Depuis l’installation du nouveau régime à Madagascar, une série de décisions administratives et judiciaires frappent les anciens responsables pays. En plus de l’ex-président Andry Rajoelina et de son Premier ministre, Christian Ntsay, les membres du précédent gouvernement ainsi que les collaborateurs les plus proches de l’ancien chef de l’État ont été visés par des interdictions de sortie du territoire.
Ces derniers jours, la mesure s’est étendue à plusieurs hauts fonctionnaires occupant des postes stratégiques. Le directeur général des douanes et celui des impôts ont été simultanément démis de leurs fonctions et empêchés de quitter le pays. Selon les autorités, ces restrictions visent à « garantir la disponibilité des personnes concernées pour d’éventuelles enquêtes », dans le cadre de procédures judiciaires en préparation.
Plusieurs personnalités visées, dont Andry Rajoelina lui-même et son ancien Premier ministre, se trouvent actuellement à l’étranger. « Si ces personnalités reviennent à Madagascar, elles seront automatiquement sous le coup de cette mesure et ne pourront plus quitter le territoire », précise une source au ministère de la Justice citée par RFI.
Deux exceptions ont toutefois été signalées : les interdictions visant l’ancien ministre de la Pêche et une juge de la Haute Cour constitutionnelle ont été levées. « Les motifs de ces suspensions définitives ne peuvent pas être communiqués », indique une source au ministère de l’Intérieur également citée par Radio-France Internationale.
Parallèlement, une vague de limogeages a touché le corps diplomatique. L’ambassadeur de Madagascar à Maurice, ainsi que deux conseillères en poste à Pékin et à Paris, ont été relevés de leurs fonctions. Deux procureures du pôle anticorruption d’Antananarivo ont aussi été remplacées.
Le week-end dernier, des perquisitions ont visé des proches de l’ex-chef de l’État. Le domicile de Naina Andriantsitohaina, ancien maire de la capitale et ex-ministre de l’Aménagement du territoire, a été fouillé dimanche 9 novembre dans le cadre d’une enquête pour suspicion de détournements de fonds à la Caisse de prévoyance sociale.
Face aux critiques d’une éventuelle chasse aux sorcières, les autorités assurent qu’il ne s’agit pas de représailles politiques. Elles affirment au contraire vouloir appliquer une politique de « tolérance zéro » envers toute personne soupçonnée d’avoir nui aux intérêts du pays.
Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com





