Touchant de nombreuses personnes, les hémorroïdes résultent d’une dilatation permanente des veines de l’anus et du rectum. Constipation, efforts à la défécation, sédentarité ou grossesse sont autant de facteurs qui favorisent leur apparition. Entre douleurs, démangeaisons et crises sévères, cette affection peut fortement gêner le quotidien, mais des solutions efficaces existent pour la prévenir et la traiter. C’est ce qu’a fait savoir le Dr Édouard Tolno, médecin généraliste, dans un entretien accordé à Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Selon le Dr Édouard Tolno, les hémorroïdes sont une maladie fréquente due à la dilatation durable des veines situées au niveau du rectum et de l’anus. Ce trouble, souvent méconnu, peut provoquer des douleurs significatives. « L’hémorroïde, c’est une maladie très fréquente qui est caractérisée par la dilatation des veines au niveau de l’anus et du rectum. Au niveau de l’anus, il y a les veines. C’est des vaisseaux sanguins, bien sûr, qui permettent de transporter le sang qui contient du gaz carbonique et des déchets. Ces veines peuvent se dilater. Lorsque cette dilatation devient permanente, on parlera d’hémorroïde. Donc, autrement dit, la maladie hémorroïdaire est caractérisée par une dilatation permanente des veines qui se trouvent au niveau du rectum et de l’anus. »
Poursuivant ses explications, le médecin précise qu’il existe deux formes d’hémorroïdes. Selon lui, les hémorroïdes peuvent être internes ou internes. « Il existe deux types d’hémorroïdes. Il y a les hémorroïdes internes et les hémorroïdes externes. Les hémorroïdes sont internes lorsqu’elles se développent à l’intérieur du rectum. Donc, ça reste dans l’anus, non visible. Maintenant, on dit externe, c’est lorsque ça sort, c’est lorsque les hémorroïdes sont visibles au niveau de la paroi de l’anus. C’est les deux types d’hémorroïdes qui existent », affirme-t-il.
Selon le Dr Édouard Tolno, de nombreux facteurs interviennent dans le développement des hémorroïdes : constipation prolongée, mauvaises habitudes aux toilettes, longues périodes assises, surpoids, alimentation déséquilibrée. « Parmi les facteurs qui favorisent l’apparition des hémorroïdes, il y a la constipation chronique. Les gens qui ont une constipation chronique, c’est-à-dire une constipation qui s’éteint plus de trois mois, peuvent développer les hémorroïdes. On parle de constipation chronique quand, par semaine, on ne part pas plus de trois fois à la selle. Quand on fait jusqu’à quatre jours, cinq jours sans aller à la selle, on parle de constipation chronique. À côté de cette constipation chronique, il y a un autre facteur qui favorise, ce sont les gens qui font des efforts lorsqu’ils partent faire les selles. Quand on part faire les selles, normalement, les selles doivent sortir aisément, sans difficulté. Maintenant, si on fait un exercice de pression pour que les selles sortent, ça peut favoriser l’apparition des hémorroïdes. Troisièmement, en rapport toujours avec les selles, ce sont les gens qui durent trop longtemps dans les douches. Quand on part dans les toilettes, normalement, au bout de 5-10 minutes au maximum, on doit finir avec les selles, en tout cas. Maintenant, il y a des gens qui peuvent faire 20 minutes, 30 minutes, jusqu’à une heure de temps, ils sont assis sur le pot. Donc ça, ça peut favoriser l’apparition des hémorroïdes. Autre facteur, ce sont les gens qui sont assis de façon prolongée, c’est-à-dire les gens qui peuvent faire 4-5 heures de temps, 6 heures, voire plus, ils sont assis sans mouvement. C’est le cas, par exemple, des conducteurs de véhicules, surtout les routiers, qui font les longs voyages, ils peuvent faire 4-5 heures, plus de 6 heures de temps assis. C’est le cas aussi des secrétaires. Les secrétaires de direction qui sont tout le temps assis, comme le cas de certains informaticiens ou les couturiers. En dehors de ça, il faut parler aussi de l’obésité. L’obésité, c’est un facteur qui favorise l’apparition des hémorroïdes. Les gens qui sont en surpoids ou bien qui sont obèses, dont le poids n’est pas normal, ils peuvent développer à la longue les hémorroïdes. Il y a aussi la sédentarité. Les gens qui ne font pas d’activités physiques, c’est-à-dire qu’ils sont tout le temps assis, qui sont en train de regarder la télé, qui sortent en voiture, même pour monter au bureau, au lieu d’emprunter les escaliers, ils sont tout le temps dans les ascenseurs, c’est-à-dire qu’ils ne font rien. Quand ils arrivent à la maison, ils ne font rien aussi. les gens qui sont assis, qui ne font aucune activité sportive, c’est des gens aussi qui peuvent développer à la longue des hémorroïdes. Il y a aussi l’alimentation. Une alimentation qui est trop grasse, qui contient trop de graisse, trop d’huile peut entraîner la constipation. Ou alors, une alimentation qui est pauvre en fibres alimentaires, les gens qui ne mangent pas de fruits, qui ne mangent pas de légumes ou les céréales complètes peuvent développer les hémorroïdes à la longue. Ce n’est pas une maladie, c’est un facteur négatif aussi, c’est la grossesse. La grossesse est un facteur qui favorise l’apparition des hémorroïdes. Pourquoi ? Parce que quand une femme est déjà dans le dernier mois de la grossesse, la dilatation de ses veines qui se trouvent au niveau du rectum. C’est pourquoi il y a beaucoup de cas d’hémorroïdes chez certaines femmes qui sont enceintes », a-t-il fait savoir.
Selon le médecin, les hémorroïdes provoquent surtout des douleurs et des démangeaisons autour de l’anus. Dans certains cas, les symptômes deviennent très intenses, allant jusqu’à une crise hémorroïdaire qui peut nécessiter des soins plus poussés. « Les conséquences rien qu’à prendre, par exemple, les manifestations cliniques ; parce que c’est une maladie qui se manifeste souvent par des douleurs au niveau de l’anus, des douleurs qui peuvent être intermittentes ou alors permanentes. Souvent, ce sont des douleurs qui peuvent s’installer, qui peuvent apparaître pendant la défécation. C’est-à-dire, quand on part faire les selles, on peut avoir des douleurs. Et ces douleurs peuvent devenir intenses lorsque la maladie se complique. C’est ce qu’on appelle la crise hémorroïdaire. Ce sont des douleurs qui sont terribles, qui sont lancinantes, qui sont permanentes, qui empêchent même le malade de s’asseoir. En dehors de ces douleurs, il peut y avoir un prurit anal, c’est-à-dire des démangeaisons au niveau de l’anus, qui sont parfois évocateurs de la maladie hémorroïdaire. Et en dehors de ceux-ci, il peut y avoir parfois des jambes lourdes, des gens qui peuvent avoir des jambes lourdes. Il peut y avoir des douleurs abdominales, et parfois une asthémie physique, c’est-à-dire la fatigue, ou pourquoi pas une indigestion. La complication la plus fréquente, c’est cette crise hémorroïdaire ou la trombeuse hémorroïdaire qui peut même nécessiter parfois une chirurgie. »
Le Dr Tolno explique que même si le traitement des hémorroïdes peut parfois être long et délicat, il reste tout à fait possible de soulager la maladie grâce à des solutions médicales adaptées. « C’est possible de soigner la maladie, même si le traitement est difficile. Mais c’est possible de soigner, puisqu’il y a des médicaments qui existent. Le but du traitement ici, c’est quoi ? C’est de soulager les signes que développe le malade ou la malade, et d’empêcher que ça évolue vers la complication. Il y a différents moyens qui existent, les moyens de traitement, les moyens thérapeutiques. Parmi ces moyens, il y a les mesures d’abord hygiène et diététique, puisque quand quelqu’un a des hémorroïdes, il est recommandé de manger de façon saine, c’est-à-dire d’éviter les repas qui sont trop gras, qui contiennent trop de graisse », informe le médecin.
En outre, le Dr Tolno souligne que les mesures hygiéno-diététiques constituent un volet essentiel du traitement. Il préconise une alimentation équilibrée, une hydratation suffisante et la pratique d’activités physiques. « C’est de leur dire d’éviter de manger la viande, la viande rouge surtout, la viande de bœuf, mouton, chèvre, et d’éviter aussi le jaune d’œuf. De privilégier ici la viande blanche, comme la viande de poulet, le poisson. Toujours dans les mesures hygiène et diététique, c’est de leur dire de consommer beaucoup de fruits et de légumes. Par exemple, les pommes, les mangues, l’orange, l’ananas, la pastèque, le concombre, la carotte, les bananes. Et aussi de boire beaucoup d’eau, c’est très important. Quand on a des hémorroïdes, il faut boire beaucoup d’eau, ça permet de lutter contre la constipation. Surtout lors des moments extrêmes de la journée, le matin, au réveil, dès que la personne se réveille, avant même de se brosser les dents, c’est de boire beaucoup d’eau. Environ un litre d’eau ou trois sachets non glacés. Et le soir au coucher, c’est de boire une tasse d’eau ou alors un sachet d’eau. De faire régulièrement le sport. C’est très important, donc lutter contre la sédentarité. On leur recommande aussi d’éviter de durer trop sur le pot quand ils partent faire les selles, 5 à 10 minutes, ça suffit vraiment de faire les selles. »
Par ailleurs, le Dr Édouard Tolno ajoute qu’en plus des mesures d’hygiène de vie, des médicaments peuvent être prescrits pour soulager la douleur et renforcer les veines chez les patients souffrant d’hémorroïdes. « En plus maintenant de cette médecine hygiénique, on administre les médicaments. Évidemment, quand il y a douleur, il faut donner des anti-douleurs. Soit des médicaments à base de paracétamol ou alors un anti-inflammatoire comme du ibuprofène ou du diclofenac. S’il n’y a pas de contre-indication, si l’intéressé n’a pas un problème de carcine dulceur ou n’est pas hypotendue, on peut donner aussi des médicaments, des vénotoniques, des médicaments qui pourront donner plus de force aux veines. Ça permet de lutter contre cette dilatation permanente. »
Jacqueline Kourouma pour gnGuineematin.com





