N’Zérékoré : autorités et acteurs de l’éducation en conclave pour le retour des enseignants contractuels en classe

Blaise Fanghamou, chargé à la mobilisation des enseignants contractuels de N'Zérékoré

Une rencontre de haut niveau a réuni tous les acteurs de l’éducation de la préfecture de N’zérékoré ce jeudi, 12 octobre 2023, dans la salle de réunion de la mairie. L’épineux dossier de la prise en charge des enseignants contractuels et leur retour dans les salles de classe ont polarisé les débats. Les autorités éducatives et la délégation spéciale ont invité les contractuels à revenir à de meilleurs en attendant que l’Etat fasse quelque chose. Par la voix de leurs représentants à cette réunion, les contractuels ont promis de rendre compte à la base avant de prendre toute décision de reprise des cours ou non, rapporte l’équipe de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Yozilé Kolamou, Directeur Préfectoral de l’Education de N’Zérékoré

Yozilé Kolamou, Directeur préfectoral de l’éducation de N’Zérékoré est revenu sur les principales lignes de cette réunion. « Cette réunion est une suite logique de la réunion que j’avais convoquée, au cours de laquelle tous les acteurs du système éducatif se sont mobilisés, dont le thème était comment prendre le système éducatif au cours de l’année scolaire 2023-2024. Pour faire une harmonisation des contributions parentales et notamment le soutien des contractuels. Et c’est à l’issue de ce travail que le président de la délégation spéciale, pour impliquer sa communauté dans la gestion des problèmes de ces contractuels, a convoqué ce matin une grande réunion que j’ai présidée. Nous sommes très contents des dispositions prises par le gouvernement du régime actuel. Parce que si nous voyons les formations des enseignants, des directeurs d’écoles et des changements du système éducatif, c’est grâce à eux et au leadership de notre ministre de l’Education. C’est dans cette dynamique que nous sommes en train d’évoluer. Comme l’Etat a dit, et que je suis sûr qu’il le fera, les contractuels seront payés graduellement, conformément à la clause de leur rencontre. Comme nous sommes à la base, nous ne pouvons pas nous asseoir pour regarder l’État sans l’aider. Nous nous sommes réunis aujourd’hui localement en tant que fils et frères de N’Zérékoré, pour les prier d’accepter d’aller en classe avec le soutien des communautés, qui va leur permettre de se débrouiller en attendant que l’Etat fasse quelque chose. Nous lançons un appel à tous ceux qui pensent que N’Zérékoré est une autre entité. Nous leur demandons de rejoindre leurs frères. Et que ces enseignants contractuels acceptent cette paie graduelle. Ces enseignants contractuels ont raison de poser des conditions. Parlant de l’insuffisance des tables-bancs, c’est parce que les APEAE ne fonctionnent pas. Sinon, cela ne devrait pas causer de problèmes. Les membres du bureau de l’APEAE ont des rôles particuliers à jouer dans ce processus. Mais si on laisse tout à la charge de l’éducation, c’est difficile. C’est pourquoi la réunion d’aujourd’hui est très importante pour moi, parce que cela va mettre en cause les présidents des APEAE, pour ne pas attendre jusqu’en fin d’année pour réparer les tables-bancs », a dit le DPE de N’Zérékoré.

Fassou GOUMOU, président de la délégation spéciale de N’Zérékoré

Même son de cloche chez Fassou Goumou, président de la délégation spéciale de N’Zérékoré, qui invite les contractuels à être flexible et à reprendre les cours. « L’objectif de cette réunion était d’abord la première prise de contact entre les cadres de l’enseignement, la commune et les présidents des APEAE pour la bonne gouvernance, l’éducation de nos enfants et profiter pour remercier les enseignants contractuels pour l’effort qu’ils ne cessent de fournir depuis l’année dernière. Je les appelle à accepter de reprendre les cours dans les différents établissements. J’ai appelé aussi les parents d’élèves pour accepter de contribuer pour leurs enfants dans les différentes communautés. Ce n’est pas un refus que l’Etat a fait pour ne pas payer les contractuels, mais ils sont en train de voir la faisabilité. Mais que les parents d’élèves acceptent ce que les responsables des APEAE vont leur proposer avant que l’Etat ne vienne en aide pour les prendre en charge. Je pense que dans les écoles où il y a plus de 10 enseignants contractuels et là où il y a moins de 10 enseignants contractuels, le montant qui va être recommandé aux parents de payer ne sera pas le même. Si nous remarquons ces cas dans les établissements, nous ne devons pas dire que c’est illégal. Car cela dépendra des situations et des réalités de l’école. Il a encore été dit que c’est formellement interdit de faire sortir un élève dans une classe pour dire que ses parents n’ont pas payé l’APEAE. Ce sont les parents qui doivent être convoqués et non les élèves. Donc je demande à ses enseignements contractuels d’avoir l’esprit du patriotisme pour enseigner les enfants. Aux parents d’élèves, d’accepter aider les enseignants contractuels dans les différentes communautés en payant les montants qui leur seront recommandés », a déclaré monsieur Goumou.

Venus représenter les enseignants contractuels à cette réunion, Moriba Doualamou, Coordinateur régional des enseignants contractuels de N’Zérékoré, et son chargé à la mobilisation, Blaise Fangamou, ont dit avoir pris bonne note des doléances. Mais, ils ont précisé que le dernier mot revient aux plus de 900 contractuels de la région.

Blaise Fanghamou, chargé à la mobilisation des enseignants contractuels de N’Zérékoré

« Nous avons été conviés à cette réunion qui a regroupé les cadres éducatifs, les autorités communales et les parents d’élèves. Cette réunion portait sur la sensibilisation des enseignants contractuels pour retourner en classe et être pris en charge par la communauté. Après débat, le coordinateur régional des enseignants contractuels de N’Zérékoré, Moriba Doualamou, a fait comprendre aux autorités, parents d’élèves et chefs d’établissement que ce problème des enseignants contractuels ne se limite pas seulement qu’à N’Zérékoré, mais c’est un problème national. Est-ce qu’accepter d’aller sur une nouvelle base avec la communauté ne serait pas une trahison ? En vérité, la communauté ne peut pas satisfaire les contractuels, vu les actions du passé. Depuis que l’Etat a ouvertement déclaré qu’il prendra les enseignants contractuels en charge, les parents d’élèves avaient catégoriquement refusé de prendre en charge les enseignants contractuels. Même les élèves eux-mêmes disaient qu’ils ne paieront plus l’APEAE parce que les enseignants contractuels seront désormais payés par l’Etat. Si ce sont les mêmes parents d’élèves qui nous ont refusés, qui reviennent nous dire de partir en classe, nous voyons ça comme une question difficile. C’est pourquoi nous leur avons dit que nous allions nous entretenir avec notre structure à la base. Nous les deux (2) présents, nous ne pouvons pas prendre une décision à la place des 900 et quelques contractuels à N’Zérékoré. Aujourd’hui, les enseignants contractuels ont abandonné les écoles publiques en Guinée pour cette question de prise en charge. Ils sont à la maison. En attendant, nous demandons aux enseignants contractuels de rester chacun à la maison jusqu’à la satisfaction de nos revendications », a dit Blaise Fangamou, le chargé à la mobilisation des enseignants contractuels de N’Zérékoré.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah, Jean David Loua et Joseph Goumou pour Guineematin.com

Tel : (+224) 620 166 816/ 666 890 877  

Facebook Comments Box