Trafic de cocaïne en Guinée : des ressortissants Trucs condamnés entre 10 et à 20 ans de réclusion criminelle

Sept (7) ressortissants trucs, jugés depuis la fin novembre 2022, à Conakry pour détention, importation et transport international de drogues à haut risque, ont été reconnus coupables. Pour la répression, cinq (5) d’entre eux écopent de 10 ans de réclusion criminelle. Deux autres, absents tout au long du procès, ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle. La sentence est tombée dans la journée de ce mardi, 28 février 2023, au tribunal de première instance de Kaloum, a constaté un reporter de Guineematin.com qui a suivi le procès.

Ces accusés, tous de nationalité turque, sont poursuivis par l’État guinéen pour avoir transporté de la drogue à haut vers la Guinée à bord d’un navire turc, ne battant aucun pavillon. Il a été arraisonné le 15 février 2022 sur les eaux territoriales guinéennes. Selon la brigade des unités flottantes de la marine nationale, qui a procédé à son arraisonnement, il y avait au bord de ce navire 275 plaquettes de cocaïne enfouies dans 11 sacs. Soit 299,29 grammes de cocaïne.

Mais, à en croire Eymen ZILDIZ, l’un des accusés, entendu à la barre, ce sont les gendarmes guinéens qui ont mis ces sacs de cocaïne dans leur bateau après leur arrestation. Ils ont à tour de rôle systématiquement nié, lors de leur déposition, les faits qui pèsent sur eux.

Dans son délibéré, le tribunal de Kaloum, par la voix du juge audiencier Ibrahima Sory 1 Tounkara, a rendu le verdict suivant : « Sur l’action publique, le tribunal déclare les accusés Eymen Yildiz, Nihat Sural, Irfan Turunc, Deniz DOGRU et Jusuf UZUNYIGIT coupables du crime de détention, circulation, importation et transport international de drogues à haut risque, en l’espèce la cocaïne. Pour la répression, en application des articles 19, 20, 64, 818 et 819 du code pénal, le tribunal les condamne à 10 ans de réclusion criminelle. Ordonne la confiscation et la destruction de la quantité de 299,29 grammes de la drogue saisie, ordonne en outre la confiscation des objets sous scellé N°023 GTPIK 2022, en date du 15 juillet 2022. Sur l’action civile, reçoit l’État guinéen représenté par l’agent judiciaire de l’État en sa constitution de partie civile et le déclare fondé. Ordonne la confiscation et la vente aux enchères publiques du navire ayant servi au transport de la drogue. Et le produit de cette vente sera reversé au trésor public après déduction de tous frais ».

Me Mountagha Kobélé Keita, avocat de la défense

Au sortir de la salle, Me Mountagha Kobélé Keita, avocat de la défense, n’a pas caché sa déception. Il se dit sidéré par ce qu’il qualifie le procès de téléguidé. « Ma réaction est vraiment négative, dans la mesure où c’est un verdict d’intention. Je dirais même que c’est un procès téléguidé. Puisqu’il y a eu plusieurs audiences dans cette affaire, et il est constant et avéré que mes clients sont poursuivis pour trafic international de drogues à haut risque ; mais aujourd’hui, il n’y a aucune preuve qu’ils ont retrouvé la drogue dans le navire de mes clients. Parce que tout au long du procès, et bien avant, devant le cabinet d’instruction, je leur ai dit d’envoyer les scellés, le tribunal n’a jamais voulu envoyer les scellés. Or, en matière criminelle, c’est la preuve. Donc, je suis vraiment sidéré d’une telle décision. Je compte relever appel et je suis sûr que cette décision sera infirmée en appel ».

Mamoudou Magassouba, procureur de la République près le tribunal de première instance de Kalou

De son côté, Mamoudou Magassouba, procureur de la République près le tribunal de première instance de Kaloum, s’est félicite de la décision. « Aujourd’hui, nous nous félicitons du fait que cette procédure ait abouti à leur condamnation. Cela confirme la volonté et l’engagement des autorités de la transition à lutter contre le trafic de drogue dans notre pays. C’est le lieu également de féliciter les forces de défense et de sécurité qui se sont impliquées dans la poursuite de cette infraction », s’est réjoui le procureur Magassouba.

À noter que deux autres ressortissants turcs en cavale ont été également condamnés dans la même procédure pour complicité des faits. Ils écopent de 20 ans de réclusion criminelle par défaut. Un mandat d’arrêt est décerné contre eux à l’audience.

Malick DIAKITE pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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