Thierno Hamidou jugé pour avoir détourné un montant destiné à indemniser une victime du massacre du 28 septembre

Tribunal criminel de Dixinn

Le procès de Thierno Hamidou Diallo, jugé pour avoir détourné un montant appartenant à une des victimes du massacre du 28 septembre 2009, s’est ouvert ce mercredi, 22 octobre 2025, au tribunal de première instance de Dixinn. A la barre, il a nié les faits mis à sa charge, au préjudice de Mariame Diallo, mère de feu Bella Diallo qui avait trouvé la mort à l’époque, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Né en 1983 à Mamou, Thierno Hamidou Diallo était à la barre pour répondre des faits de détournement d’une somme, dont la teneur n’a pas été spécifiée, destinée à dédommager une des victimes de la folie meurtrière des militaires en 2009 au stade de Dixinn sous le régime du Capitaine Moussa Dadis Camara.

À la barre, le prévenu a rejeté les faits et expliqué au tribunal qu’il était le représentant de la victime, son cousin, puisque c’est lui qui avait porté plainte et suivi toute la procédure. « C’est moi qui avais engagé la procédure, puisque nous étions ensemble au stade du 28 septembre 2009. Il a été tué devant moi. C’est moi qui ai pris ses chaussures et ses clés pour venir annoncer à la famille qu’il était décédé. C’est moi qui ai porté plainte, ensuite j’ai suivi toute la procédure. C’est pourquoi l’argent d’indemnisation de Bella, je l’ai mis sur mon compte », a-t-il déclaré.

Le procureur a demandé au prévenu, entre lui et la mère de la victime, qui était légitime pour recevoir cet argent. Le prévenu a répondu que c’était lui, puisque le défunt vivait avec lui. Il a ajouté que c’est lui qui s’occupait de lui, qu’il avait dépensé pour lui tout au long de sa vie, et qu’après son décès, c’est lui qui avait remboursé toutes ses dettes. Il précise également qu’il n’avait rien demandé à la mère de Bella à l’époque.

A la question du procureur Lamine Touré de savoir s’il savait que la loi avait déjà établi des règles sur les biens laissés par une personne décédée, le prévenu a répondu qu’il ignorait cela. Il a toutefois déclaré que le défunt Bella Diallo lui appartenait, à lui (le prévenu) et à sa mère, qui est la partie civile.

Entre lui et la mère, qui a le droit d’hériter de cette indemnisation ? A interrogé le procureur. Le prévenu a affirmé que c’était lui.

Les avocats du prévenu ont ensuite posé des questions de précision

– Ce montant appartient à qui ?

« Ça m’appartient », a répondu le prévenu.

– Avez-vous reçu un mandat exprès de qui que ce soit pour représenter quelqu’un dans cette procédure ?

« Non », a-t-il répondu.

La défense a poursuivi : « depuis 2009, vous vous êtes constitué partie civile. Pour que vous soyez reçu en cette qualité, n’avez-vous pas été obligé de justifier un lien de parenté entre vous et la victime ? »

Le prévenu a répondu par l’affirmative, expliquant qu’il avait dit que la victime était son cousin.

La défense a alors demandé : « C’est pourquoi la commission a retenu que vous êtes victime et vous a indemnisé face à la disparition de votre cousin ? »

« Oui », a-t-il répondu.

Les avocats de la défense ont formulé une demande de mise en liberté de leur client, estimant que celui-ci est défendu par trois cabinets d’avocats.

Le tribunal a accordé une liberté provisoire assortie d’une caution correspondant au tiers du montant demandé et renvoyé l’affaire à ce mercredi, 23 octobre, pour la suite des débats.

Le ministère public a aussitôt relevé appel de cette décision de remise en liberté du prévenu Thierno Hamidou Diallo.

Yayé Oumou Barry pour Guineematin.com

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