Sinta (Télimélé) : malgré leurs efforts, les populations du district de Sansandyi confrontées à d’énormes difficultés

Le district de Sansandyi, relevant de la sous-préfecture de Sinta, dans la préfecture de Télimélé, est une localité historique, abritant le village de Saressin, où cohabitent paisiblement des Peuls, des Soussous et des Malinkés. Là, chacun contribue à travers divers métiers tels que l’agriculture, le commerce, la forge, la cordonnerie et l’artisanat. Malgré les efforts de l’Association pour le Développement de Sansandyi (ADS) avec son projet d’adduction d’eau potable, cette localité très étendue souffre d’un manque criard d’infrastructures de base. Comme un terrain de football pour les jeunes, une maison des jeunes, un marché, des routes et un poste de santé, a constaté sur place Guineematin.com à travers son envoyé spécial.

Thierno Abdoul Goudoussi Bah, sage de Sansandyi, explique la cohésion sociale qui y prévaut.

Thierno Abdoul Goudoussi Bah, sage de Sansandyi

« Le village de Sansandyi est très ancien, créé depuis des temps immémoriaux. Cette localité, composée de Peuls, de Soussous, et de Malinkés, regroupe des artisans tels que des forgerons, des agriculteurs, des cordonniers, et autres. Elle a connu plusieurs chefferies avant d’être érigée en district avec le village de Saressin. Les communautés y vivent en parfaite harmonie, sans discrimination. Nous aspirons à un développement harmonieux à travers nos autorités, nos enfants, et les bonnes volontés. Nous remercions l’Association pour le Développement de Sansandyi pour avoir installé une adduction en eau potable à Missidé Sansandyi », s’est réjoui Thierno Abdoul Goudoussi Bah

Pour sa part Amadou Oury Bah, membre du conseil de district de Sansandyi, a exprimé ses préoccupations.

Amadou Oury Bah, membre du conseil de district de Sansandyi

« Nous faisons face à une insuffisance d’infrastructures scolaires. Chaque année, un grand nombre d’enfants ne peuvent être scolarisés faute de salles de classe. Certains enfants s’inscrivent à l’âge de 9 ou 10 ans en première année. Nous souhaitons clôturer notre village qui s’étend sur 2100 mètres. De plus, nous manquons d’infrastructures routières, malgré un fort potentiel agricole. Le transport est coûteux et les conditions de vie sont difficiles. Nous sollicitons donc une aide. Malgré la pauvreté qui sévit, les autorités et les citoyens collaborent étroitement », a dit monsieur Bah.

De son côté, Mamadou Lamine Bah, porte-parole de l’Association pour le Développement de Sansandyi, met en avant les actions réalisées.

Mamadou Lamine Bah, porte-parole de l’Association pour le Développement de Sansandyi

« Notre association existe depuis des années et a réalisé plusieurs projets pour notre district. Nous avons notamment installé un forage datant de 1989 sur une distance de près de 500 mètres, équipé de deux grands châteaux et de 12 bornes fontaines, alimentées par des panneaux solaires et un compresseur puissant. Cette initiative a grandement soulagé la population. Grâce à nos membres, dispersés dans le monde entier, nous avons pu réaliser cela. Nous aspirons maintenant à étendre la distribution d’eau potable dans les foyers et sollicitons un soutien technique et financier pour atteindre nos objectifs », a fait savoir Mamadou Lamine Bah.

Aminata Bah, présidente des femmes du district de Sansandyi, a exprimé ses remerciements tout en relevant d’autres défis.

Aminata Bah, présidente des femmes du district de Sansandyi

« Nous saluons l’initiative de l’Association pour le Développement de Sansandyi pour avoir fourni de l’eau potable aux habitants. Nous avons mis en place une équipe de gestion de l’eau pour permettre à chaque famille de s’approvisionner facilement. Cependant, nous souffrons du manque de poste de santé alors que notre population est nombreuse. Le centre de santé le plus proche est à 6 km, ce qui pose problème lorsque les enfants ou les femmes enceintes tombent malades. De plus, nous n’avons pas de marché hebdomadaire pour répondre à nos besoins. Malgré notre unité, nos groupements de femmes ne sont plus opérationnels, faute de soutien. Nous lançons un appel aux autorités gouvernementales, aux ONG et aux personnes ressources pour nous aider à obtenir des infrastructures de base », a plaidé dame Aminata Bah.

Quant à Alseny Bah, président de la jeunesse du district de Sansandyi, il a exposé les besoins de la jeunesse locale.

« Notre terrain de football est disponible mais n’a pas été aménagé pour permettre l’organisation de tournois. Ce qui est regrettable. Nous n’avons pas non plus de maison des jeunes dans notre district. Nous avons l’impression d’être oubliés par les autorités à tous les niveaux. Nous demandons la construction d’une maison de jeunes et l’aménagement du terrain de football pour répondre aux besoins récréatifs de la jeunesse. Notre terrain mérite une clôture, une tribune et d’autres installations car notre localité est densément peuplée » a dit le président de la jeunesse du District de Sansandyi, Alseny Bah.

De retour de Sinta (Télimélé), Amadou Baïlo Batouala pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 628516796

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