Dans un rapport conjoint publié ce vendredi, 17 octobre 2025, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et l’Université d’Oxford alertent sur l’aggravation de la pauvreté mondiale sous l’effet des chocs climatiques. Selon ce document, près de 80 % des personnes pauvres dans le monde, soit environ 887 millions d’individus, vivent dans des zones particulièrement exposées aux catastrophes climatiques, telles que les chaleurs extrêmes, les inondations, les sécheresses ou autres risques climatiques majeurs.
Pour la première fois, les chercheurs ont croisé les données relatives aux aléas climatiques à celles de la pauvreté multidimensionnelle (un indicateur qui prend en compte non seulement le revenu, mais aussi l’accès à l’éducation, à la santé, à l’eau potable et à un logement décent). Cette approche a permis de mettre en évidence comment le dérèglement climatique redéfinit les contours de la pauvreté mondiale.
« La pauvreté n’est plus un problème purement socio-économique. Elle est désormais amplifiée et étroitement liée aux effets de plus en plus dramatiques de l’urgence climatique », a souligné Haoliang Xu, administrateur par intérim du PNUD, à ONU Info.
Les régions les plus touchées sont l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne, qui concentrent respectivement 380 millions et 344 millions de personnes pauvres vivant dans des zones vulnérables aux catastrophes naturelles. Dans ces régions, la dégradation des sols, la perte de biodiversité et la variabilité accrue des pluies compromettent gravement la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations.
« Les pays à revenu intermédiaire sont un épicentre caché de la pauvreté multidimensionnelle, abritant près des deux tiers des personnes pauvres. C’est également là que la crise climatique et la pauvreté convergent de manière significative », a déclaré Sabina Alkire, Directrice de l’Initiative d’Oxford sur la pauvreté et le développement humain, à ONU Info.
Selon le rapport, environ 548 millions de personnes vivant dans les pays à revenu intermédiaire inférieur sont exposées à au moins un risque climatique, et plus de 470 millions subissent plusieurs menaces simultanément. Ces risques comprennent non seulement des phénomènes météorologiques extrêmes, mais aussi leurs conséquences indirectes : hausse du coût de la vie, migration forcée, conflits liés à l’accès aux ressources naturelles, et effondrement des services publics.
Les projections du rapport sont particulièrement alarmantes. Ses auteurs avertissent que les pays actuellement les plus touchés par la pauvreté multidimensionnelle devraient connaître les plus fortes hausses de température d’ici la fin du siècle.
En Afrique subsaharienne, cette tendance menace d’annuler des décennies de progrès dans la lutte contre la pauvreté et le développement humain.
Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com
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