Beyla : les travailleurs de BCEIP/Mota Engil suspendent leur grève et privilégient les négociations

Après dix jours de paralysie totale des activités sur le site de Mota Engil à Beyla, les travailleurs ont décidé, ce dimanche 23 novembre 2025, de suspendre leur grève. Cette décision intervient à l’issue d’une réunion tenue dans les locaux de la mairie de Beyla, en présence des autorités communales, ainsi que des sages et des femmes de la localité.

Selon un responsable du syndicat des travailleurs, interrogé par Guineematin.com, la décision de suspendre la grève fait suite aux plaidoyers menés par les sages et les femmes de Beyla. L’autre motivation, dit-il, c’est le souci de préserver et de protéger les emplois étant donné que les grévistes étaient menacés de licenciement. Mais le mouvement syndical conditionne cette suspension à un certain nombre d’exigences.

Parmi elles figurent notamment l’ouverture dans un bref délai de négociations sur ses revendications, la protection des employés grévistes, l’absence de sanctions ou de mises à pied, la non-inscription des opérateurs dans les listes de démobilisation après les recrutements en cours, ainsi que la reconduction des résidents dans leurs chambres (certains d’entre eux avaient été délogés suite à leur refus de reprendre le travail, NDLR).

Recrutés par le cabinet guinéen BCEIP pour le compte de la société portugaise Mota Engil, ces travailleurs ont déclenché leur grève le 13 novembre, après l’expiration du préavis déposé le 1ᵉʳ novembre. Au nombre de 1 280 ouvriers (maçons, menuisiers, charpentiers, ferrailleurs et autres corps de métiers), ils exigeaient le départ de BCEIP et leur transfert sous la responsabilité directe de Mota Engil, une entreprise qui travaille avec Rio Tinto dans le cadre du projet Simandou.

Une revendication qui fait suite à plusieurs problèmes auxquels les travailleurs disent être confrontés : « les abus d’autorité se traduisant par un déséquilibre de paiement des heures travaillées ; la non-conformité du type de contrat émis par BCEIP (Contrat à durée déterminée à terme imprécis) avec le Code de travail guinéen ; les salaires de base des travailleurs très bas et insignifiants ; l’inefficacité de la prise en charge médicale, le manque de transparence autour des prélèvements pour la CNSS et l’ONFPP ».

« Nous avons repris le travail ce lundi matin, et nous espérons avoir une suite favorable à notre requête », a dit un membre du mouvement syndical.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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