Abdoulaye KouroumaAu lendemain de l’accord politique de dernière minute obtenu entre les acteurs politiques et qui met fin au contentieux électoral, l’heure est aux préparatifs pour la mise en place des exécutifs communaux. En termes de statistiques, si l’UFDG, principal parti de l’opposition, et le RPG Arc-en-ciel, le parti au pouvoir, se taillent la part du lion, certaines formations politiques seront tout de même courtisés, positionnés comme faiseurs de rois, dans certaines circonscriptions.

Le RRD (Rassemblement pour la Renaissance et le Développement) fait partie de ce lot, soutient son président. Dans un entretien accordé un reporter de Guineematin.com ce vendredi, 10 août 2018, Abdoulaye Kourouma s’est prononcé sur de nombreux aspects liés à cette problématique de la mise en place des exécutifs communaux.

Guineematin.com : nous sommes au lendemain de la signature in extremis d’un accord politique qui met fin au contentieux électoral. Quel est le moral au sein du RRD que vous dirigez ?  

Abdoulaye Kourouma : au sein du RRD tout va bien, l’état d’esprit est normal. Seulement, je demanderai à l’Etat d’être responsable, de prévenir ou de savoir anticiper. C’est ça la gouvernance aussi. Nous avons passé six (6) mois de discussions inutiles. Je pense qu’on aurait dû commencer par ça. Mais bon, c’est la Guinée qui gagne. Bravo à tout le monde, à l’Etat pour la concession, à l’opposition pour la position qu’elle a prise. Puisqu’il faut le dire, les magistrats doivent arrêter de créer des situations conduisant à des crises dans ce pays. Des magistrats assermentés qui sont payés  par le contribuable, créent des problèmes. Que cela cesse puisque que ça peut entraver le développement du pays. S’il n’y a pas de stabilité politique, il n’y a pas de développement. Il y a eu dix morts pour qu’on arrive à la résolution de la crise. Donc, je demanderai la responsabilité de chacun des acteurs, mouvance présidentielle, opposition, administration.

Guineematin.com : votre parti, le RRD avait présenté des candidats dans certaines circonscriptions de la Guinée. Faites nous un état des lieux de votre présence sur le terrain.

Abdoulaye Kourouma du RRDAbdoulaye Kourouma : si vous prenez la totalité des conseillers élus au compte de RRD, on en a cinquante six (56). Par endroits, nous sommes allés sous anonymat avec des listes indépendantes. Ça, c’est par rapport à la pression de certains sages qui ont été influencés des fois par l’autorité, soit par les frères qui sont dans l’administration. Puisqu’il y avait des listes indépendantes partout, on réussi à convaincre ces sages là de nous laisser faire des listes indépendantes. C’est ce qui nous a permis à transformer certaines listes RRD en listes indépendantes. A Beyla par exemple, 90% des listes indépendantes ont été soutenues et accompagnées par le RRD. C’est ce qui nous a amenés à obtenir 56 conseillers. Par endroits, on n’a pas eu de difficultés liées à l’influence des sages. Il y a de ces circonscriptions où le RRD a la majorité. Par exemple dans la commune rurale de Karala, dans Beyla, sur 17 conseillers, on en a 9. Cela veut dire que nous avons l’exécutif communal sans problèmes. Le RPG en a 7, l’UFDG en 1.

Guineematin.com : pour ce qui est de la commune urbaine de Beyla, combien de siège de conseillers le RRD a-t-il raflé ?

Abdoulaye Kourouma : à Beyla, nous avons soutenu notre liste indépendante où il y avait nos noms avec d’autres jeunes de la localité. Cela nous a permis d’avoir neuf (9) conseillers. Et, on a eu ce nombre parce que les fils ressortissants de la préfecture sont allés créer le désordre là-bas. Si non, je ne peux pas comprendre, parce qu’il y avait 57 bureaux de vote, et nous avons gagné dans 50 bureaux de vote. Quand je dis nous, je veux parler de notre liste contre la mouvance présidentielle. Mais, à la dernière minute, nos grands frères qui sont membres du système, sont venus vers deux heures du matin pour falsifier les procès verbaux. C’est pour cela qu’on s’est retrouvé avec neuf conseillers. Le RPG en a 10, l’UFDG en a eu 1, l’UFR en a eu 1 et le BL en aussi eu 1. Là-bas, nous avons réussi à coopter aux rangs du RPG 3 ou 4 conseillers sur les 10 qu’ils ont eus. Ils vont voter pour nous. Nous sommes sûrs d’avoir l’exécutif communal de Beyla.

Guineematin.com : qu’en est-il de la commune urbaine de N’zérékoré où vous étiez aussi engagés ?

Abdoulaye Kourouma : dans la commune urbaine de N’zérékoré, le RRD a quatre (4) élus alors que  le RPG en 19, l’UFDG en a 7, l’UFR aussi en 7, le BL en a 1, Guinée Audacieuse en a également 1. Là également, c’est les alliances qui vont déterminer les choses. On pourrait assister à tous contre le RPG tout comme d’autres scénarios sont possibles surtout que c’est la base qui est là, chacun connait qui est qui sur les lieux. Nous n’aurons à imposer quelque chose à nos conseillers, c’est eux qui savent ce qu’il faut faire en termes d’intérêt du militant ou du parti. Donc, nous leur avons laissé le choix de voir où il faut s’orienter surtout que N’zérékoré est une ville très cosmopolite et où il y a beaucoup de tensions chaque année. Donc, il faudra faire beaucoup attention dans le cade politique à faire.

Guineematin.com : est-ce que vous avez eu des élus dans d’autres communes rurales de Beyla ou d’ailleurs ?

Abdoulaye Kourouma : comme je disais, sur les 17 conseillers de Karala, on en a eu 9. Dans la commune rurale de Gbessoba, il y a un fils ressortissant qui est allé pour mélanger tout. Sur les 23 conseillers, on en avait eu 17. Ce n’était pas facile parce que chaque sous-préfecture était parrainée par un ministre ou un directeur national. On a été confronté à cela, mais dans les lieux les plus importants on a réussi à se maintenir.

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel 628 17 99 17

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