Face à la persistance de l’insalubrité dans la capitale guinéenne, le ministre de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, a réuni les présidents des délégations spéciales des 13 communes de Conakry, les chefs de quartiers et secteurs, ainsi que les PME évoluant dans le domaine de l’assainissement. La démarche vise à identifier des solutions concrètes pour sortir de cette situation. La rencontre s’est déroulée dans salle des congrès du palais du peuple à Conakry ce mercredi, 3 décembre 2025. L’objectif de cette concertation est de mettre en place une synergie d’actions capable de répondre efficacement au défi du nettoyage urbain, devenu l’un des problèmes majeurs de la ville de Conakry, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Au cours des échanges, plusieurs difficultés ont été mises en avant, notamment le manque de moyens logistiques et financiers, la faible responsabilisation des collectivités mais aussi l’incivisme des populations. Après plusieurs heures d’exposés, d’explication, le ministre Aboubacar Camara se montre ferme. « Il était question de convoquer, de travailler avec les hommes qui représentent l’État au plus près de la population. La situation actuelle, il faut la changer. Elle ne peut pas changer si nous ne trouvons pas, mais sur la table, l’ensemble des problèmes et trouver des solutions. C’est notre pays et personne ne viendra assainir cette ville, si ce n’est pas nous. Certes, l’assainissement demande des moyens, mais le premier levier qu’il faut mettre d’abord sur la table, c’est la volonté, c’est la prise de conscience de l’insalubrité. Nous voulons des solutions définitives avec à la fois tous les acteurs. Parce que l’idéal, nos enfants aujourd’hui voient cette insalubrité, ils vivent avec les ordures. C’est nous qui sommes censés trouver des solutions et nous nous engageons, qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, il faut qu’on trouve une solution ; et cette solution, elle sera trouvée de gré ou de force pour mettre un terme à l’insalubrité. »
Depuis janvier 2025, l’assainissement de la ville de Conakry a été mis sous la responsabilité des collectivités, sous la tutelle du Ministère de l’Administration et du Territoire avec la coordination du gouvernorat de la ville de Conakry. Dans son allocution, la gouverneure de la ville de Conakry, Générale Mahawa Sylla, va aborder le transfert des compétences de l’assainissement au Ministère de l’Hydraulique.
« En octobre dernier, cette compétence a été transférée au Ministère de l’hydraulique chargé de l’assainissement. C’est pourquoi, aujourd’hui, le ministre de l’hydraulique en charge de l’assainissement a sollicité cette rencontre pour une prise de contact officielle avec l’ensemble des acteurs en matière d’assainissement, mais également nous donner des directives à suivre pour l’atteinte des objectifs de l’assainissement. C’est sur ces mots que je vais demander à l’ensemble des autorités locales ici présentes et toutes les parties prenantes de suivre très attentivement l’intervention ou la communication ou les directives de M. le ministre de l’hydraulique afin de mieux comprendre comment faire pour mieux faire. », a-t-elle laissé entendre.
De son côté, le directeur général de l’Agence Nationale d’Assainissement et de Salubrité Publique (ANASP), Mamoudou Diané, a fait l’état des lieux de la production d’ordures. « Du 1er janvier au 30 novembre 2025, les collectivités de Conakry ont déporté au total 364 701 tonnes d’ordures à la descente de la minière. Au niveau de la production des déchets, parce que c’est important, ce qui est déporté et ce qui est produit mais qui n’est pas déporté, et qui fait l’objet des dépotages sauvages. La population de Conakry produit 6100 tonnes d’ordures par an. Le taux de collecte est de 61%. Ce qui est anormal, parce que les 39% sont dans la nature et font l’objet des décharges sauvages. Le mouvement des camions, les collectivités font 23 298 rotations par mois », a-t-il fait savoir.
Les chefs de quartiers et de secteurs sont des représentants directs des autorités locales et administratives auprès des citoyens. C’est pourquoi, le Ministère de l’Hydraulique et des Hydrocarbures souhaite miser désormais sur leurs responsabilités afin de renforcer la sensibilisation auprès des citoyens.
Moussa Diallo, président de la délégation spéciale de Matoto, invite les citoyens à une prise de conscience. « Notre salubrité, c’est la première condition de la bonne santé. Parce qu’il est quand même inconcevable que des êtres humains puissent vivre dans un environnement comme celui-là. Il faut que nous venions à ça maintenant, à responsabiliser depuis les concessions, les ménages je veux dire, jusqu’au sommet. Nous sommes sur le terrain, les moyens ont été mis à notre disposition, quoi qu’il y ait des insuffisances, mais on doit faire avec les moyens que nous avons. Mais le premier moyen d’abord, c’est la conscience, être conscient de vivre dans un environnement sain et propre. La leçon que nous avons tirée avec l’entretien, les discours, l’allocution du ministre, c’est ça, s’engager, encore s’engager à rendre notre environnement propre et notre ville » a martelé Moussa Diallo.
Moussa Konaté pour Guineematin.com
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