Conakry : Mariama Touppé condamnée pour avoir « cassé le bras » de sa coépouse

Tribunal de Dixinn

Mariama Touppé Diallo, jugée pour avoir violenté sa coépouse Oumou Koultoumy Bah, a été reconnue coupable au tribunal correctionnel de Dixinn délocalisé à la mairie de Ratoma. Malgré la négation des faits, la prévenue a écopé de 6 mois de prison assorti de sursis, à l’audience mercredi dernier, 26 juin 2024. Les faits se sont produits au quartier Lambanyi, à Conakry, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans sa déposition, Oumou Koultoumy Bah, mère deux enfants, marchande de profession, a expliqué dans quelles circonstances sa main a été fracturée par sa coépouse. « A chaque fois, elle me menace de mort. C’est la quatrième fois qu’elle me brutalise. Le matin, je suis allée puiser de l’eau à la pompe et j’ai transporté les deux seaux. Il en restait un que je transportais par la terrasse des voisins. J’évite sa terrasse pour éviter des problèmes. Mais malheureusement, en passant, l’eau s’est versée un peu sur la terrasse. Et c’est là qu’elle a commencé à m’insulter. Et j’ai rétorqué… C’est ainsi qu’elle est venue se jeter sur moi pour la bagarre. Elle m’a frappée avec un pilon et une barre de fer. Mais, je ne sais lequel de ces objets a fracturé la main droite. Les faits se sont passés en présence de notre mari et quand il est venu nous séparer, elle l’a jeté de force. Mon mari a quatre femmes. Mariama Touppé a interdit à mon mari de passer la nuit dans ma chambre. Cela fait trois ans qu’il n’entre pas dans ma chambre. J’avais déjà porté plainte à Nongo à cause de ses agressions. Et depuis que j’ai porté plainte contre ma coépouse à l’issue de cette bagarre, mon mari ne me donne plus la dépense. Aujourd’hui, tout ce que je demande au tribunal, c’est que justice soit rendue », a-t-elle laissé entendre.

Quant à l’époux, Mamadou Adama Bah, il dit avoir déjà répudié la victime, tout en donnant sa version des faits. « Selon les règles de l’islam, Oumou Koultoumy Bah n’est plus ma femme. Je l’ai déjà répudiée. C’est le matin, j’étais en train de me brosser les dents, quand ma femme Mariama Touppé Diallo m’a appelé pour me dire sa coépouse est entrain de la provoquer en versant de l’eau sur sa terrasse. Je lui ai dit de ne pas céder aux provocations de Oumou Koultoumy, car le 05 elle va quitter la concession. Mais, Oumou Koultoumy a commencé à injurier Mariama Touppé. Elle a quitté chez elle avec un pilon qu’elle a voulu jeter sur sa coépouse, c’est moi qui ai reçu ce coup. Elle prit encore des pierres qu’elle jetait sur l’autre, c’est là que Mariama a décidé de répliquer et elles ont commencé la bagarre. Mais, je les ai séparées. Mais toujours, Oumou Koultoumy avait un tempérament élevé, elle a pris une barre qu’elle a jeté sur sa coépouse, mais ça n’a pas atteint sa cible. Dans la bagarre je n’ai pas vu une blessure, ni constaté une fracture sur Oumou Koultoumy Bah. Voilà ce que je sais de cette histoire », a-t-il expliqué.

Dans sa plaidoirie, l’avocat de la partie civile a demandé justice pour sa cliente, qui a subi une fracture. « Monsieur le président, je vous demande d’accepter intégralement tout ce que le ministère public vous demandera comme peine. Car, dame Mariama Touppé Diallo doit ressentir les mêmes douleurs que Oumou a subies », a plaidé l’avocat de la partie civile

Quant au ministère public, il a requis la condamnation de Mariama Touppé Diallo à six mois de prison, assortis de sursis, et au paiement d’une amende de 1 million GNF. « Monsieur le président, qu’il vous plaise de déclarer coupable Mariama Touppé Diallo pour les faits de coups et blessures volontaires et au paiement de 1 million de francs guinéens. Pour la répression, vous la condamnerez à 6 mois de prison assortis de sursis », a requis le ministère public.

Quant à la défense, elle va solliciter des circonstances atténuantes en faveur de sa cliente. « Monsieur le président, je demande une circonstance atténuante en faveur de ma cliente Mariama Touppé Diallo », a-t-il plaidé.

Après avoir écouté toutes les parties, le tribunal a condamné Mariama Touppé Diallo à 6 mois de prison, assortis de sursis, et au paiement d’une amende d’un million de francs guinéens d’amende. Elle est également condamnée à payer 1 million GNF à la partie civile pour dommages et intérêts.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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