Création de l’AES : la CEDEAO menace de sevrer le Mali, Niger et Burkina de projets estimés à plus de 500 millions de dollars US

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) compte avoir la main lourde contre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. En session ordinaire à Abuja hier, dimanche 7 juillet 2024, l’organisation sous-régionale a menacé d’étriper le portefeuille financier de ces trois Etats qui s’entêtent à la quitter. Et pour ce faire, la CEDEAO envisage l’arrêt ou la suspension de tous ses projets et programmes en cours dans ces pays. Des projets d’une valeur estimée à plus de 500 millions de dollars US. Cette mesure devrait se greffer à “l’isolement diplomatique et politique” prévu contre ces trois pays.

En janvier dernier, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont annoncé, à la surprise générale, leur retrait irréversible et sans délai de l’organisation de la CEDEAO. Dans la foulée de cette annonce, ces trois pays ont créé l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Ladite alliance a d’ailleurs tenu son premier sommet avant-hier, samedi 6 juillet 2024, à Niamey au Niger.

Face à cet état de fait, la CEDEAO tente de manier à la fois la carotte et le bâton pour ramener ces trois pays (tous dirigés par des juntes militaires) autour de la table de négociation. Le président de la commission de la CEDEAO et ministre gambien des affaires étrangères, Omar Alieu Turay, reconnait que “le retrait des trois pays portera un coup dur à la coopération en matière de sécurité, notamment en termes de partage de renseignement et de participation à la lutte contre le terrorisme dans la sous-région et d’autres initiatives conjointes”. Mais sur le plan économique, ces pays devraient aussi se préparer à subir les conséquences économiques de leur acte visant à désintégrer la CEDEAO.

“Le retrait des trois pays membres devrait entraîner l’arrêt ou la suspension de tous les projets et programmes mis en œuvre par la CEDEAO dans ces trois pays et dont la valeur est estimée à plus de 500 millions de dollars US. Il convient aussi de noter que les deux institutions financières régionales qui sont les BIDC et la BOAD ont des investissements très importants dans ces trois pays. Le BIDC compte 27 projets actuellement dans ces trois pays d’une valeur totale estimée à environ 321 millions de dollars”, a déclaré Omar Alieu Turay.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Tel : 622 97 27 22

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