Golfe de Guinée : pêche illégale et trafics au coeur de la coopération maritime

Les marines des États riverains du Golfe de Guinée et la marine nationale française vont focaliser leur coopération sur la lutte contre la pêche illégale et contre le trafic de drogue, ont indiqué des officiers vendredi à l’issue d’une rencontre à Brest.

« Depuis un certain temps, l’accent a été mis sur la piraterie. Il est temps que nous concentrions notre action sur la lutte contre la pêche illégale », a déclaré le contre-amiral Istifanus Albara, de la marine nigériane, directeur du centre régional de sécurité maritime de l’Afrique de l’Ouest.

Une délégation d’officiers d’États riverains du Golfe s’est réunie à Brest cette semaine, dans le cadre de la coopération maritime dite « architecture de Yaoundé ».

« S’attaquer à la pêche illégale est une de nos principales priorités actuellement à cause des bénéfices que cela peut avoir pour nos économies et pour la sécurité alimentaire », a ajouté M. Albara, citant aussi la lutte contre le trafic de drogue.

Seuls trois navires ont été piratés en 2022 (contre 26 en 2019) dans les eaux du Golfe de Guinée, jusqu’à récemment considérées comme parmi les plus dangereuses au monde pour la piraterie.

« On ne va pas se focaliser sur la lutte contre la piraterie qui est très à la mode chez nous », a confirmé le vice-amiral d’escadre Olivier Lebas, commandant de la zone maritime Atlantique pour la marine française.

« Notre coopération s’attache à traiter de manière égale toutes les difficultés de la sécurité maritime dans la zone, vu du prisme africain et non pas européen seulement », a-t-il ajouté, citant comme priorités la lutte contre la pêche illégale, contre les pollutions locales et contre le trafic de drogue.

« On estime qu’entre 40 et 50% des captures de pêche sont faites dans un cadre illégal », soit « un à deux milliards de dollars de ressources perdues » par an, a ajouté M. Lebas.

« Les pêcheurs locaux ont de plus en plus de mal à vivre de leur pêche. Ils prennent de plus en plus de risques, sont obligés d’aller plus loin car la ressource se tarit, avec des bateaux pas forcément adaptés » ce qui engendre des « morts en mer », a-t-il décrit.

« La piraterie, c’est le plus visible, mais les crimes les plus cachés sont les plus préjudiciables, comme la pêche illégale, le trafic de drogue », a confirmé le contre-amiral angolais Narciso Fastudo Junior, directeur exécutif du centre interrégional de coordination.

AFP

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