Éducation : le SNE rejette le protocole d’accord signé par le SLECG et maintient sa grève

Michel Pépé Balamou, secrétaire général du syndicat national de l'éducation (SNE)

Malgré la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement et le SLECG (Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée), la crise qui secoue le secteur éducatif guinéen est loin d’être résolue. En effet, le SNE et la FSPE rejettent ce document, présenté comme étant une solution de sortie de crise, et maintiennent leur grève déclenchée hier, lundi 1er décembre 2025. C’est le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, qui l’a annoncé dans un entretien accordé à Guineematin.com, ce mardi.

« Nous ne nous reconnaissons pas dans ce protocole d’accord bancal, exclusif et dénué de toute pertinence quant à la défense des intérêts matériels et moraux des enseignantes et enseignants de Guinée. D’autant plus que nous sommes trois syndicats qui composent l’intersyndicat de l’éducation, la FSPE, le SLECG et le SNE, et c’est nous qui avons déposé le mémorandum en date du 1er septembre 2025. Donc si contre toute attente, on appelle le SLECG en catimini pour signer ce protocole, ce document n’engage que le SLECG qui doit en tirer toutes les conséquences de droit qui s’imposent.

Dans tous les cas, le gouvernement a manqué de cohérence, il déplace la crise au lieu de la résoudre. Puisque c’est nous qui avons déclenché la grève et donc, c’est nous qui sommes à la base de la paralysie de la quasi-totalité des écoles du pays. Vous avez vu, aujourd’hui, même les villes qui n’étaient pas à la cause, comme Labé, Pita, Dalaba et Télimélé, ont commencé à débrayer. Si vous ignorez ceux qui sont à l’avant-garde du combat pour aller prendre ceux qui n’ont pas déclenché une grève, vous ne rendez pas service à la nation », a-t-il déclaré.

Le syndicaliste revendique le soutien de la grande majorité des enseignants au combat mené par son camp et menace de « durcir le ton » si le gouvernement ne fait pas face à leurs revendications.

« De façon générale, les enseignants, de Kassa jusqu’à Youmou, ne se reconnaissent pas dans ce protocole d’accord. Ils nous ont invités à poursuivre le combat jusqu’au bout. Et c’est la raison pour laquelle nous maintenons le mot d’ordre de grève. Et si le gouvernement n’entend pas raison pour nous appeler autour de la table afin de discuter des différents points inscrits dans le mémorandum, nous risquons de durcir le ton lundi prochain. Franchement, nous pensons que c’est une injustice de trop, c’est un mépris à notre endroit, mais nous saurons répondre favorablement à l’appel des enseignants quant au débrayage systématique dans tous les établissements scolaires en République de Guinée », a dit Michel Pépé Balamou.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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