Jugé pour escroquerie portant sur une moto, un téléphone de marque Samsung et une somme de 600 000 francs guinéens, Mohamed Bangoura a été déclaré coupable au tribunal de Mafanco. A l’audience correctionnelle de ce mardi, 18 novembre 2025, il a été condamné à un an et demi de prison ferme, à une amende d’un million GNF et au remboursement de 600 mille GNF et d’un téléphone Samsung A16. A la barre, il a nié les faits mis à charge, prévus et punis par l’article 403 du code pénal. Pourtant, la partie civile dans cette affaire, Souleymane Camara, l’accuse de l’avoir envoûté avant de disparaître avec sa moto et d’autres objets de valeur, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Selon les explications du parquet, le 14 novembre 2025, Mohamed Bangoura a déplacé un jeune conducteur de mototaxi, du nom de Souleymane Camara. En cours de route, il lui a fait croire qu’il souffrait d’une maladie. Il a ensuite ramassé trois cailloux, prononcé des incantations et les a placés dans la paume de la main du jeune homme. C’est de cette manière qu’il l’a trompé, avant de lui demander d’apporter une somme d’argent et deux téléphones. Le prévenu et son ami ont pris sa moto et ont tenté de s’enfuir. Leur fuite a pris fin lorsqu’ils ont eu un accident un peu plus loin. C’est à ce moment que Souleymane Camara a pu prouver que la moto lui appartenait, permettant l’interpellation de Mohamed Bangoura et son transfert à la gendarmerie.
Détenu depuis le 14 novembre, Mohamed Bangoura a raconté ce qui s’est passé dans cette affaire, niant toute implication. « J’étais en compagnie de mon ami. C’est lui qui a déplacé Souleymane Camara, pas moi. Je n’ai rien fait de ce qu’il affirme ici. C’est mon ami qui a pris la fuite. Moi, je n’ai pas fui car je n’ai rien fait, on m’a accusé à tort », a-t-il déclaré.
La partie civile, elle, contredit vigoureusement le prévenu. À la barre, Souleymane Camara a détaillé les faits. « Ils étaient deux et m’ont déplacé pour que je les conduise. En cours de route, lui (Mohamed Bangoura) m’a dit que j’avais une maladie et que si je voulais, il allait m’aider. Il a pris trois cailloux sur lesquels il a fait des incantations pour les mettre dans la paume de ma main. Depuis qu’il a fait ça, je ne me retrouvais plus. Il m’a demandé d’aller chercher de l’argent. Je suis allé envoyer une somme d’argent. Une fois qu’il a reçu l’argent, il m’a aussi demandé de lui donner mon téléphone. Ce que j’ai fait. Il m’a aussi demandé d’aller envoyer un autre téléphone. Je suis allé chercher le second téléphone qu’il avait aussi demandé. Mais, quand je suis revenu, ils n’étaient plus là. Lui et son ami avaient fui avec la moto. En cherchant dans les alentours, j’ai vu une foule entourer des personnes. Je me suis approché. C’est là que j’ai su que ce sont eux qui étaient tombés avec la moto. Les jeunes leur demandaient à qui appartenait la moto, ils ont répondu que c’était à eux et qu’ils avaient oublié les papiers à la maison. Alors, j’ai aussitôt démenti, informant les jeunes que la moto m’appartenait. Ils m’ont demandé ce qui prouvait mes dires, j’ai présenté tous les documents nécessaires. Convaincus, les jeunes nous ont conduits à la gendarmerie, mais entre-temps son ami a réussi à s’enfuir », a-t-il expliqué.
Interrogé par la juge sur ce qu’il demande au tribunal, Souleymane Camara affirme : « on m’a restitué la moto. Mais, je veux qu’il me rembourse l’argent que je lui ai donné ainsi que le téléphone », a-t-il sollicité.
Au terme des débats, la procureure Élise Doua Guilavogui a requis que Mohamed Bangoura soit retenu dans les liens de la culpabilité. Pour la répression, elle a requis une peine d’un an et six mois de prison ferme ainsi qu’une amende d’un million de francs guinéens contre le prévenu.
Dans sa décision, le tribunal, présidé par la juge M’Balou Traoré, a déclaré Mohamed Bangoura coupable d’escroquerie. Il a été condamné à un an d’emprisonnement, ainsi que le payement d’une amende d’un million de francs guinéens. Il devra également verser 600 000 GNF à la partie civile et restituer un téléphone Samsung A16.
Mariama Barry pour Guineematin.com





