Madame Bangoura Hadja Fatou Doumbouya

« J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé ; mais, il n’a pas été enrôlé… De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervé. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile… ».

Madame Bangoura Hadja Fatou Doumbouya, une militante du RPG arc-en-ciel (parti au pouvoir en République de Guinée depuis plus de dix), a été condamnée à 18 mois de prison dont 14 assortis de sursis par le tribunal de première instance de Mafanco. Elle était poursuivie pour « offense sur la personne du président de la République (Alpha Condé), production, diffusion et mise à disposition d’autrui des données de nature à troubler l’ordre public, injures par le biais d’un système informatique ». Des faits que la prévenue a reconnus dès l’ouverture de son procès, rapporte le journaliste que Guineematin.com avait dépêché au tribunal pour suivre ce procès.

C’est une condamnation synonyme de remise en liberté pour Madame Bangoura Hadja Fatou Doumbouya. Incarcérée à la maison centrale depuis le 29 janvier dernier, cette militante très engagée du RPG arc-en-ciel a été condamnée à une peine de prison assortie de sursis pour les faits qui lui sont reprochés. Des faits qu’elle avait reconnus devant le tribunal correctionnel de Mafanco où elle s’était confondue en excuses à la barre à l’ouverture de son procès, le 03 juin dernier.

« Tout ça, c’est parce que j’ai aimé le président de la République et son parti pour lequel je me suis toujours battue. Oui, je reconnais avoir produit la vidéo dont on parle… J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé ; mais, il n’a pas été enrôlé… De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervé. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile. Mais, ce que j’ai dit, je le regrette aujourd’hui. Je demande pardon au tribunal et au gouvernement », avait dit Madame Bangoura Hadja Fatou Doumbouya devant cette juridiction de première instance.

Visiblement, son appel au pardon a été entendu par le tribunal correctionnel. Car, bien qu’elle a été déclarée coupable d’offense au chef de l’Etat, Madame Bangoura Fatou Doumbouya n’a été condamnée qu’à 18 mois de prison dont 14 mois assortis de sursis. En termes clairs, elle vient de recouvrer sa liberté, même si l’épée de Damoclès reste suspendue sur sa tête pour au moins 5 ans…

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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