Conakry : Conakry : poursuivi pour viol sur mineure, Mamoudou Diallo nie catégoriquement les accusations

Tribunal de Mafanco

Le procès de Mamoudou Diallo, jugé pour des faits de viol sur une mineure de 10 ans, s’est ouvert au tribunal de Mafanco. A l’audience criminelle du mercredi, 19 novembre 2025, l’accusé a rejeté en bloc les accusations portées contre lui, prévues et punies par l’article 268 du code pénal. Les aveux obtenus à la gendarmerie, à l’enquête préliminaire, l’ont été sur la base de la menace et de l’intimidation, se défend-il à la barre, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Né en 1994 à Banankoro, Mamoudou Diallo est artiste de profession, domicilié à Sangoyah. Célibataire père d’un enfant, il est accusé de viol. Mais face au tribunal, il a catégoriquement nié les accusations mises à sa charge. « Elles étaient sept filles à se mobiliser pour venir me dire de leur apprendre à danser. Je leur ai dit que je n’avais pas le temps. Mais, comme elles avaient insisté, je leur ai donné deux jours pour aller réfléchir et obtenir la permission de leurs parents. C’est comme ça que j’ai commencé à les entraîner.

Elle (SS, la victime présumée, ndlr), je l’appelais ma femme juste pour l’encourager et blaguer, parce qu’elle maîtrisait mieux les chorégraphies que les autres filles. La famille de SS et moi, nous sommes des voisins. Mais sa grand-mère ne m’aime pas et elle n’était pas pour qu’elle et ses sœurs continuent à danser. Elle m’a demandé d’arrêter et j’ai arrêté de les entraîner. Ce jour dont on parle là, c’était l’anniversaire de ma copine et elle (la victime) est venue chez moi vers 20h. J’étais assis avec John, j’étais en train de frotter mes chaussures. Elle m’a tapé, je l’ai grondée en lui demandant d’arrêter car moi je n’aimais pas ça. Elle m’a dit, je ne veux plus de toi, c’est de John que je veux. Je lui ai répondu, moi non plus je ne veux plus de toi, donc tu peux partir avec John. C’est de là que toute cette histoire a commencé », a-t-il déclaré.

Pour éclairer la lanterne du tribunal, la juge a interrogé l’accusé. « Vous est-il arrivé une fois de vous dire dans votre tête que SS vous plaisait en tant que femme, vu que vous affirmez que vous lui donnez 15 ans au lieu de 10 ans ? », a questionné le tribunal.

« Non, jamais. Elle est trop petite pour ça. Moi je ne sors qu’avec des filles qui ont 20 à 25 ans », répond-il.

« Quand elle est venue chez vous à 20h, lui aviez-vous demandé de quitter ? », a relancé le tribunal.

« Oui », répond l’accusé.

De son côté, le procureur s’est intéressé au cadre des entraînements. « Où se passaient ces entraînements que vous leur donniez ? »

« Dans une cour isolée à côté de chez nous là-bas. Mais, en présence des deux gardes de sécurité des lieux », a répondu Mamoudou Diallo.

Poursuivant son interrogatoire, le ministère public a abordé ensuite les aveux faits à la gendarmerie. « Pourquoi avez-vous reconnu à la gendarmerie ? Vous a-t-on contraint de le faire ? », a cherché à savoir le parquet.

« C’est tonton Bafodé, un Colonel, qui m’a fait peur. Il m’a intimidé en me disant que si je ne reconnaissais pas, j’allais le regretter. C’est en ce moment que j’ai reconnu. Avant même, un autre militaire était venu la veille à la gendarmerie d’ENTAG. Il a demandé qui était envoyé ici pour viol, j’ai dit que c’était moi. Il m’a bastonné ».

Lors de son contre-interrogatoire, l’avocat de Mamoudou Diallo poursuit sur les déclarations faites à la gendarmerie. « Quand SS a été interrogée à la gendarmerie, où a-t-elle dit que l’acte s’est passé ? Chez vous, dans la cour des entraînements, où ? »

« Elle n’a rien dit », affirme l’accusé.

« Qui est le Colonel Bafodé ? », a insisté le conseil.

« C’est un béret rouge du Bataillon des troupes aéroportées (BATA) au camp Alpha Yaya », répond Mamoudou Diallo.

Allant plus loin, la défense est revenue sur les conditions de l’audition. « Vous dites que pendant votre audition, le Colonel Bafodé était présent, qu’il vous a menacé et que c’est sous cette contrainte que vous avez reconnu ? », a-t-il demandé de nouveau.

« Oui », a-t-il répondu.

Sur cette base, la défense a souligné que le Colonel n’avait aucune qualité pour assister à l’interrogatoire d’un suspect non assisté de son avocat. Elle a donc demandé au tribunal d’écarter les aveux du dossier.

Une requête à laquelle le procureur Kanfory Ibrahima Camara s’est fermement opposé.

Après délibération, la juge M’Balou Traoré a rejeté la demande de la défense. Le dossier a été renvoyé au 3 décembre 2025, date à laquelle le procès se poursuivra en chambre de conseil, afin que la victime soit entendue en présence de son père, avant la reprise des débats.

Mariama Barry pour Guineematin.com

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