Jugé pour des faits d’abus de confiance portant sur 32 sacs d’arachides, Aboubacar Diakité a été déclaré coupable par le tribunal de Mafanco. A l’audience correctionnelle tenue lundi, 24 novembre 2025, il a écopé d’une peine de six mois de prison, assortis de sursis, et la restitution de 16 millions de francs guinéens à Lansana Camara, partie civile dans cette affaire. A la barre, il a reconnu les faits mis à sa charge, prévus et punis par l’article 428 du Code pénal, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Né en 1974 à Conakry, Aboubacar Diakité est marié et père de trois enfants. Domicilié à Matoto, le prévenu est détenu à la maison centrale de Conakry depuis le 19 novembre 2025.
Interrogé sur les circonstances des faits, Aboubacar Diakité a livré son témoignage. « Je travaillais avec l’un de mes grands frères, nommé Camara. Il a envoyé des sacs d’arachide qu’il a déposés dans le magasin où je vends. Quand il les a envoyés, je lui ai dit que j’allais les revendre au prix habituel. J’ai donc vendu les sacs d’arachide. Entre-temps, je suis tombé malade et l’un des membres de ma famille aussi. J’ai utilisé cet argent pour assurer nos soins. Quelque temps après, il est venu me réclamer ses sacs. Je lui ai dit, « Ha grand, il n’y a pas de sacs d’arachide entre nous, mais l’argent », c’est-à-dire le prix des sacs. Il m’a alors demandé de lui rembourser avec intérêt et a fixé le montant à 25 millions de francs guinéens. Je lui ai répondu, « Non grand, tes sacs ne valent pas 25 millions mais 17 millions ». Il m’a menacé de porter plainte si je ne lui donnais pas la totalité de la somme demandée. C’est ainsi que je me suis retrouvé ici », a expliqué le prévenu.
Après sa déclaration, le ministère public l’a ensuite interrogé. « Oui ou non, monsieur Lansana Camara, vous a-t-il dit que les arachides n’étaient pas à vendre ? », a demandé le procureur.
« Oui, il me l’avait dit », a reconnu le prévenu.
« Et quand vous avez vendu les sacs d’arachide, lui avez-vous remis l’argent ? », a insisté le procureur.
« Non, j’ai bouffé l’argent », a admis Aboubacar Diakité.
« Donc, à quelle fin avez-vous vendu ses sacs ? » a poursuivi le parquet.
« Comme je l’ai dit, je suis tombé malade et mon père aussi », a répondu le prévenu.
A son tour, le tribunal a cherché à obtenir davantage de précisions. « Combien lui devez-vous au jour d’aujourd’hui ? »
« Je lui dois 16 millions de francs guinéens », a déclaré Aboubacar Diakité.
« Comment comptez-vous lui rembourser cette somme ? » a interrogé de nouveau la présidente du tribunal.
« Mon beau est là pour prendre la garantie, mais moi je voudrais que le tribunal accepte de me libérer afin que j’aille travailler et pouvoir lui rembourser son argent », a-t-il indiqué.
Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé que le prévenu soit déclaré coupable d’abus de confiance et condamné à un an d’emprisonnement, assorti de sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende d’un million de francs guinéens.
Rendant sa décision sur siège, le tribunal, présidé par la juge Mariame Camara a d’abord constaté le désistement de la partie civile. Il a ensuite déclaré Aboubacar Diakité coupable du délit d’abus de confiance et l’a condamné à une peine de six mois de prison, assortis de sursis, ainsi que l’obligation de restituer les 16 millions de francs guinéens à la partie civile.
Mariama Barry pour Guineematin.com





