Fermeture des carrières de sable de Kindia : le cri de cœur des transporteurs de camions benne !

Devant la dégradation de l’environnement suite à l’exploitation anarchique des carrières de sable à Kindia, les autorités ont décidé de leur fermeture. Une situation compliquée pour les conducteurs de camions bennes qui vivent exclusivement de cette activité. Interrogés par un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture, ils ont exprimé leurs inquiétudes et les difficultés qui les assaillent avant de lancer un appel aux autorités.

Les chauffeurs des camions bennes, le syndicat et les habitants de la préfecture de Kindia se plaignent de la fermeture des carrières de sable situées à Yogomtamba et à Boussoura, dans la commune urbaine. Ils ne savent plus aujourd’hui à quel saint se vouer.

Moussa Diallo, chef de ligne centrale des camions bennes à Kindia

Moussa Diallo, chef de ligne centrale des camions bennes à Kindia, parle des difficultés qui paralysent ce secteur. « Nous sommes dans de sérieuses difficultés. On a des familles et toutes les carrières de sable sont fermées, il y a de cela un an presque. Nous avons plaidé plusieurs fois ; pourtant, tout le monde ne compte que sur ce secteur. Nous avons loué la gare routière où nous payons chaque fin du mois. Si nous ne payons pas, ils vont nous chasser. Et les frais de location ne s’obtiennent qu’au niveau de ces camions bennes. Ensuite, la famille doit se nourrir. S’il n’y a pas de sable, on n’a pas où gagner des recettes. Nous avons plus d’une cinquantaine de bennes qui sont garées ici. Certains camions sont garés dans les domiciles », a-t-il expliqué.

Poursuivant, Moussa Diallo accuse les autorités locales et préfectorales de la fermeture de ces carrières. « Nous avons été surpris de la fermeture de nos carrières à Kindia. Selon les autorités locales, cette fermeture est relative au passage du ministre de l’environnement qui avait fait son constat lors de l’immersion gouvernementale. Le constat est amer. Le ministre a ordonné la fermeture de ces carrières. Par après nous avons été invités sur les lieux pour nous dire que les bois sont tous coupés et qu’il existe même un champ là-bas. Nous avons plaidé. Le Maire a invité les détenteurs des machines pour fournir des plantes, par la suite nous syndicats, chauffeurs et Mr le préfet, avons fait le reboisement. Croyant qu’ils allaient libérer les carrières, ils ont envoyé des machines surplomber tous les trous en détruisant les graviers que certains pauvres avaient amassés. Nous sommes inquiets depuis ce jour. Nous sommes allés voir monsieur le préfet, le maire et les services compétents. Jusqu’à présent, on n’a rien vu. On a appris que des négociations sont en cours au niveau du ministère des Mines pour les permis d’exploitation. Mais, la situation traîne encore. Nous prions les deux ministres de Mines et de l’environnement d’aider la population de Kindia. Toute la population guinéenne souffre, plus particulièrement celle de Kindia. Pour que le ciment, la tôle, le bois, la pelle, le riz et autres puissent marcher, il faut que le sable marche aussi. C’est une chaîne », a martelé le chef de ligne centrale des camions bennes à Kindia.

Mamadouba Camara, chauffeur camion benne à Kindia

Pour sa part Mamadouba Camara, chauffeur camion benne à Kindia, souligne la nécessité de nourrir leurs familles et le manque de recettes. « La fermeture des carrières nous pose de sérieux problèmes. Nous n’avons pas quoi pour nourrir nos familles. Les camions que nous détenons ont leurs propriétaires qui réclament leurs recettes qui ont aussi des charges. Ça fait plus de quatre semaines que nous sommes arrêtés ici. Il n’y a pas de travail. Là où nous chargeons, les machines ont quitté dans la carrière. Nous ne savons plus comment vivre. J’ai 5 apprentis plus ma famille qui vivent à partir de ce camion. Si ce camion est immobilisé, ça devient un danger pour nous. Nous avons appris que les propriétaires des machines et les autorités sont en négociation. Mais on ne voit rien sur le terrain. Nous demandons au colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition, d’aider Kindia. Si les exploitants et les machinistes se sont engagés pour des papiers, qu’ils acceptent de nous aider. Ça ne serait que pour des papiers provisoires, surtout que Kindia est la deuxième capitale de la Guinée. De Conakry à Dubréka en passant par Coyah, tout le monde passe par Kindia pour obtenir la terre, le sable ou les agrégats. Ceux de Linsan et Kouria viennent ici pour le sable », a laissé entendre Mamadouba Camara.

Abdoulaye Soumah, chef des bennes à Essence

Même son de cloche pour Abdoulaye Soumah, chef des bennes à Essence : « Nous parlons de carrière aujourd’hui. Comme vous voyez, nous avons des difficultés. Là où nous gagnons la survie dans la carrière de Boussoura et Yogomtamba, ça ne travaille pas actuellement. Depuis le temps de Sékou Touré, je travaille avec ce camion ; on se débrouille avec pour aller à la carrière, pour charger du sable et revenir. Ce camion Zil à essence fait vivre près de 40 personnes. Du fait que ces carrières ne fonctionnent pas, nous souffrons beaucoup », a lancé Aboubacar Soumah.

Oumar Tounkara, ancien secrétaire général adjoint du SLEEG à la retraite

De son côté, Oumar Tounkara, ancien secrétaire général adjoint du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLEEG), aujourd’hui à la retraite, invite les autorités à libérer les carrières pour permettre à la population et aux chauffeurs de travailler. « Je voudrai demander aux autorités communales, préfectorales, régionales, au ministère des Mines, à tous ceux qui s’occupent des carrières de sable, de blocs de pierres, de bien vouloir libérer les choses pour permettre non seulement à la population de faire face aux matériels de construction, mais aussi aux chauffeurs pour nourrir leurs familles. Combien de familles, combien de chauffeurs comptent sur ces carrières là pour vivre ? Bien entendu, nous allons demander aussi à ceux de l’environnement, aux chauffeurs, à tous ceux qui s’occupent de la carrière, de s’impliquer pour le reboisement des zones dégradées par l’exploitation », a plaidé Oumar Tounkara.

Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 00224 628 51 67 96

AVIS & COMMUNIQUÉS

PUBLIREPORTAGE

OFFRE D'EMPLOIS