Devant une cohorte de journalistes à New York hier, mercredi 12 novembre 2025, le président de la Commission de l’Union africaine a démenti les propos du président américain, Donald Trump, tendant à faire croire qu’il y a un “génocide de chrétiens” au Nigéria. Mahmoud Ali Youssouf affirme que « les premières victimes de Boko Haram sont musulmanes » et demande au chef de l’Etat américain de réfléchir à deux fois avant de faire de telles déclarations.
« Ce qui se passe dans le nord du Nigéria n’a rien à voir avec les atrocités que nous constatons au Soudan ou dans certaines parties de l’est de la RDC », a-t-il déclaré.
Le 1er novembre dernier, le président américain a menacé le Nigéria d’un déploiement de troupes et de frappes aériennes. Donald Trump justifie cette menace par ce qu’il qualifie de “massacre de chrétiens” dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest. Le locataire de la Maison Blanche accuse le gouvernement nigérian de “tolérer” ce massacre et brandit la menace d’une intervention américaine “armes à la main, pour éradiquer complètement les terroristes islamistes responsables de ces atrocités”.
« J’ordonne par la présente à notre département de la Guerre de se préparer à une éventuelle action. Si nous attaquons, ce sera rapide, brutal et implacable, à l’image des attaques que ces terroristes commettent contre nos chers chrétiens », a écrit Donald Trump sur le réseau social Truth.
En réaction à cette menace ouverte, le gouvernement nigérian a opté pour un langage diplomatique, affirmant qu’il « ne prend pas le message de Trump au pied de la lettre ». Il a aussi dit être favorable à un dialogue avec la Maison Blanche.
Si la situation sécuritaire au Nigéria reste préoccupante, notamment dans les États du centre et du nord-est régulièrement frappés par Boko Haram et les groupes affiliés à l’État islamique, l’ampleur du discours de Donald Trump soulève des questions. S’agit-il d’une alerte humanitaire ou d’une stratégie politique destinée à mobiliser sa base évangélique américaine et à projeter une image de chef de guerre ? Avec cette posture de “défenseur des persécutés”, Trump cherche-t-il vraiment à sauver des vies ou à préparer l’opinion à une intervention américaine en Afrique ?
La sortie du président de la Commission de l’Union africaine ce mercredi en dit long sur la nature préoccupante des menaces du locataire de la Maison Blanche sur le continent africain, en proie au djihadisme et à des conflits armés dans plusieurs régions. Mais, elle sonne aussi comme une mise en garde de Donald Trump contre toute action tendant à déstabiliser l’un des pays les plus peuplés d’Afrique.
Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com
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