Résident depuis 50 ans à Lakota, au centre-ouest de la Côte d’Ivoire, le Guinéen Nounkè Diawara, originaire de Baro, dans la préfecture de Kouroussa, mécanicien à la retraite, est le vice-président des Guinéens établis dans cette localité. En jouant le rôle de régulateur, le vieil homme et son équipe de l’amical font face à tous les cas sociaux, tant sur le plan du vivre-ensemble que sur le plan administratif, qui touchent leurs compatriotes. Dans un entretien accordé au correspondant de Guineematin.com en Côte d’Ivoire, il revient sur les motifs qui l’ont conduit à quitter la Guinée avant de raconter le quotidien de ses compatriotes dans la localité.
En 1975, à son jeune âge, son ambition de devenir intellectuel change par la nature des choses. La politique s’invite, le manque de moyens se durcit. Nounkè Diawara, en classe de 10ème année à l’époque, est contraint d’abandonner les études. Désormais, partir en aventure est la seule issue plausible.
Il revient sur cette page marquante de son histoire. « Je dirai que c’est à cause de la politique politicienne à l’époque que je me suis vu obligé de marquer définitivement un arrêt sur les études. Je faisais à l’époque la 10ème année. Nous sommes en 1975. Et pour ceux qui savent, cette année-là, la Guinée avait connu une grosse crise économique appelée Shaytan 75. Toutes les activités économiques étaient arrêtées. Mon Papa qui me soutenait n’était plus en capacité de m’aider au regard de la situation. C’est comme ça que je me suis retrouvé ici à Lakota, en Côte d’Ivoire », explique le mécanicien à la retraite.
Installé dans la localité de Lakota, au centre-ouest de la Côte d’Ivoire, où réside un nombre important de ses compatriotes guinéens, le sexagénaire s’implique davantage dans l’organisation sociale de ces derniers. « Avec le poste que j’occupe dans l’amical des guinéens et le rang d’ancienneté que j’incarne au sein de la communauté, je veille sur tout ce qui touche directement ou indirectement la communauté. Les difficultés liées à l’organisation, au conflit, soit entre guinéens, entre guinéens et natifs, ou encore entre guinéens et autorités… il faut le dire, il y a certes des petits soucis qui arrivent, mais on fait tout pour gérer. Et dans la majorité des cas, ça se passe très bien », affirme Nounkè Diawara.
L’amical joue un rôle de premier plan dans l’organisation sociale des guinéens établis à l’étranger. « Dans l’Amicale, c’est vraiment du bénévolat. Pas de subventions ni d’aides. À chaque situation, sa solution. On dépense nos maigres moyens. C’est pourquoi, on a récemment mis en place une caisse sociale où nous cotisons par mois 500 ou 1 000 Francs CFA, sans compter les cas imprévus », confie le vice-président de l’Amicale.
Après plusieurs années dans la mécanique, le vieil homme a pris sa retraite. Il se consacre désormais pleinement à l’évolution de la communauté guinéenne de Lakota.
De retour de Lakota, Mamadou Malal Baldé pour Guineematin.com
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