Hausse de plus de 24% du volet recettes de la LFR 2025 : le ministre du Budget exulte et salue les réformes en cours

Facinet Sylla, ministre du Budget

Le Conseil National de la Transition (CNT) a tenu, le samedi 8 novembre 2025, une session plénière consacrée à l’examen du volet recettes de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025. À l’unanimité, les conseillers nationaux ont adopté le texte, qui a connu une progression significative des recettes publiques. Celles-ci passent de 30 311,05 milliards GNF à 37 781,56 milliards GNF, soit une hausse de 7 470,51 milliards GNF, correspondant à un taux de croissance de 24,65 %. Le ministre du Budget, présent à l’hémicycle du palais du peuple, a salué des prouesses jamais réalisées grâce aux différentes réformes et tire le chapeau aux directions nationales des Douanes et des Impôts qui ont permis d’en arriver là, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette performance s’explique par l’augmentation notable des recettes issues des impôts sur le commerce extérieur et les transactions internationales (+65,46 %), des impôts sur les biens et services (+20,13 %), des impôts sur les revenus, bénéfices et gains en capital (+19,29 %), des impôts sur les salaires et la main-d’œuvre (+28,92 %) et des impôts sur le patrimoine (+12,86 %).

Au terme de la séance, le ministre du Budget, Facinet Sylla, a exprimé la satisfaction du gouvernement face à ces résultats qu’il qualifie de performance, tout en saluant les efforts des régies financières. « On est satisfait. Vous avez dû constater que c’est à l’unanimité que les honorables conseillers ont voté la loi dans son volet recettes. Nous viendrons plus tard à son volet dépenses, puis à la loi rectificative globale lors des prochaines séances. Mais ce que je veux dire, c’est confirmer cette satisfaction : malgré le contexte international difficile, nous avons pu mobiliser des recettes à une hauteur jamais égalée. C’est un record, et cela, nous le devons à la performance de nos régies financières, dont les responsables sont ici présents, en l’occurrence la Direction générale des Douanes et la Direction générale des Impôts. Ils méritent toutes nos félicitations et tout notre soutien. Cela peut paraître abstrait pour certains, mais c’est concret : c’est grâce à ces recettes que les salaires sont payés sans aucun retard et à temps. C’est grâce à ces recettes que nous finançons, au nom d’une souveraineté politique et économique, nos élections sans tendre la main à personne. C’est grâce à ces efforts de mobilisation des recettes que nous indemnisons les victimes des malheureux événements du 28 septembre 2009, sans tendre la main à personne. C’est grâce à cet effort de mobilisation que nous avons pu assurer le recensement biométrique, mais aussi le recensement général de la population (RGPH). Ce sont donc autant d’efforts que nous avons financés cette année, qui ne sont pas des dépenses ordinaires, mais rendus possibles grâce à l’engagement de toutes nos régies financières. C’est donc une satisfaction méritée », a expliqué Facinet Sylla.

Par ailleurs, le ministre du Budget a mis en avant le rôle déterminant des réformes économiques et fiscales engagées ces dernières années pour en arriver à de tels résultats. « En ce qui concerne les mesures, il faut dire que lorsque nous venons ici, ce n’est pas pour accomplir une simple formalité. Cette assemblée est composée d’éminents experts, riches en ressources et proches de la population. Nous les écoutons, et leurs recommandations sont si pertinentes qu’elles alimentent nos prochaines réformes. Et pour conclure, ces performances dont je vous ai parlées sont dues à deux choses : d’une part, les réformes que nous avons engagées, et d’autre part, à l’accompagnement du président Mamadi Doumbouya. Car, comme je l’ai dit devant tout le monde ici, en plénière : vous pouvez avoir toute la volonté de réformer, mais si vous n’êtes pas soutenu par un chef de l’État réformateur, ces réformes resteront des vœux pieux. Or, à chaque fois que nous lui soumettons une réforme allant dans le sens du renforcement de la gouvernance et de la gestion des recettes, nous avons son soutien total. Il a donc sa part de responsabilité, et sans aucune démagogie, il y contribue énormément, notamment à travers ses mesures de lutte contre la corruption et la peur du gendarme qu’il a su instaurer dans les régies financières. Cela a produit ses effets : c’est ce qui fait que nous avons aujourd’hui des recettes à un niveau jamais atteint depuis la fondation de notre République. Je vous le garantis, vous n’avez pas besoin d’en douter. Nous nous étions engagés, dès notre première apparition ici, à produire les lois de règlement en retard, et c’est ce que nous avons fait. Nous étions en retard de cinq exercices, c’est-à-dire cinq années. Mes équipes et moi, appuyés par celles du ministère de l’Économie et des Finances et de la Banque centrale, avons produit ces lois de règlement. Nous avons rattrapé notre retard. Mais il y a un processus : il faut déposer ces projets de lois de règlement à la Cour des comptes, qui les examine, vérifie leur conformité à la loi et relève les anomalies éventuelles. Une fois ce travail accompli, c’est la Cour des comptes qui dépose ces lois au Parlement, donc au niveau du CNT », a ajouté le ministre du Budget.

En outre, Facinet Sylla a tenu à rassurer les conseillers du CNT quant à la mise en conformité des lois de règlement, dont l’examen est en cours à la Cour des comptes. « Les cinq lois de règlement que je m’étais engagé à faire ont été élaborées par nos équipes et déposées à la Cour des comptes, qui est en train de les examiner. Convenez avec moi, qu’examiner cinq lois de règlement en un seul exercice, c’est très lourd. La Cour en a déjà examiné trois, nous a transmis ses observations, et nous y avons répondu. Nous attendons maintenant qu’elle termine les deux autres. Après cela, je peux vous rassurer que tout sera déposé ici, au Parlement. Mais vous voyez, c’est un travail qui implique plusieurs institutions. Nous pouvons dire que nous avons accompli notre part, mais le Parlement ne peut pas encore considérer que tout est fait tant que la Cour des comptes n’a pas déposé les documents. Et la Cour, compte tenu de ses moyens limités et des changements intervenus récemment, peut également justifier un certain retard. Habituellement, pour examiner une loi de règlement, il faut une équipe multidisciplinaire importante pour un seul exercice. Imaginez donc pour cinq exercices ! C’est pourquoi j’ai demandé aux honorables conseillers de faire preuve d’indulgence. Nous avons tenu parole, et dans les jours ou les mois à venir, ces règlements leur parviendront. Il ne faut pas se mentir non plus : nous sommes dans une année électorale et de changement de République. L’agenda institutionnel est très chargé. Cela peut empêcher certains acteurs de livrer à temps ce à quoi ils se sont engagés. Par exemple, lorsque nous serons en période électorale, les campagnes référendaires, les scrutins, tout cela mobilise l’ensemble des institutions. Le Parlement, lui aussi, est engagé dans ce processus de retour à l’ordre constitutionnel. Vous en êtes témoins : les honorables ne dorment pas, ils travaillent chaque jour sur des lois de règlement et des lois organiques. Donc, vous voyez, il ne faut pas faire de promesses creuses : le travail de fond est déjà fait », a laissé entendre le ministre du Budget.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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