capitaine Moussa Dadis, n’a pu poser des questions et il a tenu à obtenir un renvoi qu’il n’a pas obtenu. Et nous savons ce qui en a résulté. Alors aujourd’hui, vous avez devant vous le Capitaine Moussa Dadis Camara qui a décidé de se prêter à toutes les questions y compris des questions inutiles, des questions qui n’ont rien à voir avec des faits, des questions qui viennent juste pour distraire, des questions qui viennent dans le sens de provoquer le capitaine qui, quand-même a gardé toute sa sérénité puis avouer le respect habituel qu’il entretient à l’égard de tout le monde. Aujourd’hui, moi je pense que nous devons sortir dans des discours, nous devons sortir dans des comédies, nous devons brandir des preuves pour que le peuple de Guinée nous prenne au sérieux. Vous ne pouvez pas passer tout votre temps au prétoire comme en dehors du prétoire à proférer des affirmations sans prendre la précaution d’avancer la moindre preuve. J’étais quand même déçu d’écouter le confrère Amadou Oury pour qui j’ai beaucoup de respect, faire allusion à un plaisantin qui, depuis quelques jours, est en train de polluer la toile en se faisant passer pour un ancien élément des renseignements ou un agent secret. Je pense qu’il faut prendre ce procès avec beaucoup de sérieux. Vous avez affaire avec un individu qui s’est d’abord abrité derrière un faux nom. Et quand il a découvert que ce faux nom a été dévoilé, il est revenu encore à la charge pour dire : oui, c’est vrai, c’était un faux nom. Cette personne pour qui je me suis fait passer est décédée. C’est moi tel, tel. Mais, par après, qu’est-ce qu’il soutient ? Il profère encore des déclarations qui vont à l’antipode de sa première sortie. Puisque cet élément n’est pas produit au débat, nous n’allons pas tellement nous laisser aventurer dans des commentaires là-dessus », a indiqué cet avocat de Dadis Camara.

Propos recueillis par Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

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