Procès des événements du 28 septembre : « Un président de la République ne peut pas être forcément au courant de tout »

Me Jocameh Haba ,avocat de Moussa Dadis Camara

Les avocats de l’ancien président, Moussa Dadis Camara, continuent leurs plaidoiries au tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la Cour d’appel de Conakry. Ce mercredi, 12 juin 2024, Me Jocameh Haba, l’un des avocats de l’ancien chef de la junte, a défendu son client pendant 3 heures, évoquant les « bonnes œuvres » de l’accusé qui risque la réclusion criminelle à perpétuité. Selon l’avocat, le Capitaine Dadis est victime de complot, et ne pouvait tout contrôler au moment des faits, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Pendant sa prestation, Maître Jocameh Haba a plaidé non coupable. « Le fait d’être président de la République ne constitue pas en soi une infraction, le fait d’être chef d’Etat signifie tout simplement qu’on est le premier responsable à occuper la plus haute fonction régalienne du pays. Lorsqu’un chef d’Etat apprend qu’il va y avoir un meeting, comme on le fait chez nous de manière culturelle, d’abord ce n’est pas à son niveau, c’est au niveau de son ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation. Si ce ministre interdit et que des partis politiques résistent et qu’on part voir le président, à partir de là, si un président demande non pas de ne pas tenir le meeting, mais vous dit tout simplement de changer de lieu parce que le stade est en rénovation, la Guinée devait jouer avec le Burkina-faso. Si un chef de l’Etat dit la date du 28 septembre est une date historique pour notre pays, revoyez une autre date et faites ce que vous voulez, on ne l’écoute pas. Si un chef de l’Etat qui est un homme de dialogue, qui était ami à tous les politiciens pris individuellement, pris collectivement ; qui était ami à tous les journalistes, pris individuellement, pris collectivement, lui-même prendre son téléphone, parle avec eux…  Pour moi, en acceptant de faire partir 50 milles personnes un stade qui ne peut accueillir que 20 à 25 milles personnes, ces leaders politiques savaient déjà naturellement avec ceux qui les supportaient eux-mêmes n’étaient pas dans les règles. Maintenant que cela arrive et que l’on veille faire comprendre que tout est fait par le président, simplement parce qu’il est le président, c’est comme pour faire comprendre qu’un Etat ne devrait juste fonctionner qu’avec un seul homme. Alors que le président, il est tout haut, il y a des gens qui travaillent pour lui et il ne peut pas forcément être au courant de tout », a argumenté maître Jocameh Haba, avocat de Moussa Dadis Camara.

Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 610 908 741 

Facebook Comments Box