Occupation illégale d’un domaine à Conakry : ce que risque Commandant Hamzata Mansa Konaté (84 ans)

Poursuivi pour occupation illégale d’un domaine, Hamzata Mansa Konaté, âgé de 84 ans, domicilié à Nongo Tâdy, officier à la retraite, risque gros au tribunal correctionnel de Dixinn délocalisé à la mairie de Ratoma. A cette audience, le ministère public a requis sa condamnation. Appelé à la barre pour donner sa version, le prévenu a nié les faits qui lui sont reprochés. Pourtant, Sékou Mohamed Oularé, représentant de Safiatou Diallo, partie civile dans cette affaire, maintient ses accusations, et réclame 500 millions GNF, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le commandant à la retraite Hamzata Mansa Konaté est jugé pour occupation illégale d’un domaine. Il est reproché d’avoir donné à son fils adoptif une parcelle de terre qu’il avait déjà offerte à son gardien Sabou Camara. Ce dernier étant le nouveau propriétaire, avait à son tour revendu la parcelle à une dame, nommée Safiatou Diallo.

Mais à la barre, le prévenu a nié les faits qui lui sont reprochés. Il soutient qu’il a juste dit à son gardien de venir y habiter avec sa famille et qu’aucun acte prouvant qu’il a fait une donation n’existe. « J’ai vu cette dame pour la première fois à Kérouané en présence de mon gardien, Sabou Camara. J’ai effectivement donné une parcelle de terre à mon gardien pour que sa famille et lui puissent y habiter. A mon fort étonnement, j’ai appris qu’ils ont revendu cette parcelle sans m’informer. C’est ainsi que je lui ai fait savoir mon désaccord concernant cette vente. Je ne sais comment ils ont pu constituer un dossier dans cette affaire. Moi, je lui ai juste promis de lui donner l’endroit pour qu’il y vive avec sa famille et il n’existe aucun acte qui prouve que je lui ai fait une donation de la parcelle. Je n’ai jamais voulu recevoir un centime qui vient d’une portion de terre qui appartient à Dieu. Actuellement, le domaine est occupé par mon fils adoptif, Malick Sangaré qui a construit et vit sur les lieux », a-t-il dit.

Une déclaration que le conseil de la partie civile va démentir. Devant le tribunal, l’avocat a présenté un acte de donation signé par le commandant lui-même, en 1996.

Prenant la parole, le ministère public a fait remarquer au tribunal que le prévenu ne peut ordonner à une personne d’occuper les lieux qu’il a déjà offerts à une autre personne.

A son tour, la partie civile, représentée par Sékou Mohamed Oularé a affirmé avoir reçu des menaces à propos du terrain. « Nous avons notre beau qui surveillait le terrain. Un jour, il m’a appelé pour m’informer que quelqu’un était en train d’occuper le terrain. Mais quand je suis venu, son fils m’a dit, avec des menaces, qu’on n’avait pas de terrain sur les lieux, j’étais avec un ami qui m’a dit que comme je suis policier, de ne pas me rendre justice. C’est comme ça que je suis allé signifier tous les documents légaux au chef de quartier. Une fois, nous y sommes allés avec un bulldozer pour mettre le terrain à plat. Mais, son fils et sa femme nous a barrés la route, et on n’a pas eu accès. A chaque fois qu’on veut réaliser quelque chose sur le terrain, on nous empêche, avec des menaces. J’ai même appelé le papa ici présent, et il m’a dit qu’effectivement, c’est lui-même qui a dit à son fils adoptif d’occuper le domaine », a-t-il expliqué.

Pendant la phase des réquisitions et plaidoiries, le conseil de la partie civile a affirmé que les faits sont constitués, car selon lui, le don est irrévocable. « On ne peut donner quelque chose et après, vouloir récupérer la même chose. Nous avons subi des dommages et nous sollicitons d’être rétribués dans nos droits. Les dommages étaient calculés à 100 millions et aujourd’hui, nous les estimons à 500 millions GNF. Nous demandons au tribunal de rendre juste », a plaidé l’avocat.

Argumentant que l’âge n’empêche pas la loi de punir un délit commis, le ministère public a demandé au tribunal de condamner le prévenu à 2 ans d’emprisonnement, assortis de sursis, et au paiement d’un montant d’un million de francs guinéens d’amende.

Le tribunal a renvoyé l’affaire à la date du 16 juillet 2024 pour la délibération.

Mariama Barry pour Guineematin.com

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