Mea-culpa des deux commissaires de la HAC : « Ils ont fait cette sortie pour se sauver d’une situation beaucoup plus grave », réagit Jacques Lewa Léno 

Jacques Léwa Léno, Directeur général d'Espace TV

Dans une récente déclaration très controversée tenue à Kankan, Djènè Diaby et Ibrahima Tawel Camara, tous commissaires à la haute autorité de la communication (HAC) ont tenu des propos jugés diffamatoires à l’encontre des patrons de presse et des autorités de la transition. Les commissaires ont accusé notamment les patrons des médias dont les agréments ont été retirés (HADAFO MÉDIAS, FIM FM, DJOMA) d’avoir perçu de l’argent des mains du président de la Transition. Cette situation a provoqué une vague de réactions au sein de l’opinion publique, mettant en lumière des tensions persistantes entre la HAC et certains journalistes. Quelques jours plus tard, ces deux commissaires de la HAC, à travers deux communiqués, reconnaissent leur forfaiture et demandent pardon aux accusés.

Les excuses des deux commissaires de la HAC sont-elles tombées dans de bonnes oreilles ? En tout cas, au cours d’un entretien accordé à un journaliste de Guineematin.com avant-hier, mardi 18 juin 2024, Jacques Lewa Léno, Directeur général d’Espace TV affirme que « nous agissons ensemble avec nos amis de FIM et de Djoma ». Tout de même, le porte-parole du groupe HADAFO MÉDIAS se réjouit du fait que ces deux commissaires se soient présentés à l’opinion comme étant des menteurs.

« La seule chose que j’apprécie, c’est que déjà ces deux commissaires se présentent à l’opinion comme étant des menteurs. Ça, c’est normal. Pour ce qui est du pardon à devoir accorder, nous agissons ensemble avec nos amis de FIM et de Djoma. Et donc, c’est ensemble, d’une manière collégiale, que nous prenons une décision. C’est ensemble que nous avons porté plainte. Donc s’il doit y avoir une décision, il faut que les trois directeurs se retrouvent, qu’ils examinent la situation avec leurs avocats pour pouvoir décider soit de retirer la plainte ou tout naturellement de la maintenir. Parce que même s’ils reviennent aujourd’hui dire qu’ils ont menti, déjà la balle est partie. Ils nous ont présentés comme des corrompus. Cette manière de vouloir présenter le journaliste guinéen est déplorable. Et c’est entretenu par les intellectuels, des gens qui disent se battre pour la liberté », a-t-il dit.

Cependant, Jacques Lewa Léno doute de la sérénité de ces excuses publiques. Pour lui, Djènè Diaby et son collègue de la HAC ont fait cette sortie pour se sauver d’une situation beaucoup plus grave que celle de la presse. C’est-à-dire avoir la clémence du gouvernement.

« Certainement, ils ont fait cette sortie pour se sauver d’une situation beaucoup plus grave que celle de la presse. Je pense que si ça ne concernait que nous, s’ils étaient dans les bonnes grâces du pouvoir et même dans les bonnes grâces de la HAC, je pense qu’ils n’auraient pas demandé pardon. Parce qu’ils ont parlé avec autant de certitude que venir nous demander pardon nous paraissait impossible. Mais déjà c’est bon, puisque c’est sorti de leur bouche qu’ils ont menti. Autres choses, qu’ils se rapprochent du pouvoir ou pas, ce n’est pas notre problème. Nous savons que la HAC et ses commissaires ont longtemps agi de cette façon. Ils ont prouvé par plusieurs fois que leurs décisions n’étaient pas fondamentalement fondées sur la loi, ce sont des ordres qui sont dictés quelque part », a-t-il ajouté.

Les accusations ont fait surface la semaine dernière lorsque les deux commissaires ont divulgué des informations lors d’un entretien avec la presse locale à Kankan, selon lesquelles certains patrons de presse auraient perçu de l’argent de la part du président Mamadi Doumbouya à la présidence afin accompagner la transition en cours dans le pays. Le directeur général d’Espace TV qualifie la sortie de maladresse. Il dit avoir perçu la démarche comme une campagne de dénigrement de leurs médias respectifs, même s’il trouve quelque part réconfortant.

« Je pense que c’est une maladresse de trop. Ils ont voulu oser dire plus haut ce que beaucoup pensent tout bas, puisque ces rumeurs-là sont entretenues dans tous les milieux. Sauf que la façon dont ils ont attaqué le problème à Kankan était véritablement aperçue pour nous comme une campagne de dénigrement notamment en direction de l’opinion, mais aussi en direction de nos confrères qui sont à l’intérieur du pays qui, souvent ne sont pas informés de tout ce qui se passe ici à Conakry. Nous avons aussi eu comme réaction le lendemain en invitant les auteurs de cette déclaration à apporter des éléments de preuve. Beaucoup disaient qu’il faut que les patrons prennent la parole, il faut que vous nous disiez si c’est vrai ou faux. Nous avons dit que ça n’a pas de sens de venir se mettre à discuter avec des gens dont on connaît l’engagement pour détruire ce que les autres ont construit. Nous avons donc dit que c’était inutile de venir dire que c’est faux, ce serait perçu comme leur parole contre la nôtre. Alors que si la liste-là existait, elle aurait dû être brandie. Finalement, quelques heures après, on nous apprend d’abord dans un premier temps, que ce n’était pas l’objet de la rencontre. Ensuite, on revient dire que c’est faux. Donc, ça nous réconforte dans notre position. Ça prouve que c’est totalement faux. Mais peut-être qu’on veut se sauver d’une situation beaucoup plus grave que celle de la presse », a conclu ce chroniqueur de la célèbre émission les “GG” sur Espace FM.

Pour ceux qui n’ont pas suivi la conférence de presse des deux commissaires de la HAC à Kankan, Guineematin.com vous propose, ci-dessous, deux extraits :

Malick DIAKITE pour Guineematin.com 

Tél : 626-66-29-27

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