Les réactions se poursuivent suite à la signature de l’accord politique devant permettre de mettre fin à la crise post-électorale qui secouait notre pays depuis 6 mois. Cet accord obtenu mercredi soir entre la mouvance présidentielle, l’opposition et le gouvernement et qui résout le contentieux électoral né de l’annulation de plusieurs résultats des élections locales du 04 février 2018 par les présidents des CACV, est diversement accueilli aussi bien au sein de la classe politique qu’à celui de l’opinion nationale.

Interrogé sur la question par Guineematin.com, Soria Bangoura, candidat UFDG à la mairie de Matam, salue cet accord et félicite Cellou Dalein Diallo pour le combat qu’il a mené pour en arriver là.

Guineematin.com : six mois après la tenue des élections locales, un accord a enfin été obtenu entre le pouvoir et l’opposition pour mettre fin aux contentieux électoral qui empêchait l’installation des conseils communaux élus à l’issue du scrutin du 04 février 2018. Comment avez- vous accueilli cette nouvelle ?

Soria Bangoura : accord ou pas accord, ce que je voudrais vous dire, c’est que je suis choqué et même déçu. C’est une grande déception parce qu’il a fallu attendre 6 mois pour qu’on puisse respecter la loi dans notre pays. Alors que les gens auxquels nous avons fait confiance pour diriger ce pays ont prêté serment de respecter et de faire respecter la loi. Et quand ceux-là, à commencer par les magistrats des CACV (commissions administratives de centralisation des votes) violent la loi et que nous savons qu’une élection n’est pas rien, c’est la souveraineté, c’est les sans voix qui confient leur destin à des individus auxquels ils ont confiance pour gérer leur patrimoine social, culturel, tout.

Et on refuse de respecter cette population par le vouloir ou le gré de certains individus affamés de pouvoir, inconscients, parce que tout simplement ils n’ont aucun respect pour les Guinéens. Aujourd’hui je remercie le président Elhadj Cellou Dalein d’avoir temporisé, d’avoir accepté beaucoup pour la paix. C’est un grand homme. Je me rappelle qu’en 2010, au sortir de l’élection présidentielle, nous savons très bien que haut les mains, il avait dépassé les 50%. Mais au nom de la paix et de la souveraineté nationale, il s’en est remis à la plus haute juridiction de notre pays en disant que si une seule goutte de sang d’un seul guinéen devrait couler pour qu’il soit au pouvoir, il y renonce. Ça c’est la grandeur d’un homme.

Aujourd’hui encore c’est un compromis qu’on a fait au nom de la paix, ça c’est grâce à Cellou, c’est le seul. Parce qu’Alpha l’a dit en 2010, que s’il ne gagne pas les élections, il allait faire sortir ses hommes dans la rue au prix du sang. C’est-à-dire que ce pays allait se retrouver dans la même situation que  le Libéria a vécu il y a quelques années. Heureusement qu’on a des personnes matures, qu’on a des personnes responsables. Je salue les personnes comme Koureissy Condé, comme Gassama Diaby, ce sont des gens qui commencent à s’inscrire dans cette belle histoire de notre pays. Et malheureusement, celui qui a attendu 50 ans pour être au pouvoir ne peut être inscrit nulle part parce qu’il empiète sur tout, que ça soit au niveau du syndicat, que ça soit au niveau social que ça soit au niveau de la paix, du tissu social. C’est pourquoi je dis, je salue la grandeur de Cellou et ceux qui l’entourent.

Guineematin.com : cet accord politique ne satisfait pas cependant toutes les revendications de l’opposition liées au contentieux électoral. Les communes de Dixinn, Matoto et Matam dans lesquelles l’UFDG revendique la victoire restent encore en jeu, il faudra passer par des élections pour désigner les maires de ces communes. Vous qui voulez diriger la mairie de Matam est-ce que vous n’êtes pas finalement déçu ?

Soria Bangoura : justement, c’est au respect de la loi qu’il faut aller. Un maire, c’est le premier policier de la commune, s’il est élu avec souveraineté, je pense qu’il doit assurer les choses avec dignité et responsabilité. C’est une tâche difficile, donc tout compromis qui amènera quelqu’un au pouvoir, ça va être difficile. Moi, je suis content qu’on puisse trouver la solution, que ça soit les élus du peuple qui puissent choisir le maire au nom de la population. Et je suis content, je sais que je serai élu maire de Matam.

Guineematin.com : vous parlez avec beaucoup d’assurance, mais quelles sont vos chances d’être maire de Matam ?

Soria Bangoura : mes chances, c’est que la population de Matam a voté massivement pour la liste que j’ai conduite à ces élections. Je ne serai pas un maire de l’UFDG, je serai un maire de tous les habitants de Matam. C’est ça la grandeur d’un homme. Et quand je serai maire, je vais œuvrer à réconcilier les habitants de Matam. Ce que le gouvernement a été incapable de faire, je le ferai à la base. A  Matam, il n’y aura pas l’UFDG, il n’y aura pas l’UFR, il n’y aura pas le PEDN, il n’y aura pas le RPG, il y aura des habitants de Matam. Je serai un maire qui va réunir les femmes, les jeunes, les vieux pour le développement de notre commune. Ça c’est une chance et je suis sûr que les habitants de Matam diront oui.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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