Manque de confiance entre Guinéens : Biro Soumah dénonce les chefs religieux et l’appareil judiciaire

Aboubacar Biro Soumah, président du parti pour le Progrès et le Changement PPC

Le manque de confiance entre gouvernants et gouvernés, entre chefs religieux et citoyens, gagne du terrain en République de Guinée. Les promesses non tenues, la course effrénée vers les richesses et les privilèges sont des réalités quotidiennes qui jouent sur la confiance et creusent le fossé. Dans un entretien accordé à Guineematin.com, Aboubacar Biro Soumah, leader du Parti pour le Progrès et le Changement (PPC), dénonce un système établi depuis longtemps. Il pointe un doigt accusateur sur les régimes politiques, l’appareil judiciaire et les religieux qui trahissent leurs missions.

« Ce manque de confiance du sommet à la base est devenu une réalité dans notre pays. Il y a un adage qui dit que le bon exemple vient d’en haut, et l’imitation d’en bas… Nous avons toujours fonctionné comme ça, parce qu’on n’a pas eu des régimes qui mettent en place un système qui permet au pays d’aller de l’avant. Cela va causer des difficultés pour le pays à se développer. C’est ce qui est en train de fonctionner aujourd’hui en Guinée, mais aussi dans la plupart des pays Africains. Donc, le manque de confiance entre le sommet et la base, le manque de confiance entre la population elle-même, entre les ethnies… Tout ceci conduit au manque de cohésion et au manque d’une vision qui empêche le pays d’aller de l’avant. Mais, ça vient de loin, le système est là depuis toujours. Parce qu’on parle de la démocratie, qui est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Mais, chez nous, c’est le contraire. C’est le pouvoir par un homme et pour un homme. Donc, au lieu que le pouvoir serve le peuple, le pouvoir sert un homme toujours », a-t-il dit d’entrée.

Par ailleurs, Aboubacar Biro Soumah pointe un doigt accusateur sur l’appareil judiciaire et sur les religieux, qu’il accuse d’être les artisans de ce manque de confiance entre guinéens. « Aujourd’hui, si notre appareil judiciaire respecte la déontologie, s’il respecte les serments, le pays pourrait s’en sortir. Mais depuis l’indépendance, tous les magistrats sont nommés par décret présidentiel. Cela veut dire que celui qui te nomme, tu vas lui obéir, au lieu d’obéir à la loi. Quand vous prenez les imams, ils ne jouent plus le rôle du Prophète Mohamed (PSL), qui n’avait pas besoin d’argent, pas besoin de grosses cylindrées. Aujourd’hui, nos imams, chacun veut rouler dans les V8, chacun veut avoir de l’argent à tout moment. Donc, au lieu que nos dirigeants viennent vers eux, ce sont, nos chefs religieux, qui se déplacent pour aller vers les dirigeants politiques, pour aller faire des bénédictions pour gagner de l’argent. Pourtant, l’islam est une religion qui a ses principes. L’islam n’a pas besoin de se soumettre à quelqu’un, sauf à Dieu. Mais aujourd’hui, nous pensons qu’on peut transformer un président comme un demi-Dieu en Guinée, mais aussi à certains pays d’Afrique pour manque de respect des constitutions, manque de respect des institutions de la République, et manque de respect de la religion », accuse le président du PPC.

Selon Aboubacar Biro Soumah, pour remédier à ce système, il n’y a pas de magie. Il suffit juste que les uns et les autres respectent les principes. « Les alternatives sont très claires. Quand on dit que la démocratie, c’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, il faut respecter ce principe de la démocratie. Quand on dit que la politique, c’est la science du partage pour développer, il faut respecter ça, travailler pour l’équilibre social dans le pays.

Il n’y a pas de magie pour remédier à ça. Il faut respecter nos lois, respecter nos mœurs, respecter nos coutumes. Mais aussi, principalement, les religieux, il faut respecter le Coran, et les chrétiens, respecter la Bible. Si cela est fait, nous pensons que le pays ira de l’avant, sans division et les citoyens vont avoir la confiance entre eux », a-t-il lancé.

Saïdou Hady Diallo et Ibrahima Bah pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527/664 413 227

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