Jugés pour avoir volé un sac contenant 5 millions 500 mille francs guinéens, les prévenus Alpha Maki Keïta et Aly Traoré risquent une peine d’un an de prison ferme et une amende de 500 mille francs guinéens. Telle est la peine requise à leur encontre par le parquet du tribunal de Mafanco à l’audience correctionnelle de ce mercredi, 12 novembre 2025. A la barre, les deux prévenus ont reconnu avoir volé ledit sac dans un véhicule garé au bord de la route. Mais, ils sont tombés au rond-point de Yimbaya Tannerie, « à l’endroit même où on a pris le sac ». C’était au préjudice d’Alpha Nouhou Barry, partie civile dans cette affaire, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Selon le rapport du parquet, il y avait initialement deux parties civiles dans cette affaire. En effet, un certain Amara Fofana avait affirmé avoir lui aussi été victime des mêmes prévenus, détenus à la maison centrale de Conakry depuis le 2 juin 2025. Cependant, contacté pour la tenue de l’audience, il a déclaré ne plus être intéressé à poursuivre la procédure.
D’après les explications, les deux prévenus qui circulaient à moto de marque TVS Apache, ont soustrait un sac contenant 5 millions 500 mille GNF dans un véhicule garé au bord de la route, au carrefour Yimbaya Tannerie. Des accusations qu’ils ont immédiatement reconnues à la barre ce mercredi.
Né en 2006 à Bamako, Alpha Maki Keïta, chauffeur domicilié à Enco-5, a été le premier à être entendu. Célibataire sans enfant, il a reconnu les faits mis à sa charge. « On quittait Yimbaya pour accompagner celui-là. C’est là-bas qu’on a trouvé son Magbana (minibus) garé, et on a pris le sac », a-t-il déclaré.
Après cette déclaration, le tribunal a cherché à comprendre les circonstances de l’acte. « Vous étiez sur une moto, c’est ça ? », a questionné la juge.
« Oui », a répondu le prévenu.
« Pourquoi avez-vous fait ça ? », a encore demandé le tribunal.
« Je n’étais pas maître de moi-même », a-t-il déclaré.
« Comment vous a-t-on interpellé ? », a encore demandé le tribunal.
« Nous sommes tombés au niveau du rond-point, à l’endroit même où on a pris le sac. C’est là qu’on a été interpellé », a-t-il indiqué.
L’autre prévenu, Aly Traoré, né en 2002 à Kankan, est mécanicien de profession. Également célibataire sans enfant, il a confirmé la même version des faits.
L’avocat de la défense est alors intervenu pour préciser. « C’est à l’endroit même où vous avez pris le sac que vous avez été interpellés, sans même avoir eu le temps de l’ouvrir, n’est-ce pas ? », a questionné le conseil.
« Oui, c’est là-bas », ont répondu les prévenus.
« Alors, vous ne pouviez même pas savoir ce qu’il y avait dans le sac », a ajouté le conseil.
Né en 1974, Alpha Nouhou Barry est un marchand domicilié à Baïlobaya, dans la commune de Kagbélen. Partie civile dans cette affaire, il a relaté les faits. « Ce jour-là, je suis sorti avec de l’argent. À Madina, j’ai acheté un groupe électrogène à 9 millions GNF. J’ai aussi donné à un ami 25 millions. Je devais récupérer un minibus en ville. Donc, j’ai payé quelqu’un 100 mille francs pour qu’il me l’envoie à Madina. Quand il est arrivé, j’ai moi-même pris le volant jusqu’à la Tannerie. Mais, j’entendais du bruit. Pendant que je suis descendu du véhicule pour vérifier ce qui n’allait pas, ils sont venus arracher le sac dans lequel j’avais 5 millions 500 mille GNF. Quand ils ont arraché le sac, 3 millions sont tombés. Ils sont partis avec les 2 millions 500 mille GNF. Ils ont voulu fuir vers Matoto, mais n’ont pas trouvé de passage. Les gens couraient derrière eux pour les attraper. Ils ont fait demi-tour pour remonter vers Yimbaya, et c’est là qu’ils ont été interpellés, pendant que moi, j’étais toujours sur place. On est venu m’informer leur arrestation. J’ai ensuite conduit le véhicule à la station et je suis allé porter plainte », a expliqué M. Barry.
Suite à son témoignage, le tribunal a voulu obtenir une précision. « Vous dites que 3 millions sont tombés et qu’ils sont partis avec 2 millions 500 mille. Quand ils ont été interpellés, avez-vous retrouvé le reste de l’argent dans le sac ? », a demandé la juge.
« Pas tout de suite. Mais trois jours après, la gendarmerie m’a appelé pour que je vienne récupérer mon argent », a répondu le plaignant.
Au cours du procès, le ministère public a sollicité la requalification des faits de vol simple en vol aggravé, au motif que le vol avait été pleinement consommé.
La défense de son côté, a vigoureusement contesté cette demande et sollicité une requalification en tentative de vol, estimant que ses clients n’avaient pas pu partir avec le sac volé.
Mais à cette argumentation, le parquet a répliqué. « Le vol a bel et bien été commis. N’eût été la clameur publique, les mis en cause seraient partis avec le sac volé ».
Le tribunal a finalement décidé de maintenir la qualification de vol simple initialement retenue contre les deux prévenus.
Dans ses réquisitions, la procureure Élise Doua Guilavogui a demandé au tribunal de retenir Alpha Maki Keïta et Aly Traoré dans les liens de la culpabilité. Pour la répression, elle a requis une peine d’un an de prison ferme et le paiement d’une amende de 500 000 GNF chacun.
La défense a, pour sa part, sollicité de larges circonstances atténuantes, estimant que ses clients ont pleinement reconnu les faits et qu’ils en sont à leur première infraction.
Le tribunal, présidé par la juge M’Balou Traoré, a renvoyé l’affaire au 27 novembre prochain pour la rendre sa décision.
Mariama Barry pour Guineematin.com






