Appel à la responsabilité historique ! Le collectif des candidats indépendants écrit à la Cour suprême

Mesdames et Messieurs les membres de la Cour suprême,

Honorables magistrats,

Chers compatriotes,

I. Une période décisive pour la République

Notre pays, la Guinée, se trouve à un tournant majeur de son histoire politique.

L’élection présidentielle qui s’annonce ne sera pas une simple compétition de candidats.

Elle sera un test de maturité démocratique, un moment où la nation tout entière jugera la solidité de ses institutions, la crédibilité de son État et la loyauté de ceux qui sont appelés à en garantir la légitimité.

Dans cette phase délicate, la Cour suprême apparaît comme le dernier rempart de la démocratie guinéenne. C’est sur ses épaules que repose aujourd’hui le destin institutionnel du pays. C’est à travers ses décisions que s’écrira, demain, la page de notre avenir collectif.

II. Le rôle sacré de la Cour suprême

La Cour suprême n’est pas un simple organe administratif. Elle est la gardienne du droit, la voix de la conscience républicaine, la boussole morale de la nation.

En validant les candidatures, en tranchant les litiges électoraux, elle ne se prononce pas seulement sur des dossiers : elle engage l’avenir du peuple, la paix du pays, et la mémoire de l’Histoire.

C’est pourquoi, sa responsabilité est immense.

Sa mission n’est pas de plaire à un pouvoir, à une force ou à un intérêt.

Sa mission est de dire le droit dans l’esprit de la justice, de protéger la démocratie et de garantir l’équité du processus électoral.

III. Au-delà des textes : l’esprit de la loi et la conscience nationale

Oui, Mesdames et Messieurs les juges,

vous avez pour guide les textes de loi.

Mais la loi n’est jamais une fin en soi — elle est un instrument au service de la justice et de la paix sociale.

Dans des circonstances exceptionnelles, lorsque la nation tout entière retient son souffle,

la Cour suprême doit savoir interpréter la loi à la lumière de la conscience nationale et de l’intérêt supérieur du peuple.

Elle ne doit pas se limiter à un tri mécanique des candidatures sur la base de textes controversés ou incomplets.

Elle doit aussi, et surtout, se demander : “Quelle Guinée voulons-nous léguer demain par nos décisions d’aujourd’hui ?”

Car une décision peut être légale… sans être juste.

Et une décision juste peut parfois sauver une nation.

IV. L’appel à la responsabilité historique

Mesdames et Messieurs les magistrats, l’histoire ne retient pas les hésitations, elle retient les actes courageux.

Regardez autour de nous.

Dans un pays voisin, des juges ont su, au moment décisif, choisir la République au-dessus des pressions, la vérité au-dessus de la peur.

Leur exemple résonne encore aujourd’hui comme un modèle de courage institutionnel et de fidélité à la nation.

La Guinée, elle aussi, attend de sa Cour suprême ce même courage, cette même dignité.

Vous êtes les juges du droit, mais vous êtes aussi les juges de l’Histoire.

V. Pour que la Cour entre dans l’Histoire avec honneur

Chers membres de la Cour, votre nom sera inscrit dans les livres d’histoire, et les générations futures liront vos décisions.

Elles se souviendront, non pas de vos titres ni de vos fonctions, mais de votre attitude dans ce moment de vérité.

Si vous choisissez le droit, la justice et la République, vous sauverez la nation et honorerez la toge que vous portez.

Mais si la peur, la pression ou la survie prenaient le pas sur la conscience, alors ce n’est pas seulement une élection qui serait compromise, c’est la confiance du peuple tout entier qui serait perdue.

VI. Conclusion : un appel à la grandeur et à la mémoire

Mesdames et Messieurs les membres de la Cour,

la Guinée vous regarde.

L’Afrique vous regarde.

L’Histoire vous regarde.

Ce que vous ferez dans les jours qui viennent ne déterminera pas seulement un scrutin, mais le visage même de notre République.

Faites en sorte que, demain, lorsque vos enfants liront vos noms dans les manuels d’histoire,

ils puissent dire avec fierté : « Nos juges ont sauvé la démocratie. Ils ont préféré l’honneur à la peur, la vérité à la complaisance, et la Guinée à tout le reste. »

Que votre conscience soit votre seule boussole.

Que le droit soit votre bouclier.

Et que l’avenir de la Guinée soit la lumière qui éclaire chacune de vos décisions.

Nous vous remercions

Le Collectif des candidats indépendants (CCI)

1. Dr Mandiouf Mauro Sidibé du Parti Alliance des forces pour le changement,

2. André Sagno, Mouvement des combattants de la liberté économique,

3. Souleymane Bah, Union patriotique des indépendants de Guinée

4. Ibrahima Sory Touré, Parti pour la Renaissance et l’unité nationale

5. Silé Kourouma,

6. Mamadou Dian Barry, mouvement pour la renaissance d’une nouvelle Guinée

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