Forécariah : à la rencontre d’Elhadj Oumar Diallo, un passionné qui exploite plus de 40 hectares de riz à  Farmoryah

Elhadj Oumar Diallo, deuxième imam de la mosquée de la maison centrale de Conakry

Deuxième imam de la mosquée de la maison centrale de Conakry, Elhadj Oumar Diallo, s’illustre dans l’agriculture. Dans une vaste pleine agricole à Molla, district relevant de la sous-préfecture de Farmoryah, préfecture de Forécariah, cet leader agricole se dresse comme un symbole de la passion et de l’amour pour la terre. Dans cette localité, il a aménagé un champ de 40 hectares, où il cultive principalement du riz et de la patate douce et du manioc.  Rencontré ce samedi, 6 juillet 2024, au milieu de ses champs, à perte de vue, situés notamment à Malif, Cendenyah, des secteurs du district de Molla, situé à 30 kilomètres du chef-lieu de la préfecture, El Hadj Oumar Diallo, a ouvert les portes de son investissement aux envoyés spéciaux de Guineematin.com. Un investissement qui fascine plus d’un, à seulement deux ans d’expérience. Cet amoureux de la terre justifie son engagement par la volonté de participer à la lutte contre la faim et à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire dans notre pays.

Champ de riz

« J’étais en aventure pendant 40 ans, dont 8 ans au Zaïre (République démocratique du Congo), et 32 ans à Luanda, en Angola. Mais Dieu merci, j’ai eu le courage de rentrer au pays. Je me suis dit, si je me lançais dans l’agriculture, je pourrais non seulement lutter contre la faim, mais aussi d’employer des jeunes.  C’est ainsi que je me suis lancé dedans l’année dernière », dit-il d’entrée de jeu.

Par ailleurs, Elhadj Oumar Diallo dit posséder un très vaste domaine. « Et ce que j’ai fait, ça a très bien donné. Cette année encore, j’ai décidé de continuer. J’ai eu un peu d’espaces, à peu près 200 hectares. Mais, par manque de moyens et de financement, je n’ai pu aménager que 37 hectares de riz. Et aujourd’hui, ça commence à donner très bien. L’année passée, j’ai travaillé dans beaucoup d’endroits notamment : à Centica, Toumanyah, Kofillon, à Môlla etc, dans la sous-préfecture de Farmoryah. Alors, j’ai employé plus de 30 personnes. Mais cette année, ça va dépasser ce nombre parce que j’ai eu un espace plus large que celui de l’année dernière. On a semé ici plus de 50 sacs de 80 kg de semences. Ces jeunes de la localité sont impliqués à toutes les étapes presque : le pompage, la surveillance, la récolte… Nous sommes dans le champ du riz comme ça. J’ai également un champ de manioc et de patate douce. J’ai l’ambition de faire plus, mais on manque de moyens nécessaires », a déclaré ce paysan, originaire de Mamou.

Non loin de là, dans le secteur de Cendenyah, se trouve le deuxième champ de riz de l’imam Elhadj Oumar Diallo. Ici, la superficie avoisine les 10 hectares. La semence pousse plus rapidement que prévu, ce qui enchante le promoteur. « C’est mon deuxième champ de riz. On a fait près de 10 hectares. Dieu merci, ça a bien donné. On a semé ici le 4 juin dernier, soit un peu plus d’un mois. Mais à vue d’œil, vous avez l’impression que c’est un champ de deux mois dû à la fertilité de la terre », s’est-il réjouit.

Mais malgré les succès rencontrés, El Hadj Oumar Diallo est bien confronté à quelques défis au nombre desquels il y a l’acquisition des tracteurs qui le freine dans son ambition d’accroître sa production.

« En principe, je ne rencontre pas assez de difficultés ici ; sauf celles liées à l’acquisition des tracteurs. Si vous n’en avez pas, il vous faut louer. Des fois, tu paies ton argent, tu fais une semaine voire deux, sans les voir dans ton champ. C’est pourquoi l’année dernière, j’ai perdu près de 10 hectares de riz. Ils ont retardé jusqu’à ce que l’eau a tout détruit. Quand le conducteur de tracteur arrive, il fait 3 hectares et il dit que ces 10 qu’il a fait. Cette année, je suis allé voir la société SIGUICODA, c’est eux qui m’ont donné quelqu’un avec GPS qui est en train de mesurer le champ pour éviter les erreurs de l’an passé », a-t-il souligné.

Fraîchement rentré des trois jours des assises des états généraux de l’agriculture et de l’élevage, où il a activement pris part aux travaux, El Hadj Oumar Diallo, a exprimé toute sa satisfaction d’avoir participé à cette rencontre cruciale pour l’avenir de l’agriculture et de l’élevage en Guinée. Cet agriculteur reste confiant quant à la mise en œuvre des recommandations issues de ces états généraux.

Champ de manioc

« Je suis très content par rapport à ce qu’on a vu durant les trois jours des assises des états généraux de l’agriculture et de l’élevage à Conakry. Les autorités guinéennes à tous les niveaux étaient réunies là pour la réussite de l’événement. Ainsi que les partenaires techniques et financiers du pays. J’ai eu des contacts là-bas. C’était ma première fois d’assister à une telle assise. En tout cas, j’ai confiance en tout ce qui a été dit là-bas. Parce qu’ils ont parlé de la collaboration avec les banques pour l’accès aux prêts pour les agriculteurs. Parce que nous avons besoin du financement, nous avons besoin de domaines et de la sécurité pour travailler. Si vous vous présentez dans d’autres pays comme agriculteur, on vous prend comme leurs enfants. Ils ne vont pas t’abandonner comme ça. Ils vont te donner un ingénieur, des domaines agricoles et tous les équipements qu’il faut. Je souhaite que ça soit le cas en Guinée ».

De son côté, Mohamed Issa Baldé, collaborateur d’El Hadj Diallo, dit avoir tiré beaucoup de profits depuis sa collaboration ce leader paysan.

Mohamed Issa Baldé, collaborateur d’El Hadj Diallo

« Moi qui vous parle, j’étais chauffeur. Mais depuis qu’on s’est connu, il m’a encouragé et m’a dit qu’il souhaite travailler avec moi dans le cadre de l’agriculture. Après réflexion, j’ai décidé de m’y engager pour trois raisons : Premièrement, parce que l’agriculture peut combattre le chômage, la faim. En plus, le profit qu’on peut en tirer. Depuis que j’ai commencé de travailler avec lui, les gens viennent souvent me demander service notamment pour les semences. L’année passée, on a rencontré beaucoup de difficultés. À Môlla nous avons perdu 8 hectares de riz faute de tracteurs l’année dernière. Il y a beaucoup de gens qui vivent de ça. L’an dernier, il y avait 50 personnes qui travaillaient avec nous dans les différents champs. Jusqu’à la fin des travaux, personne n’a souffert du non-paiement de son salaire. C’est pourquoi cette fois-ci nous-mêmes nous sommes plus motivés que lui. À date, tout le district est content de lui. Car ce qu’il a fait pour nous, on a vu beaucoup d’investisseurs ici, mais personne n’avait fait pareil. Il a acheté un groupe électrogène qui alimente tout le village. Il a également trouvé des machines qui pilent le riz. Ça aussi a beaucoup aidé les femmes du village qui parcouraient des distances pour aller piler le riz. Et nous qui travaillons avec lui, personne ne se plaint de quoi que ce soit », a-t-il laissé entendre.

Avant de conclure notre entretien, El Hadj Oumar Diallo a tenu à adresser un message aux jeunes générations. « Je conseille les jeunes guinéens, les jeunes qui sortent pour payer beaucoup d’argent pour aller dans d’autres pays. Quand on se concentre chez nous ici pour travailler, on peut s’en sortir. J’encourage donc les jeunes à s’y engager avec passion et détermination », a-t-il déclaré avec un sourire plein d’espoir.

En outre, El hadji Oumar Diallo a invité les autorités à soutenir le secteur agricole. « Je sollicite l’appui de l’État pour qu’on puisse progresser afin d’employer plus de jeunes pour combattre le chômage ».

De retour à Forécariah, Malick DIAKITE et Mohamed Lamine TOURE pour Guineematin.com 

Tél : 626-66-29-27 

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