Président de la République de Côte d’Ivoire du 26 octobre 2000 au 11 avril 2011, Laurent Gbagbo nourrissait l’espoir d’un ultime face-à-face avec son rival historique, Alassane Ouattara. Pour lui, la présidentielle du 25 octobre 2025 devait être un “combat pour la vérité”, une revanche politique et symbolique sur l’histoire.
Quinze ans plus tôt, en 2010, Ouattara (alors opposant) l’avait affronté et battu dans les urnes. Une victoire que Laurent Gbagbo n’a jamais reconnue, estimant avoir été proclamé gagnant par le Conseil constitutionnel avant d’être renversé dans une crise post-électorale meurtrière.
Devenu à son tour opposant, l’ancien chef d’État espérait que ce scrutin de 2025 lui offrirait l’occasion de solder les comptes du passé. Mais son rêve s’est brisé : sa candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel.
Dans un entretien accordé à Afo Média, Laurent Gbagbo a exprimé sa déception, tout en gardant une pointe d’humour.
“Quand j’ai vu que Alassane Ouattara s’apprêtait à être candidat [à l’élection présidentielle], j’ai dit : c’est très bien. En 2010, j’ai gagné, le conseil constitutionnel m’a proclamé vainqueur, il (Alassane Ouattara) a contesté. Mais, moi je suis sûr que je l’ai battu… Alors, j’ai dit qu’on va remettre ça pour voir qui a vraiment gagné. Donc, c’est pour ça que j’ai accepté [d’être candidat], pour que la vérité puisse s’exprimer. Moi j’ai 80 ans, il en a 84, mais la vérité pourrait quand-même s’exprimer. Ce match n’aura finalement pas lieu, parce qu’il a écarté ma candidature”, dit-il avec une petite dose de rire décontracté.
Depuis son retour au pays en 2021, après son acquittement définitif par la Cour pénale internationale (CPI), le fondateur du Front Populaire Ivoirien (FPI) s’était lentement remis sur la scène politique. Il a tout d’abord créé le Parti du Peuple Africain (PPA-CI) avant de se déclarer candidat à l’élection présidentielle du 25 octobre prochain. À 80 ans, il ne voyait pas ce scrutin comme une simple élection, mais un moment propice de règlement de comptes symbolique avec l’histoire. Il demeure encore très populaire en Côte d’Ivoire, malgré ses années de prison à la Haye.
Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com
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