Kankan : un point de vente de drogue prospère aux abords du lycée Morifindjan Diabaté

La consommation de drogue chez les jeunes prend une tournure inquiétante à Kankan. Ce phénomène, autrefois cantonné à quelques quartiers, gagne du terrain, jusque dans les environs des établissements scolaires, notamment autour du lycée Morifindjan Diabaté. Une courte vidéo parvenue à Guineematin.com met en lumière cette réalité, où on voit plusieurs jeunes, certains en uniforme scolaire, en train de préparer des boules de chanvre indien destinées à être fumées, à proximité immédiate du lycée. Dans une autre séquence, un élève apparaît aux côtés d’un vendeur de chanvre, visiblement prêt à acheter sa dose. Ces images, largement diffusées sur les réseaux sociaux, ont provoqué l’indignation dans la ville, rapporte un des correspondants de Guineematin.com basé sur place.

De nombreux habitants de Kankan s’interrogent sur l’ampleur réelle du phénomène et sur les mesures à prendre pour venir à bout de la consommation de drogue.

Interrogé par notre reporter, le proviseur du lycée Morifindjan Diabaté, Gassim Kéita, dit déplorer cette situation qu’il combat, selon lui, depuis son arrivée à la tête de l’établissement. « J’ai un profond regret pour cela. Si j’avais les moyens, j’aurais même fermé le terrain derrière l’école et investi dans les infrastructures scolaires afin que le lieu ne serve plus de repaire pour les bandits. J’ai constaté que les jeunes venaient y prendre des excitants. Mais je précise, pas dans l’école, ils venaient sur le terrain, derrière l’enceinte », a-t-il expliqué.

Le chef d’établissement affirme avoir mené plusieurs actions de sensibilisation et sollicité le soutien des autorités locales. « J’ai commencé à sensibiliser il y a un peu plus de deux ans. J’ai informé les autorités, et tout dernièrement, le préfet a pris le problème à bras-le-corps. Il nous a soutenus, tout comme les autres autorités, en collaboration avec les différents services de la gendarmerie. La garde est montée. Souvent, nous les pourchassons, car j’ai compris que la sensibilisation seule ne suffisait pas. Avec les professeurs principaux, nous descendions sur le terrain pour dire que la drogue n’est pas une bonne chose. Je précise que ce sont des bandits, pas des élèves. Ce sont des gens qui viennent sur le terrain pour faire ce qu’ils veulent avec des excitants. Quand nous intervenons, ou quand la gendarmerie arrive avec les pickups, ils sont embarqués et conduits pour être sanctionnés ».

Concernant la présence d’un élève dans la vidéo, M. Kéita se veut clair. « Administrativement parlant, même s’il est en tenue scolaire, lorsqu’il est en dehors de l’école, il n’est plus sous notre responsabilité. C’est quelqu’un qui n’a pas compris mes conseils et qui préfère suivre les bandits derrière l’école. C’est pourquoi je précise et je répète : c’est sur le terrain, mais pas dans l’enceinte scolaire. »

Le directeur préfectoral de l’éducation de Kankan, Souleymane Daffé, avait lui aussi tiré la sonnette d’alarme lors d’une rencontre récente avec les encadrants et les parents d’élèves. Il avait insisté sur la nécessité d’une coopération étroite entre les familles, les enseignants et les autorités locales pour endiguer la délinquance juvénile et les comportements déviants autour des écoles. Mais, malgré ces mises en garde, le problème persiste et semble même s’aggraver. La multiplication des points de vente de drogue aux alentours des établissements scolaires inquiète profondément les parents, qui craignent de voir leurs enfants sombrer dans la dépendance.

Face à cette menace, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer des mesures fortes : intensification des campagnes de sensibilisation, surveillance accrue autour des écoles, et surtout, un engagement plus ferme des autorités administratives, sécuritaires et judiciaires.

Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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