Jugée pour injures publiques, dame Djénè Touré pourrait s’en tirer avec une amende de 500 mille francs guinées. Telle est la peine requise à son encontre à l’audience correctionnelle du tribunal de Mafanco tenue ce jeudi, 13 novembre 2025. À la barre, la prévenue a nié les faits qui lui sont reprochés. Mais la partie civile, Fanta Chérif, représentée par son avocat, a brandi une clé USB contenant un audio censé corroborer les accusations. Après écoute, le ministère public a estimé qu’il s’agissait bien d’injures et requis sa condamnation à une peine pécuniaire, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Derrière cette procédure judiciaire, se cache un long conflit familial. Djénè Touré, la prévenue, est la nièce du mari de Fanta Chérif. Veuve et mère de six enfants, née en 1997 à Kankan, elle est domiciliée à Matoto. Après le décès de son mari, elle est venue s’installer dans la maison familiale.
Selon Fanta Chérif, la partie civile, c’est à partir de ce moment que les tensions ont commencé. À la barre, elle affirme que la prévenue fait tout pour lui rendre la vie impossible, notamment en l’injuriant dans la maison même de son mari.
Le cas ayant conduit les deux femmes devant le tribunal tourne autour d’une chaise. Interrogée sur ce qui s’est réellement passé, Djénè Touré a donné sa version des faits. « On s’est battu. Elle avait mis une chaise sur la route, j’étais en train d’arranger le salon. C’est ainsi que j’ai déplacé les chaises que j’ai envoyées au balcon. Elle m’a demandé pourquoi j’ai déplacé la chaise, j’ai répondu c’est parce qu’elle l’avait mise sur la route, lui disant que l’endroit ne lui appartenait pas à elle seule. J’ai dit qu’elle n’avait pas honte. Elle a directement insulté ma maman. J’ai aussi payé pour moi. Voilà ce qui s’est passé », a-t-elle expliqué.
L’avocat de Fanta Chérif a questionné la prévenue. « Qu’est-ce que madame Fanta Chérif vous a fait, qui vous a tellement irrité au point d’insulter sa maman ? », a-t-il demandé.
« Elle a insulté ma maman et j’ai insulté la sienne », a répondu Djénè Touré, sans hésitation.
Née en 1975 à Kankan, Fanta Chérif apporte une version différente. « Ma chaise était sur le balcon, mais le soleil la tapait. Alors, j’ai pris la chaise pour l’amener au salon. Elle est venue dire que la chaise ne va pas rester au salon. Je lui ai dit que le salon était commun et qu’il n’était pas pour elle seule. Elle a commencé à m’insulter. Disant que je n’avais pas honte sinon que j’allais quitter la maison de son oncle. J’ai répondu que je suis la coépouse de sa mère, donc si elle me dit ça, c’est qu’elle s’adresse à sa mère et que je ne vais pas quitter la maison de mon mari », a-t-elle relaté à son tour.
Le parquet l’a ensuite interrogée sur les liens qui l’unissent à la prévenue. « Elle est la nièce de mon mari », a répondu Fanta Chérif.
« La maison appartient à qui ? », a questionné l’avocat de la partie civile.
« C’est la maison de mon mari. Elle a quitté la maison de son mari depuis 4 ans, elle et ses 6 enfants vivent avec nous dans la maison. Mais tous les jours, ce sont des problèmes », a-t-elle déclaré.
Pour étayer ses propos, elle a fourni au tribunal un audio, contenu dans une clé USB, où l’on entend la prévenue lui dire qu’elle “n’avait pas honte”.
Au terme des débats, l’avocat de Fanta Chérif a fait sa plaidoirie. « Nous souhaitons que justice soit faite. Nous voulons que cessent les injures et menaces. Pour la réparation civile, nous demandons 1 GNF symbolique », a-t-il sollicité.
Dans ses réquisitions, la procureure Élise Doua Guilavogui a demandé de retenir Djénè Touré dans les liens de la culpabilité. Pour la répression, elle va requérir sa condamnation à une amende de 500 000 GNF.
Au terme de l’audience, le tribunal, par la voix de la juge M’Balou Traoré, a renvoyé le dossier au 20 décembre 2025 pour rendre le verdict.
Mariama Barry pour Guineematin.com






