Le délai d’une semaine pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel au Niger a expiré hier, dimanche 6 août 2023. Ce délai avait été donné à la junte militaire nigérienne par la CEDEAO (communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) pour la réintégration du président Mohamed Bazoum dans ses fonctions de président de la république du Niger.
Passé ce délai, l’organisation sous-régionale avait menacé de faire « usage de la force (une intervention militaire) » pour chasser les putschistes du Général Abdourahamane Tchiani du pouvoir à Niamey. Mais, jusque-là, aucune manœuvre militaire de la CEDEAO n’est visible sur le terrain. D’ailleurs, plusieurs pays ont dénoncé cette option militaire envisagée par cette organisation ouest-africaine.
Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce lundi, 7 août 2023, l’homme politique guinéen et président de l’UDRG (union des démocrates pour la renaissance de la Guinée), Bah Oury, « la diplomatie est toujours la meilleure conseillère ». Il estime qu’une solution diplomatique a toutes les chances de prospérer au Niger si la junte est suffisamment intelligente pour prendre en compte les intérêts du peuple nigérien.
« L’ultimatum pour l’utilisation de l’ultime recours à la force a également expiré hier. Quoi qu’il en soit, ce qu’il faut retenir, il vaut mieux avoir une solution diplomatique c’est ce qui est souhaitable et nécessaire… Et pour cela, il faut que de part et d’autres, surtout par rapport aux éléments qui ont pris l’initiative de séquestrer le président Mohamed Bazoum et de déclarer que les institutions démocratiques du Niger sont suspendues, c’est à eux de montrer qu’ils sont des patriotes, qu’ils veulent la stabilité du Niger, qu’ils prennent en compte les implications stratégiques, humaines, sociales, économiques que leur action pourrait générer.
S’ils sont suffisamment conscients de leur responsabilité vis-à-vis de leur peuple, il va de choix qu’ils peuvent être sensibles à une action diplomatique efficace qui puisse leur assurer une sortie de crise négociée, voire même assurer leur sécurité… En principe, la diplomatie est toujours la meilleure conseillère. C’est l’arme que nous utilisons dans le domaine international pour régler à l’amiable des situations les plus complexes. Et pour cela, il faut que de part et d’autre que les acteurs ou les protagonistes soient de niveau de conscience et de prise en compte des intérêts stratégiques de leur pays.
Et ça, c’est fondamental. Mais, par contre, si vous avez des gens qui pensent qu’à eux-mêmes, rien qu’à eux-mêmes, à la tête de certains pays ou qui ont des positions de pouvoir, ils s’en fichent de ce que la population pourrait devenir, il va de choix que négocier dans ce contexte avec des types de profils de ce genre peut s’avérer difficile. Puisque ce qui les intéresse, c’est leur intérêt personnel, ce n’est pas l’intérêt des millions et des millions de vie humaines », a indiqué Bah Oury.
Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com





