« On peut écarter un candidat, pas une vision » : Amadou Thierno Diallo dénonce le rejet de sa candidature pour la présidentielle 2025

Amadou Thierno Diallo, candidat de l'Union des Guinéens pour le développement (UGD)

La publication officielle de la liste des candidats retenus pour l’élection présidentielle du 28 décembre prochain continue de provoquer des remous au sein de la classe politique guinéenne. Parmi les recalés, figure Amadou Thierno Diallo, ancien ministre de la Coopération et de l’Intégration africaine, candidat de l’Union des Guinéens pour le Développement (UGD) et président du mouvement Synthèse. Lors d’une conférence de presse à Conakry ce vendredi, 14 novembre 2025, il a dénoncé « de graves dysfonctionnements » dans le traitement de son dossier. Il dit avoir été écarté de cette élection « sans motif valable » par la Cour suprême.

« Je prends la parole pour éclairer l’opinion sur une décision que je juge incompréhensible et dangereuse pour notre démocratie. Le 12 novembre 2025, la Cour suprême a déclaré ma candidature irrecevable sur la base d’une interprétation selon laquelle le nom d’un candidat ne serait pas déterminant dans les procédures légales. Une justification, contraire à la transparence et à la sécurité électorale, qui crée un précédent grave. Mon nom, Amadou Thierno Diallo, n’apparaît ni parmi les retraits, ni parmi les irrecevables, ni parmi les candidatures validées le 9 novembre. Officiellement, je n’existe pas. Et c’est sur cette absence que l’on m’écarte. Mon recours a été rejeté sans justification valable, révélant un sérieux dysfonctionnement du processus électoral. Je le répète : ma candidature n’a pas été rejetée pour incompétence, incapacité ou non-conformité. Elle l’a été sans motif. Depuis 49 ans, je sers ce pays. Ce qui s’est produit dépasse ma personne : cette décision fragilise les droits politiques de tous. Je ne conteste pas la justice, je dénonce une décision injuste. Je ne m’en prends pas aux institutions, je dénonce leur usage dévoyé. Si cet arrêt fait jurisprudence, aucun citoyen ne sera à l’abri de l’arbitraire », a-t-il dénoncé.

Poursuivant, Amadou Thierno Diallo, pointe également du doigt plusieurs « incohérences graves » dans la manière dont certaines candidatures ont été examinées, y compris son cas.

« Certains candidats ont été éliminés pour absence de fiche d’identification, alors que ce document n’est mentionné ni par la DGE ni dans l’arrêt de la Cour. Cette fiche, écrite à la main et avec une photo agrafée, ne peut valoir plus que des documents officiels comme l’extrait de naissance ou le casier judiciaire. C’est dangereux. On parle ensuite de “déclaration authentique” sans jamais définir le terme. À la DGE, les déclarations sur l’honneur sont acceptées, mais les mêmes déclarations de biens deviennent soudain “non”. C’est du deux poids, deux mesures. Dans mon cas, mon nom n’apparaissait nulle part le 9 novembre. Ce n’est qu’après mon recours qu’on a évoqué “Amadou Thierno”, puis “Thierno Amadou”. Et la Cour affirme que le nom n’a pas d’importance. Mon prénom est Amadou, pas Thierno. On me dit que cela est sans conséquence. C’est extrêmement grave. Si ceci fait jurisprudence, n’importe qui pourra contester un nom ou en changer librement, et l’arbitraire deviendra la règle », a-t-il souligné.

Par ailleurs, Amadou Thierno Diallo a promis de poursuivre le “combat” pour la démocratie en Guinée.

« Je m’adresse également aux médias internationaux, aux partenaires et aux organisations de défense des droits humains : ce qui se joue dépasse une candidature. C’est la crédibilité du processus électoral guinéen qui est en cause, ainsi que le respect des standards internationaux de l’État de droit. Je demande que ce précédent soit examiné, car la démocratie ne peut reposer sur l’opacité et l’arbitraire. Malgré tout, je reste digne et déterminé. Cet épisode n’est pas un échec, mais une étape qui renforce mon engagement pour une Guinée moderne et démocratique. Avec l’UGD et le mouvement Synthèse, je continuerai à défendre la justice, la transparence et l’égalité des chances. Ma mission dépasse une candidature : elle concerne l’unité, la cohésion, le progrès et la prospérité nationale. On peut écarter un candidat, mais pas une vision. Je remercie ceux qui me soutiennent et j’appelle les Guinéens à rester vigilants et unis. La démocratie est un combat. L’injustice que nous vivons doit cesser. Nous devons exiger une réelle séparation des pouvoirs. L’ambition de l’UGD est de faire de la Guinée un pays développé en une génération. C’est possible. Nous méritons un pays enfin normal », a-t-il lancé.

Ismaila Diallo pour Guineematin.com

Tél : 624693333

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