Électrification rurale en Guinée : voici la stratégie du ministre Namory Camara

La Guinée a encore du chemin à faire pour rattraper ses voisins en matière d’électrification rurale. Le taux de pénétration de l’électricité en milieu rural est de 23% et alors qu’au Sénégal, on est autour de 70%, affirme le ministre de l’Energie, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures. Namory Camara promet de s’investir dans les prochaines années pour permettre à la Guinée de diminuer ce gap afin de satisfaire aux besoins des populations.

Il l’a dit le jeudi dernier, 30 octobre 2025, à l’occasion de l’adoption par le CNT d’accords de financement, notamment celui de la réalisation de la phase Il du Projet d’amélioration de l’accès à l’électricité en Guinée (PAAEG 2), conclu avec l’Association Internationale de Développement (IDA), a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Trois accords de financement, présentés par le Ministère de l’Economie et des Finances, ont été adoptés le 30 octobre 2025 par le Conseil national de la transition (CNT) en session plénière. En ce qui concerne l’Accord de financement pour la réalisation de la phase Il du Projet d’amélioration de l’accès à l’électricité en Guinée (PAAEG 2), conclu avec l’Association Internationale de Développement (IDA), le ministre de l’Energie, Namory Camara, a expliqué les mesures prises pour satisfaire les ménages.

« Je peux vous assurer que la nouvelle vision que nous avons, dès que j’ai pris fonction, tous les projets d’éclairage public au ministère, nous les avons mis en berne. On ne peut pas faire de l’éclairage public lorsque les ménages n’ont pas d’électricité. Alors, en revanche, je peux vous assurer que les 3 600 installations d’éclairages publics qui sont mentionnés dans le projet (PAAEG 2), ce n’est pas de l’éclairage public à l’aide du solaire. On a tiré un peu les leçons du passé, ça a l’air de l’électricité conventionnelle. Donc, vous pouvez être rassurés que ces 3 600, ce ne sont pas des lampadaires solaires, c’est de l’électricité conventionnelle. Beaucoup de pays, comme le Cap Vert, développent aujourd’hui le solaire. Nous avons une stratégie de développer l’énergie renouvelable », a expliqué le ministre.

Selon Namory Camara, au premier trimestre de 2026, son département fera une relecture de la loi sur l’énergie avec un accompagnement de la Banque africaine de développement (BAD). « L’électricité est un produit marchand. On ne peut pas continuer de penser qu’on peut avoir de l’électricité gratuitement, parce que l’État, ce que les mines nous donnent, ça sort de l’autre côté. C’est pour cela que nous allons mettre aussi au sein du ministère une agence en charge de la maîtrise du voyage et de l’amélioration du secteur, l’efficacité énergétique. Donc, je suis heureux de vous annoncer qu’au premier trimestre 2026, nous avons déjà commencé une relecture de la loi sur l’énergie avec un accompagnement de la BAD, totalement financé », a fait savoir le ministre de l’Energie.

Enfin, le ministre Namory Camara a tenu à préciser que le taux de pénétration de l’électricité en milieu rural en Guinée est de 23%, alors que le Sénégal par exemple est autour de 70% ! C’est pourquoi, la Guinée a besoin de 4 100 mégawatts dans les 5 prochaines années pour son électrification.

« Nous avons beaucoup à faire, le taux de pénétration de l’électricité en milieu rural est de 23% et alors qu’au Sénégal, on est autour de 70%. Donc, nous avons un besoin énergétique, sur les cinq prochaines années, de 4 100 mégawatts. Nous en produisons 1 300, et actuellement, notre besoin est de 2 000 mégawatts. Dans 10 ans ou 15 ans, nous aurons besoin de plus de 10 000 mégawatts. La question énergétique va définir le développement de notre pays », a indiqué le ministre de l’Énergie.

Moussa Konaté pour Guineematin.com

Tél : (+224) 621016809

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