Suspension de l’exploitation artisanale de l’or en Guinée : le cri du cœur des conducteurs de taxi-moto

Conducteurs de taxi-moto à Kintinian

La suspension de l’exploitation artisanale de l’or et du diamant fait de la salive dans la commune rurale de Kintinian, préfecture de Siguiri. Au-delà des orpailleurs, les conducteurs de taximoto sont durement impactés. Ils voient cette mesure d’un mauvais œil. Ils soutiennent que leur revenu journalier a fortement baissé depuis le 1er juillet dernier, a appris Guineematin.com à travers son envoyé spécial à Siguiri.

Kemo 1 Mara, conducteur de taxi-moto, ressortissant de la préfecture de Kissidougou, se plaint d’une baisse de près de 75% de son revenu journalier.

Kemo 1 Mara, conducteur de taxi-moto à Kintinian

« La suspension de l’exploitation artisanale de l’or joue beaucoup sur moi. Avant je gagnais 200 000 à 250 000 francs guinéens par jour. Actuellement pour gagner 50 000 ou 60 000 francs guinéens, c’est des problèmes. Jusqu’à présent je n’ai pas encore gagné 50 000 FNG. Les syndicalistes aussi nous réclament 50 000 francs, je ne sais quoi faire vraiment. Nous demandons aux autorités de nous tolérer en nous accordant un peu de temps », a-t-il sollicité.

Cette baisse de revenu touche aussi Sékou Kourouma, un autre conducteur de taximoto.

Sékou Kourouma, conducteur de taxi-moto basé à Kintinian

« Je ne comprends pas la suspension de l’exploitation artisanale de l’or. Nous travaillons avec les orpailleurs, si ceux-ci ne travaillent pas, ça devient compliqué. Le Général Mamadi Doumbouya est prié d’annuler cette mesure. Nos parents qui sont au champ ne comptent que sur nous. Nous qui cherchons la dépense, si on ne gagne rien, c’est difficile. Avant cette mesure, je pouvais avoir 180 000 voir 200 000 francs derrière mon client. Hier, je n’ai eu que 80 0000 francs guinéens. Dans ça aussi, j’ai donné 50 000 francs au syndicat pour le billet », a-t-il raconté.

Abondant dans le même sens, cet autre conducteur de taximoto, Kemo Keïta, sollicite l’annulation de la suspension de l’exploitation artisanale de l’or.

Kemo Keïta, conducteur de taxi-moto à Kintinian

« Je ne comprends plus, je galère vraiment. Actuellement ma recette journalière varie entre 70 000 à 100 000 francs guinéens, tandis qu’avant on pouvait gagner 150 000 voire 200 000 francs guinéens. Nous demandons au président d’annuler la suspension de l’exploitation artisanale de l’or, sinon nous souffrons assez », a-t-il prié.

Impacté aussi par cette suspension de l’exploitation artisanale de l’or, Kemoko Mansaré dit être plongé dans la misère.

Kemoko Mansaré, conducteur de taxi-moto à Kintinian

« Depuis que l’exploitation artisanale de l’or a été suspendue, nous souffrons beaucoup. On gagnait de l’argent avant, mais aujourd’hui certains veulent aller chez eux. Nous voulons aussi aller chez nous, mais on a du mal à gagner le prix du carburant pour aller chez nous. Ces derniers jours on ne trouve pas d’argent. Nous demandons au président d’avoir pitié de nous, parce que nous ne connaissons que ça. C’est nous qui envoyons la dépense au village, mais on ne sait quoi faire. Je veux aller au village comme ça, mais je n’ai pas d’argent », a-t-il dit.

Kalil Camara est un élève qui, pendant ces vacances, fait du taximoto pour préparer la prochaine rentrée des classes.

Kalil Camara, conducteur de taxi-moto rencontré à Kintinian

« Nous demandons au gouvernement de nous aider. Je viens d’arriver ici. C’est dans les mines d’or où nous gagnons toutes nos dépenses. Nous venons nous débrouiller ici avant l’ouverture des classes. Si les mines travaillent, nous pouvons avoir 200 000 francs guinéens. Cette mesure fatigue nous les élèves aussi, parce que c’est dans les mines que nous achetons nos fournitures scolaires. Nous demandons au gouvernement d’annuler la mesure pour permettre aux citoyens de travailler afin de gagner leur quotidien », a-t-il sollicité.

De Kintinian (Siguiri), Kaïn Naboun TRAORÉ pour Guineematin.com 

Tel : (+224) 621144891

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