Hajj 2026 : « À tous les candidats au pèlerinage, ne vous inscrivez pas dans les rues »

Oustaz Mamadou Oury Barry, chroniqueur islamique et imam à Kobaya

Le Secrétariat général des Affaires religieuses a fixé le montant du pèlerinage à la Mecque pour l’année 2026 à 58 millions 325 mille francs guinéens. La structure a également mis en garde contre les fraudes qui ont ciblé des candidats au pèlerinage ces dernières années, victimes d’escroquerie. Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com ce mardi 4 novembre 2025, Mamadou Oury Barry, chroniqueur islamique, responsable de l’Agence Safa Voyage, conseille d’éviter de s’inscrire dans la rue.

Pour l’année 2026, ce sont 10 000 pèlerins guinéens qui sont attendus en Arabie saoudite pour le grand pèlerinage. Les autorités ont rendu public la liste de six agences de voyages habilitées à gérer le processus. Une manière d’éviter les erreurs du passé.

Une initiative que Mamadou Oury Barry salue vivement. « C’est normal, nous sommes tous au courant de ce qui s’est passé l’année dernière. Certains de nos compatriotes ont été victimes d’arnaqueurs qui n’ont ni agence privée ni autorisation de coopérer dans le processus du pèlerinage. C’est pourquoi le Secrétariat général des affaires religieuses est en train de mettre de l’ordre, pour que des actes pareils ne se répètent plus dans notre pays. Nous avons tous écouté le Secrétaire général adjoint expliquer et donner le nom de ces six regroupements autorisés à recruter pour l’année 2026, section pèlerinage à la Mecque. »

Par ailleurs, Mamadou Oury Barry invite les candidats à vérifier la fiabilité des agences avant de verser le moindre franc du montant demandé. « Ce que nous allons conseiller aux candidats du pèlerinage en Guinée, qu’ils soient résidents ou non, en premier lieu, il faut savoir que la personne avec qui tu es en train de traiter est un organisateur certifié du Hajj. En plus de cela, il faut qu’il te dise, dans les six regroupements du Hadj édictés par le secrétaire adjoint des Affaires religieuses, que la personne fait partie de l’un des regroupements. Lorsque la personne est prête à s’inscrire, il faut qu’elle soit en mesure de vérifier si effectivement l’agence est agréée. Moi qui vous parle, je suis dans le groupement de Safa. Lorsque vous venez, si vous avez des doutes sur ma personne, demandez-moi d’appeler la personne responsable du regroupement au nom de Safa pour que ce dernier confirme que je suis bel et bien un organisateur du Hajj et que j’en fais partie », a-t-il laissé entendre.

Pour l’imam Mamadou Oury Barry, le manque de places disponibles pour le pèlerinage est une situation qui n’affecte pas que la Guinée. « Avec les informations que nous avons apprises auprès des autorités religieuses, par rapport à la demande qui est grande, lorsque l’offre n’est pas égale à la demande, il faudrait que les gens puissent patienter. Il nous a donné l’exemple de la Malaisie : il y a des candidats qui se sont inscrits cette année, mais c’est pour 2030. Donc, il faut que nos candidats au pèlerinage puissent avoir cet esprit. Lorsqu’il y a de la place, tout le monde est autorisé à s’inscrire, mais si tu viens dans une agence et qu’on te dit qu’il n’y a pas de place, je pense qu’il ne faut pas forcer, pour ne pas que tu aies le même sort que les autres l’année dernière », a-t-il déclaré.

Chaque année, le quota qu’on donne à la Guinée ne suffit pas pour que tous les candidats désireux d’aller à la Mecque puissent le faire. « Chaque année, il y aura des gens qui n’auront pas de places. En 2023, il y a eu des restants ; en 2024, il y en a eu ; et en 2025, les gens ont forcé. Des personnes mal intentionnées se sont proclamées organisateurs du Hajj, alors que ce sont des gens qui n’ont ni agence ni appartenance à la tutelle chargée de l’organisation du Hajj », dénonce l’imam.

Par ailleurs, notre interlocuteur rappelle que le quota attribué à la Guinée est de 10 000 pèlerins, un chiffre insuffisant au regard de la forte demande. « Il faut que les gens acceptent de comprendre cela et acceptent de s’inscrire pour au moins une ou deux années et attendre leur tour, afin de ne pas créer de problèmes, et surtout de ne pas se faire du tort à soi-même. Nous sommes censés savoir que la personne qui veut aller au pèlerinage a cherché son argent de façon très propre. Toutes ces informations visent à permettre aux candidats de s’inscrire dans un endroit sûr, pour que la personne puisse effectuer son pèlerinage. A tous les candidats au pèlerinage, je conseille de ne pas s’inscrire dans les rues. Toutes ces agences édictées ont des sièges, il y a des organisations en leur sein, ce sont des personnes qui ont de l’expérience dans le déroulement du pèlerinage », a-t-il conclu.

Yayé Oumou Barry, pour Guineematin.com

Facebook Comments Box