L’Association des Victimes du Camp Boiro (AVCB) a commémoré ce vendredi, 25 janvier 2019, le quarante-huitième (48ème) anniversaire des pendaisons de quatre vingt huit (88) guinéens par le régime de Sékou Touré. Les organisateurs de l’événement ont organisé notamment une marche pacifique du pont 08 novembre, où 4 personnalités ont été pendues, au tristement célèbre Camp Boiro, a constaté un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place.

En effet, le 25 janvier 1971, ce sont quatre vingt huit (88) guinéens qui ont été pendus à travers le pays, au lendemain de l’agression du 22 novembre 1970. Les fils des victimes de ces pendaisons continuent à réclamer justice et interpellent le président Alpha Condé, lui-même condamné à mort par contumace par le PDG de Sékou Touré.

C’est en arborant des t-shirts rouges, sur lesquels on pouvait lire « Plus jamais ça », que l’AVCB a commémoré ce triste souvenir. La cérémonie a connu le dépôt d’une gerbe de fleurs au pont 8 novembre, à l’entrée de la commune de Kaloum.

Dans son discours de circonstance, Dr Fodé Ammar Bocar Maréga, un des animateurs de ce mouvement, a expliqué la quête perpétuelle de la vérité et de la justice, jusque là sans succès, en rapport avec le régime Sékou Touré. « Depuis 1985, nous avons toujours réclamé le droit d’inventaire qui est au niveau de ce pays. Depuis 1985, nous sommes heurtés aux stigmates encore de ce PDG là, qui est resté enfoui dans les entrailles de cet État, et au fur et à mesure, nous n’avons pas été encore entendus. Vous voyez ici, l’enceinte du camp Boiro, nous avons pu avoir maintenant toute la surface de ce camp Boiro là mais, vous avez vu qu’il est détruit complètement. Vous savez qu’il y avait la tête de mort aussi qui a été détruite, ils ont voulu effacer cette période là. Nous, nous sommes là, nous sommes vivants et nous nous battrons jusqu’à ce que la réhabilitation se fasse ».

Par ailleurs, Dr Maréga demande la restitution des charniers et une rencontre avec le président Alpha Condé. « Aujourd’hui, ce que nous avons réclamé, ce sont ces charniers là pour qu’on mette des stèles et qu’on puisse se recueillir sur la tombe de nos parents. Ça, c’est la première des choses. Deuxièmement, nous avons eu toujours le souci de réconcilier les gens, de tourner la page, mais après l’avoir lue. Nous avons eu des consultations nationales qui ont permis de faire un rapport, validé par toutes les ONG, par toutes les structures qui travaillent pour les droits de l’homme. Nous avons fait un séminaire pour avoir un projet de loi et ce projet de loi a été validé par nous tous. Ce projet de loi a été déposé au niveau du Premier ministre et le président de la République. Donc, nous réclamons un rendez-vous avec le président de la République pour pouvoir lui dire exactement que ce projet de loi est sur sa table. Qu’il envoie ce projet de loi au niveau du conseil de ministre, qu’il soit validé et qu’il l’envoie au niveau de l’Assemblée Nationale pour que l’on puisse valider ça. Créer une commission vérité, justice et réconciliation pour que nous puissions tourner la page de cette sinistre Guinée, mais après l’avoir lue ».

En outre, Dr Maréga est revenu sur les raisons qui doivent inciter le président Condé à s’impliquer dans le dossier des victimes du régime du PDG. « Il a été condamné à mort par contumace, et vous savez qu’il a été député, et il est aujourd’hui président de la République. Ça veut dire que son casier judiciaire a été blanchi. De cette liste des condamnés à mort, condamnés à perpétuité, lui, il a été condamné par contumace. Donc, il a pu faire tout ça parce qu’il n’était pas là, donc il n’a pas été exécuté ».

En ce qui concerne le retard pour la construction d’une stèle à la mémoire des victimes, Bocar Maréga accuse l’Etat. « C’est la volonté de l’Etat. On a commencé à faire la pose de la première pierre ici pour un monument. Mais, ils ont cassé dans l’enceinte du camp Boiro. Vous voyez donc, c’est une complicité », dénonce-t-il.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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