Prolongation de la Transition par le CNRD : « Ils sont en train de se foutre le doigt dans l’œil »

Joachim Baba Millimouno, responsable de la cellule de communication de l'UFDG

A quelques mois de la date butoir du chronogramme de 24 mois pour le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée, une éventuelle prolongation de la transition par la junte militaire du CNRD suscite des commentaires au sein de l’opinion publique. Joachim Baba Millimouno, le coordinateur de la cellule de communication de l’UFDG, invite les autorités de la transition à “se ressaisir et d’entendre raison” pendant qu’il est encore possible.

Au micro de Guineematin.com ce lundi, 8 juillet 2024, ce cadre du parti de Cellou Dalein Diallo a soutenu que cette initiative de rallonger la transition est une “erreur aux conséquences incalculables”. Une erreur qu’il faut éviter au risque de se heurter à la résistance des Guinéens épris de justice, de paix sociale et de développement.

« Je voudrais dire à monsieur Bah Oury, qu’en homme politique averti qui a passé une quarantaine d’années dans ce domaine et qui a eu le respect de tout le peuple de Guinée en raison du combat qu’il a mené d’abord en tant qu’activiste des droits de l’Homme, puis en tant qu’acteur politique de premier plan, il doit se ressaisir et entendre raison. Il est désormais clair qu’il n’a été nommé que pour défendre le funeste projet du CNRD, puis prolonger la transition pour une durée indéterminée, mais il est important qu’il sache que cela ne se fera pas. C’est une erreur. Il se trompe. Ils sont en train de se foutre le doigt dans l’œil. Il faut savoir que le peuple de Guinée ne ressemble ni au Sénégal, ni au Mali, ni au Burkina moins encore au Niger. Nous sommes un peuple atypique aux réalités sociales distinctes et qu’à tout moment la poudrière peut prendre feu. Et croyez-moi, ça sera avec des conséquences incalculables et vraiment non souhaitées. Notre souhait aujourd’hui est que le gouvernement et le CNRD entendent raison, qu’ils appellent à un dialogue sincère et inclusif et que nous définissons des modalités de sortie de cette transition qui ne peut aller au-delà du temps imparti vis-à-vis de l’engagement pris avec la CEDEAO. S’ils entendent cet appel, c’est important, c’est tant mieux et c’est bénéfique pour le pays. S’ils ignorent cet appel des forces vives et si vous voulez de cette majorité silencieuse, croyez-moi qu’ils se réveilleront un beau matin, ils ne sauront pas où ils se trouveront, parce que le Guinéen fera face », a déclaré Joachim Baba Millimouno.

A en croire le coordonnateur de la cellule de communication de l’UFDG, rien ne motive à la date une prolongation de la transition, à part la volonté du CNRD de s’accrocher au pouvoir. Et c’est pourquoi il en appelle à “une lutte pour la défense des acquis démocratiques” en faisant usage de tous les moyens légaux que la loi confère aux citoyens.

« Il n’y a rien qui justifie à date le report de la fin de la transition. En prenant les 10 points qui constituent l’accord entre le CNRD et la CEDEAO: qu’est ce qui a été fait à date ? Qu’est-ce qui n’a pas été fait ? Pourquoi tel et tel point n’ont pas pu être mis en œuvre ? Ce sont les questions qu’il faut se poser à date. En se posant ces questions et en les répondant de manière objective, de manière impartiale, avec amour, croyez-moi que le résultat n’est que le manque de volonté du CNRD. Pratiquement le coup d’Etat du 05 septembre ne se justifie plus. Parce que si on a enlevé Alpha Condé au pouvoir sous prétexte qu’il violait les droits humains, sous prétexte que la justice n’existait plus, sous prétexte que les ressources étaient mal gérées, qu’en est-il de ce qui se passe aujourd’hui ? Le peuple de Guinée doit comprendre que, comme le disait Thomas Sankara : l’esclave qui n’a pas conscience de son état de servitude et qui n’y fait rien ne mérite pas qu’on s’apitoie sur son sort. On a beau vouloir la démocratie, on a beau vouloir le bien pour nous-mêmes, c’est nous-mêmes qui devons nous lever, nous battre, exiger de nos dirigeants actuels le respect de la parole donnée. Personne d’autre, ni la CEDEAO, ni l’Union Africaine, ni l’Union européenne, même pas l’ensemble de la communauté internationale ne viendra nous sortir de ce gouffre si ce n’est par le fait des Guinéens eux-mêmes. C’est pour cela que j’en appelle à une lutte, à une défense corps et âme de ce qu’on appelle acquis démocratique, de nos valeurs et de nos convictions profondes. Cela, ce n’est pas par une insurrection, mais à travers l’appel sans cesse au respect des engagements pris par le CNRD. Cela dit, la loi octroie aux citoyens des moyens légaux de revendication. Donc, il faut s’en servir pour se faire entendre et faire entendre raison », a martelé Joachim Baba Millimouno.

Fatoumata pour Guineematin.com 

Tel : 626-84-48-53

Facebook Comments Box