Détournement à l’hôpital préfectoral de Kouroussa : un an de prison requis contre le DG Demba Mara en appel

Le procès en appel du directeur de l’hôpital préfectoral de Kouroussa, Dr Demba Mara, s’est poursuivi hier, mercredi 26 novembre 2025, devant la Cour d’appel de Kankan. Il est poursuivi pour détournement de biens publics. Les faits portent sur des véhicules et des lits. Le parquet général a requis un an de prison à son encontre, une peine largement en deçà de la peine (3 ans de prison) qui lui a été infligée en instance. Le verdict de la Cour est attendu le 2 décembre prochain, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Kankan.

Dans cette affaire, Dr Demba Mara n’est pas seul sur le box des prévenus. Il est poursuivi avec trois autres personnes considérées, toutes en service à l’hôpital préfectoral de Kouroussa. Il s’agit de : Yaya Dioubaté, (responsable du pool financier), Souleymane Bah (comptable), Moussa Cissoko (surveillant général). Ces trois avaient été acquittés en instance par la justice de paix de Kouroussa. Ainsi, ils ont comparu libres ce mercredi devant la Cour d’appel de Kankan, contrairement au directeur Demba Mara qui croupit en prison.

Cependant, Dr Demba Mara pourrait voir sa peine réduite à l’issue de ce procès en appel. En tout cas, le ministère public a sollicité auprès de cette juridiction la réformation du jugement initial, c’est-à-dire la modification du jugement qui a été rendu en instance par la justice de paix de Kouroussa. Cette réformation peut entraîner l’annulation totale ou partielle du jugement initial, remplacé par une nouvelle décision.

Cependant, le parquet ne souhaite pas l’acquittement du prévenu Demba Mara. C’est pourquoi il a requis un an d’emprisonnement et 20 millions de francs guinéens d’amende à son encontre pour détournement. Concernant les trois autres prévenus (Yaya Dioubaté, Souleymane Bah, Moussa Cissoko), accusés de recel, le parquet a demandé trois ans d’emprisonnement et une amende de 20 millions de francs guinéens, chacun.

À la sortie de la salle d’audience, Me Mohamed Doumbouya, avocat de la défense, a contesté la pertinence des réquisitions du ministère public. Selon lui, les faits présentés ne relèvent en rien d’un détournement de grande ampleur.

« Il ne s’agit pas de milliards soustraits. Ce sont de vieux véhicules et lits destinés à la casse, simplement récupérés ou réutilisés sans respecter la procédure. À aucun moment il n’y a eu une intention malveillante », a-t-il déclaré.

La défense a également mis en avant le parcours professionnel des prévenus, dont certains cumulent plus de 20 à 30 ans de service, plaidant pour la clémence de la Cour.

« Engager des poursuites pour la récupération de vieux lits et réclamer trois ans de prison, c’est incompréhensible. Ce n’est pas ainsi qu’on traite des cadres ayant servi l’État pendant des décennies », a martelé l’avocat.

La décision de la Cour est attendue le 2 décembre prochain.

Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Facebook Comments Box