Le parquet du tribunal de première instance de Mafanco a requis 10 ans de réclusion criminelle mardi dernier, 25 novembre 2025, contre Alseny Soumah. Ce jeune ferrailleur de 27 ans est poursuivi devant cette juridiction pour viol sur mineure. Sa victime est une fille âgée de 15 ans. Mais à la barre, l’accusé a réfuté catégoriquement les charges articulées à son encontre, arguant que la relation intime qu’il a eue avec la victime était consentie, a constaté Guineematin.com à travers l’un de ses reporters.
En détention à la maison centrale de Conakry depuis le 19 décembre 2024 pour abus sexuel sur une mineure, Alseny Soumah ne nie pas avoir couché avec sa victime. Cependant, il réfute la thèse du viol et assure que la fille était consentente.
« Je suis ferrailleur. Mon maître est parti, donc je me suis retrouvé sans boulot. Mais quelque temps après, on m’a proposé un autre travail comme vigile. C’est dans ce cadre-là que je l’ai connue par le biais de mon ami. C’est ainsi que la tante d’AD m’a proposé de me l’offrir. Elle m’a dit que le mec avec lequel AD sortait, un taxi-motard, est un vaurien et qu’elle ne voulait plus le voir avec elle. J’ai dit d’accord, mais si vous voulez me l’offrir, ça serait pour le mariage. J’ai expliqué que je n’avais pas le temps de jouer, parce que je suis l’aîné de ma maman. Elle a dit d’accord. C’est comme ça qu’on a commencé à nous habituer. L’homme avec qui elle était a même voulu me créer des problèmes, m’accusant d’avoir volé sa femme. Entre elle et moi, les choses ont évolué. Je suis même allé la présenter à mes parents. Un jour, nous sommes allés nous promener à la plage. Après la promenade, chacun est reparti de son côté. Plus tard, sa maman est venue me voir pour me demander si nous étions ensemble. J’ai dit : oui. Elle a demandé ce qu’il y avait entre nous, j’ai dit que je voulais l’épouser. C’est après cela que son père est allé porter plainte contre moi », a expliqué Alseny Soumah.
Après ces explications, le tribunal a tenté d’éclaircir l’affaire.
« Quand vous êtes allés vous promener sur la plage, vous n’avez rien tenté ? », a interrogé la juge.
« Non, il ne s’est rien passé à la plage », a répondu l’accusé.
Le tribunal lui a alors rappelé ses déclarations devant le juge d’instruction.
« Pourtant, devant le juge d’instruction, vous avez dit : je ne l’ai pas touchée, mais j’ai écarté ses jambes pour vérifier si elle était vierge », a souligné le tribunal.
« Non, jamais », a nié l’accusé.
« Vous ne l’avez pas doigtée jusqu’à ce qu’elle saigne ? » a insisté la juge.
« Si je dis que je n’ai pas couché avec elle, j’aurais menti. Et ça aussi, c’est arrivé une seule fois. Mais ce que vous dites là, je ne l’ai jamais fait », a répliqué Alseny Soumah.
De son côté, le ministère public a pris la parole.
« Vu l’écart d’âge qui existe entre vous et elle (la victime), est-ce que ce que vous lui avez fait est normal, alors qu’elle n’a pas 18 ans ? » a demandé le procureur.
« Comme on n’était pas mariés, ce n’était pas normal », a reconnu le mis en cause.
« Est-ce qu’on peut faire à une femme qu’on veut épouser ce que vous avez fait à AD ? Aviez-vous réellement l’intention de l’épouser ? » a martelé le parquet.
« Bien sûr que je le voulais », a maintenu Alseny Soumah.
A son tour, l’avocate de la défense a interrogé son client.
« Oui ou non elle (la victime) était votre petite amie ? » a interrogé l’avocate.
« Oui », a-t-il répondu.
« Qui vous a mis en relation ? » a de nouveau demandé la défense.
« C’est sa tante qui nous a mis en relation », a précisé l’accusé.
« Les relations sexuelles que vous avez eues avec elle, était-elle consentante ? » a encore relancé l’avocate.
« Ce qui s’est passé entre nous, elle le voulait et je le voulais aussi », a répondu l’accusé.
Au terme des débats, le ministère public représenté par le procureur Kanfory Ibrahima Camara, a estimé que les accusations portées contre Alseny Soumah sont constituées. Il a demandé au tribunal de le déclarer coupable et de le condamner à 10 ans de réclusion criminelle.
Dans sa plaidoirie, la défense s’est appuyée sur la « bonne foi » de son client.
« Madame la présidente, il y a peu d’hommes qui peuvent résister à une femme qui est surtout sa compagne. Voilà ce qui est arrivé à mon client », a soutenu l’avocate.
Elle a plaidé coupable et a demandé au tribunal d’accorder à son client de larges circonstances atténuantes, sollicitant qu’il soit condamné au temps déjà passé en détention.
Finalement, le tribunal présidé par la juge M’Balou Traoré a constaté que la partie civile s’est désistée. Ainsi, il a mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le 3 décembre 2025.
Mariama Barry pour Guineematin.com






