Un conflit aux allures de bataille rangée a éclaté ce samedi, 18 octobre 2025, entre des jeunes de la sous-préfecture de Doko et ceux de Tatakourou, tous situés dans la préfecture de Siguiri, en Haute-Guinée. En toile de fond, un désaccord lié à l’exploitation d’un site aurifère situé dans le secteur de Djibou, sous juridiction contestée. Le bilan fait état de quatre blessés graves, dont trois ont dû être évacués d’urgence à l’hôpital préfectoral de Siguiri.
Selon les informations recueillies par le correspondant local de Guineematin.com, les tensions sont nées d’un litige territorial autour du site minier de Djibou. À en croire Sékou Magassouba, le président du district de Tatakourou, des Tomboloma (chefs coutumiers) venus de Doko auraient tenté d’autoriser l’exploitation de la mine, suscitant l’opposition des autorités coutumières locales de Tatakourou. « Djibou est un secteur relevant administrativement de Tatakourou. Nos Tomboloma s’y sont opposés, estimant que Doko n’a pas compétence à autoriser une telle activité sur ce site », a expliqué M. Magassouba.
Alors que les chefs traditionnels proposaient une désescalade en attendant une médiation des sages, la situation a dégénéré. « Les jeunes de Doko ont commencé à s’en prendre à nos gens. C’est là que les coups de feu ont retenti », a-t-il ajouté, visiblement choqué par la tournure des événements.
Du côté de Doko, le président du district, Namory Doumbouya, assure n’avoir été informé du conflit qu’après le déclenchement des violences. « Ce matin, j’ai été convoqué par la sous-préfète ; mais, à mon retour, elle m’a annoncé qu’un affrontement avait éclaté entre les jeunes de Doko et ceux de Tatakourou. J’ai été pris de court », a-t-il expliqué.
Les violences ont fait quatre blessés par balles. L’un d’entre eux a été pris en charge au centre de santé de Doko, tandis que les trois autres ont été transférés en urgence à l’hôpital préfectoral de Siguiri.
Les autorités locales ont ouvert une enquête pour faire la lumière sur les circonstances exactes du conflit et identifier les responsabilités. Ce nouvel épisode de violences rappelle la fragilité de la cohabitation autour des zones d’orpaillage artisanal, où les délimitations administratives et les enjeux économiques nourrissent régulièrement des tensions intercommunautaires.
De Siguiri, Moussa Gberedou Condé pour Guineematin.com





