Zhang Cunahi, un ressortissant chinois, a comparu la semaine dernière devant le tribunal correctionnel de Mafanco, pour avoir acheté et détenu du concombre de mer, une espèce animale partiellement protégée, dont la chasse est interdite en Guinée et dans plus de 150 pays à travers le monde. Interpellé à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré et placé sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry, le prévenu a reconnu les faits qui lui sont reprochés, a constaté Guineematin.com à travers l’un de ses reporters.
A la barre, Zhang Cunahi a dit qu’il ignorait que le concombre de mer était interdit de chasse en Guinée.
« Chez nous, cela se mange, ce n’est pas interdit. Ces animaux ne font pas l’objet de protection en Chine », a-t-il déclaré, avant de présenter ses excuses et de demander pardon au tribunal.
Lors de sa comparution, Zhang Cunahi a précisé qu’il était arrivé en Guinée le 16 novembre dernier pour étudier le marché, en vue d’ouvrir une entreprise spécialisée dans l’industrie de l’emballage.
Questionné sur les circonstances des faits, Zhang Cunahi a dit avoir acheté ce concombre de mer au marché Madina à 7 millions de francs guinéens.
« C’est à Madina que j’ai vu un jeune vendre du concombre de mer en grande quantité. Comme c’est une nourriture courante en Chine, j’en ai acheté 10 kg à 7 millions de francs guinéens, soit 700 000 francs le kilo », a-t-il confié.
La juge a tenté de comprendre la position du prévenu.
« Donc chez vous, la loi n’interdit pas de chasser certains animaux, même pour les étrangers ? » a demandé le tribunal intrigué.
« Non. Chez nous, n’importe qui peut chasser le concombre de mer », a répondu Zhang Cunahi.
Prenant la parole, le ministère public a rappelé que ce n’est pas uniquement la loi guinéenne qui interdit la chasse du concombre de mer, mais une convention internationale ratifiée par plus de 150 pays.
« La Guinée n’a fait que reprendre ces dispositions », a précisé le procureur.
De son côté, l’avocat de la défense a interrogé son client sur sa connaissance de l’interdiction en Guinée.
« Saviez-vous que la chasse ou la vente du concombre de mer était interdite sur le territoire guinéen ? » a-t-il demandé.
« Non, je ne le savais pas », a répondu Zhang Cunahi.
« Regrettez-vous aujourd’hui d’en avoir acheté ? » a encore demandé l’avocat.
« Oui, je regrette très sincèrement », a-t-il affirmé.
Au terme des débats, le ministère public a présenté ses réquisitions. Dans son allocution, le procureur a requis une peine de 6 mois d’emprisonnement ferme et le paiement d’une amende de 30 millions de francs guinéens.
Dans sa plaidoirie, la défense a insisté sur l’absence d’intention criminelle.
« Mon client n’a ni chassé, ni abattu, ni voulu revendre cet animal. Il l’a acheté uniquement pour sa consommation. Il n’a pas délibérément violé la loi. C’est un malheureux concours de circonstances », a souligné l’avocat, demandant le renvoi de son client pour délit non constitué à son égard.
Finalement, le tribunal, présidé par la juge Mariame Camara, a reconnu Zhang Cunahi coupable des faits à lui reprochés et l’a condamné à 6 mois de prison assortie de sursis et au paiement d’une amende de 30 millions de francs guinéens.
Mariama Barry pour Guineematin.com






