Guinée : « La transition n’est ni bousculée, ni pressée. Nous allons à notre rythme », dit Ousmane Gaoual Diallo

Ousmane Gaoual Diallo, ministre des Transports

La question de la fin de la transition suscite beaucoup d’interrogations en Guinée. Alors que la CEDEAO et certains acteurs politiques tablent sur le 31 décembre 2024, la possibilité d’un glissement n’est pas écartée par les tenants du pouvoir. En conférence de presse ce vendredi 5 juillet 2024, Ousmane Gaoual Diallo, porte-parole du gouvernement, a fait une mise au point. Selon lui, les élections en Afrique n’ont pas souvent été la solution aux problèmes de l’Afrique. D’où la nécessité d’y aller, sans contrainte, avec « nos propres solutions », pour sortir du cercle vicieux, rapporte Guineematin.com à travers un de ses reporters.

 Dans son intervention, le porte-parole du gouvernement est revenu sur les engagements pris par la Guinée et la CEDEAO, relatifs aux 24 mois de durée de la transition. « Les engagements qui ont été pris, c’était des engagements de deux acteurs. On prend la CEDEAO en tant qu’acteur ; l’État guinéen, un autre acteur. Est-ce qu’il y a un qui a rempli ses obligations que l’autre n’a pas fait. Je pense qu’il faut faire attention. Des discussions sont ouvertes avec l’instance de la CEDEAO et une décision devrait sortir dans les prochains jours », a dit Ousmane Gaoual.

Cependant, le ministre des Transports invite à ne pas se précipiter ni obéir à un diktat de quiconque. « Il ne faut pas se précipiter pour aller en avant, parce qu’il y a un processus d’évaluation des engagements qui ont été pris. Mais, en tout état de cause, la Guinée est notre pays. Il ne faut pas donner le sentiment que c’est quelqu’un qui dicte le retour à l’ordre constitutionnel, le rythme de notre pays. La Guinée doit trouver son chemin, entre nous, on doit trouver notre chemin pour aller de l’avant. L’élection n’est pas une fin en soi dans un pays. Sinon, ce pays a connu beaucoup d’élections, est-ce que ça garanti la stabilité ? Depuis 40 ans, beaucoup de pays africains connaissent des élections, est-ce que ça a donné plus de prospérité, de stabilité, de paix ou de croissance à nos pays ? Donc, plus que l’élection, c’est la capacité des africains à s’approprier de leurs problèmes et à apporter des solutions qui est le plus important. Si on les met à côté, parce que c’est dicté par la communauté internationale, c’est ce que la plupart des pays africains connaissent. Il faut qu’on s’approprie notre propre histoire, qu’on la construise ensemble, entre nous, qu’on essaie de dépasser les contradictions avec nos propres solutions et que notre forme de démocratie réponde à notre propre préoccupation », a-t-il laissé entendre.

En outre, le porte-parole du gouvernement a insisté sur le fait que la transition n’est pas pressée et va continuer à dérouler son calendrier normal. « La transition n’est ni bousculée, ni pressée, mais elle passera avec la volonté ferme de construire quelque chose de solide entre nous. Les débuts sont difficiles, parce-que les méfiances consistent. La question du dialogue, c’est encore une entreprise inachevée. Mais, c’est en insistant petit-à-petit qu’on pourra être amené à construire des bases de confiance. Nous allons à notre rythme. Lorsqu’il y a des difficultés dans un engagement, on revient à la case de départ », a-t-il dit.

Ismaël Diallo pour Guineematin.com

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